Poésie
Gine Delieure
Antoine et Pierre de la Mare


Peinture
Rémi Lavallée


Gine Delieure née à CHARLEVAL (Eure)

                 Déléguée Régionale de la Société des Poètes Français. Lauréate de la Maison de Poésie PARIS, de l'Académie des Sciences-Belles-Lettres et Arts de ROUEN, de l'Académie Internationale de LUTECE, de l'Académie Européenne des Arts et de la Poésie, de l'Académie des Provinces Françaises, de l'Académie des Poètes Classiques de France.

GRAND PRIX de la FONDATION Henri DE FAYOLLE à l'Académie des Jeux Floraux de TOULOUSE 1997.
GRAND PRIX Marceline DESBORDE-VALMORE à la Société des Poètes Français en 1996. 
GRAND PRIX Henri  MEILLANT 1997
Société des Poètes et Artistes de France. 
GRAND PRIX  de la VILLE et TROPHEE Victor HUGO au Festival Européen des Arts et de la Poésie.
A collaboré aux Grandes Anthologies de GRASSIN. Etc…



Gine Delieure en compagnie de David Douillet     Rosay Infos 95
Vous pouviez rencontrer Gine au Salon du Livre de Mortemer, chaque automne.
Le salon n'a plus lieu depuis plusieurs années
Elle était toujours assise aux cotés de maître Capello.


JE ME RAPPELLE

O ma sœur je me rappelle
Voisinant le STROMBOLI
Peinte en jaune mirabelle
Ta maison de bois joli.

La nuit douce ocre et châtaigne
Sur la mer piquait le flanc
Des flots chamois où se baigne
L'ostensoir étincelant.

Ton pays rouge d'argile
Enfantait les bleus dattiers
Sommeillant où se profile
Le feuillage des figuiers.

Je revois une chapelle
Les parois rose-flamant
Au portail qui s'écartèle
Sur un lit de marbre blanc.

Là s'endort une fontaine
Orbe en cuivre séculier
Ronde comme une patène
Sous l'ombrelle d'un palmier.

Les feux roux de fructidor
Du pinceau des grands artistes
Coloraient, stigmate d'or
La prunelle aux raisins tristes.

O ma sœur je me rappelle
Ce village où tu vécus
Et la plage immense et belle
Que doraient ses blonds écus!

Gine Delieure

LE CHATEAU DE ROSAY/S/LIEURE

Protégé des remparts de bouleaux et de chênes, 
Le domaine seyant sur un fond rechampi
Vit au cœur d'un grand parc où la LIEURE a ses veines
Que parcourt un sang bleu jusqu'au soir alangui.

Y mourut jeune encore, notre belle marquise
Diane chasseresse (oh peut-être d'amour?)
Le souvenir jauni de sa légende exquise
Agrémente les lieux du lumineux séjour!

On dit qu'elle revient, grise bergeronnette
Frapper avec son bec le fragile carreau,
Hanter le corridor auprès de sa levrette
Y médusant alors les hôtes du château…  

Vers l'an mille huit cent, la brume pour compagne
Le marquis de ROSAY, Monsieur de CHARLEVAL
Fit rebâtir aux champs, au lieu-dit la Campagne
La paroisse rasée ombrageant le beau val.

Sur mes côteaux fleