Les recensements depuis le XIIIème siècle
Rosay en 1860  
Les deux moulins
Les fermes entre 1900 et 1950
Les bouilleurs de cru
Les cafés, commerces et artisans entre 1900 et 1950
Rosay en 1990
La fermeture du dernier commerce en 2002

et sur deux autres pages du site
Les métiers du bois
La filature de coton, la boissellerie, ISODIO


Les recensements depuis le XIIIeme siècle

année
population
année
population
1260
600 *
1891
657
1729
840 *
1909
601
1773
847 *
1968
485
1810
680
1982
443
1830
700
1989
452
1840
919
2000
469
1869
923
* On comptabilisait à ces époques les feux.
    Un feu (foyer) a été estimé à 6 personnes

            En 1775, il se tient aucune foire, ni marché, ni commerce et aucune manufacture. Les habitants cultivent la terre (blé, seigle, orge, avoine), sont ouvriers forestiers. Les femmes filent le coton. Dans les cahiers de doléances du village, l'opposition à l'implantation de manufactures de coton est clairement affirmée. En 1830 et bien avant, les familles accueillent un grand nombre d'Enfants Trouvés de Paris.



Rosay en 1860
selon Charpillon et l’annuaire du département de 1868


La population
est de 913 habitants
Territoire : superficie de 800 hectares.
L'école mixte accueille 58 enfants.
Instituteur : Mr Lehec                                                                     
Sage-femme : Madame Viel installée à Rosay depuis 1834
Les docteurs : Dr Filleul à Fleury sur Andelle depuis 1838
                        Dr de Folleville à Lorleau depuis 1847
Il existe des officiers de santé : Laphin à Charleval depuis 1834
                                                    Picard à Lyons depuis 1865
Pharmacie : Maitre en pharmacie Lehongre-Duboullay à Lyons depuis 1835
Pas de dentiste dans le canton (il n’y en a que 9 dans l’Eure) 
5 distilleurs dans le canton.
10 débits de boisson à Rosay
             Dans sa notice sur Gisors de 1868, Charpillon s’indigne de la consommation alcoolique dans les seuls cafés ou débits de boisson : 35 litres d’eau de vie et 72 litres de vin par habitant et en moyenne !
Compagnie de pompiers
             Capitaine : Saint-Martin
             Lieutenant : Moisant
             Sous-Lieutenant : Crespin
             54 sapeurs-pompiers 
L'industrie recense: 2 moulins à blé
                                1 filature de coton de 2000 broches
                                41 patentes pour la fabrication de sabots à domicile.
L'agriculture: céréales et bois; 3200 arbres à cidre
6 personnes de chasse



Les deux moulins


             Le moulin de la Bretêque

             Le plus vieux moulin du village. Depuis plus de trente ans, il n'a plus sa roue
             A la fin du XIIème siècle, il appartenait à la famille de Marigny. A la création du Marquisat de Frémont en 1680, il est mentionné: "moulin à eau faisant de la farine, étables, grange". La famille de Valon conservera ce moulin jusqu'en 1940. A cette date, on y produisait de la mouture pour les animaux.
             En Févier1942, les biens du château sont mis en adjudication. Le moulin de la Bretêque est le 3ème lot. On peut supposer qu'il est encore en bon état car ainsi décrit: "ancien moulin à eau sur la rivière, avec roue et mécanisme, cage meule, bluterie avec grande salle et grenier, écurie, cellier, herbage et sources".



Le moulin de la Bretêque en nas à droite
Au fond, la route de gaillarbois


             Le moulin de l’église.
             Construit par le comte de Léon de Valon vers 1860, on y produit de la farine. Jusqu'en 1925, le locataire est Edmond Saint-Martin. Lui succède alors M.Leclerc mais victime de sa mauvaise gestion, celui-ci cède le bail à Armand Dupuis en 1934. Ce monsieur, par ailleurs député, rachète le moulin en 1936 au comte de Valon, alors en graves difficultés financières. Eugène Delaruelle est engagé pour la gestion du moulin.
             Le 18 Juin 1957, à la fermeture définitive du moulin, il fonctionne jour et nuit et moud 10 tonnes de blé par jour.


La demeure du moulin, près de l'église.


Le moulin et sa roue. A droite, la Lieure.
Jacques Delaruelle conduisait l'âne par la côte de l'église pour
approvisionner les deux boulangers de la place du village durant la dernière guerre


Traditionnelle plaque de cuivre,
celle du moulin de l'église dans les années1920

Ci-contre le camion du moulin en 1942. Le camion précédent avait été réquisitionné avec le chauffeur André Tellier par l'armée française en 39. Suite à l'incendie du moulin de Ménesqueville en fin d'année 40, le camion de cette entreprise est racheté par A.Dupuis. Il sera équipé d'un gazogène par une entreprise de Courbevoie, en 1941.





Le personnel du moulin de l'église vers 1941
de gauche à droite: Paul Evrard, ancien ouvrier de M.Crespin de Charleval,
André Queval, André Tellier, le chauffeur, Pierre Hardy, jeune en formation,
Alfred Orpi, retraité et Jacques Delaruelle

            Durant la guerre, les allemands estiment qu'il y a trop de personnel au moulin. Ils exigent que M.Dupuis fournisse un homme pour le S.T.O. Celui-ci désigne le plus jeune, Jacques Delaruelle qui se cache alors dans une ferme près de Bouafles, employé comme garçon vacher. Pendant ce temps, Armand Dupuis use de son influence de député et assure aux allemands que ce jeune est débile et incapable de quoi que ce soit. Ayant obtenu gain de cause, le jeune Delaruelle peut revenir au village une semaine plus tard.


Le moulin personnel du moulin de M.Crespin à Charleval, avant la guerre
Une concurrence entre le moulin de Charleval et de Rosay s'était créée sur la beauté des attelages



Les fermes entre 1900 et 1950
             La ferme de la Campagne appartient à Georges Soudan avant la guerre. Elle sera reprise au début des années 50 par son gendre Jean Béharel qui sera maire durant trois decennies au village.



Campagne de plantation de pommes de terre- avril 1955
de gauche à droite: Marcel Sellier, Robert Lamotte, Robert Damas et Jean Béharel, le patron



Comice agricole de Lyons la Forêt - années 55-60
Marcel Sellier représente la ferme Béharel sur un tracteur Zettor


Bineuse à betteraves en 1955
Jean Béharel, son fils et Marcel Sellier


Moissonneuse-batteuse conduite par Marcel Sellier



Tracteur Cormick à roue de fer vers 1938
Acheté en 1927 par Georges Soudan, il termine sa carrière en 1951.
Derrière, une moissonneuse-lieuse

de gauche à droite: Marcel Sellier entré à 13 ans, Larrouard dit Robic et Micheline Soudan



Arrachage de betteraves à la main au début des années 60
Marcel Sellier, Robert Damas, ? , Jean Béharel.

             La ferme du Fief d'Authuit appartient à Charles Daré durant la seconde guerre mondiale.


Portée de cochons au Fief d'authuit avant-guerre.
Madame Voy (Louise Sellier) employée de ferme
             La ferme du Chêne-Varin est la propriété du Comte de Valon jusqu'à sa disparition en 1940. La ferme est exploitée durant la guerre 14 par les soeurs Libercé, la famille Halleur dans l'entre-deux guerres et la famille Galhaut à partir de 1940. La ferme est vendue par adjudication en février 1942.


Attelage au Chêne-Varin conduit par René Halleur vers 1930

                         La ferme des Fieffes est exploitée par la famille Malfilatre entre les deux guerres. La famille Dekimpe dirige cette ferme à l'époque de la seconde guerre mondiale.

                         La ferme du Roule est exploitée par la famille Rouland entre les deux guerres.


Les distilleurs appelés "bouilleurs de cru"


Le bouilleur de cru de Fleury la Forêt, M Trépagny, se déplace à Rosay,
ainsi que dans les autres villages du canton. Cliché des années 1940-50


Septembre 2006, à Beauficel, la tradition se perpétue.



Les cafés, commerces et artisans entre 1900 et 1950
                        Les cafés et épiceries-buvette


Epicerie-buvette de Mme Petit au-dessus de l'église.
Cette épicerie avait été créée par Victorine Dupont en 1900.



La maison des frères Max et Jean Dupont
Debout leur grand-père sert une bouteille.
Epicerie-buvette : Mme Dupont, grand-mère de Max et Jean L’épicerie descend sur le bord de la rue des maraîchers puis fermera en 1932. Les anciens du village se souviennent des deux petits-enfants, Max et Jean, déjà bricoleurs. Ils avaient installé le téléphone entre le café, l’épicerie et les autres maisons. Leur père, à l’occasion d’une vendue, avait récupéré l’installation d’une maison bourgeoise.
Le café descendra près de l’épicerie et disparaîtra à la guerre.
 

Le café de la place tenu par A.Lebas puis M.Pigné


Bar-tabac Antime Boulanger  
Bar-Tabac : Antime Boulanger puis plus tard épicerie Lalisse.
Bal toutes les semaines avec piano mécanique.

Le café de Mme Degisors, rue de la République durant la guerre 14
Le café du Roule tenu par Mme Saquet puis dans les années 40 par M.Gallard

Ci-dessus, de gauche à droite sur la carte postale, vers 1923
Le photographe et sa voiture, Ernest Saquet propriétaire du café, Léopold Alciliade Saquet,
Blanche Saquet, deux filles du village, Flora Saquet (épouse d’Ernest et mère de Blanche)
Le café situé au sommet de la côte, route de Lyons est tenu par Mme Saquet.
Il est le point de rendez-vous des ouvriers de la boissellerie et des forestiers.

Anecdote tout à fait étonnante sur ce café du Roule. Narcisse Vaillant (né en 1805) stoppe en forêt de Lyons un carrosse dont les chevaux se sont emballés. Quelle n'est pas sa surprise d'en voir descendre l'Empereur Napoléon III ! En récompense, l'Empereur lui propose la Légion d'Honneur ou un débit de tabac. Le père Vaillant lui rétorquera alors : " Sire, je préfère la Légion d'Honneur mais je ne suis pas riche, alors je choisis le débit de tabac ". Vers 1920, son petit-fils Ernest Saquet et Flora, son épouse, tiendront le café. Ils le revendront vers 1930 à la famille Gallard pour acheter un café-épicerie à Rouen.
(anecdote rapportée dans un email de décembre 2001 par François Postaire,
Léopold Alciliade Saquet étant son arrière grand-père maternel .)
                        Les boulangers
             Boulangerie Delarue ( en lieu et place des actuels ETS gambu) disparait dans les années 50.
             Sur la place, Antime Boulanger puis M.Vitcoq dans les années 40. Cette boulangerie-patisserie ferme ses portes au début des années 80.



La boulangerie Antime Boulanger sur la place du village vers 1910.


                        La boucherie
             
             En 1920, Mr et Mme Quesnel achète rue principale une maison à usage de boucherie. Les bâtiments annexes sont à usage de tuerie, abattoir, échaudoir et étal de viande. Sont également compris bergerie, porcherie et écurie.
            M et Mme Delarue leur succèderont en 1940 suivis de F et J Roussel en 1968. Leur départ en retraite signe la fermeture du dernier commerce à Rosay en octobre 2002.

                         La mercerie


La mercerie Lointier, rue principale après la boucherie, vers 1940.
Assis à droite : Edmond Beauclé ancien maire
                        Les ferronniers
Maréchal-ferrant : Mr Ropital rue des écoles
Charron: Edmond Beauclé, route de la forêt.


A droite, Edmond Beauclé, futur maire de Rosay. Au centre, ses parents, vers 1910.
   L’atelier se situait au départ de la route de la Forêt, sur la droite où se trouve actuellement un garage. Edmond Beauclé avait possédé la première bicyclette à Rosay !





Rosay en 1990   
analyse de Rosay Infos 1990
 
            La chute démographique entre le 19ème et le 20ème siècle peut s'expliquer par:
                         - la disparition des métiers forestiers et annexes (sabotiers)
                         - la disparition des usines tirant leur énergie de la rivière.
                         - Les emplois perdus en 10 ans:
                                      moulage matières plastiques (80 emplois);
                                      chromage nickelage (12 emplois);
                                      fleurs artificielles (10 emplois + travail à domicile)
                         - La mécanisation de l'agriculture
                         - La création de métropole d'activités

             Il faut également souligner qu'en 1989, une résidence sur trois est "secondaire"



La fermeture du dernier commerce de Rosay en 2002
Le dernier commerce à Rosay, la boucherie Roussel, ferme sa boutique fin septembre 2002.

Article de L'Impartial du 3 octobre 2002
"On a vécu 34 années exceptionnelles à Rosay et ce n'est pas par hasard si nous restons
dans la commune. On avait pris M.Delarue, notre prédécesseur, pour un fou
parce qu'il était resté en place pendant 28 ans. On a fait pire..."

La municipalité et les habitants rendent hommage le 12 octobre 2002.
Françoise et Jacky Roussel, par ailleurs largement impliqué dans la vie locale.
Entre eux, leur plus ancienne cliente, Mme Rolland.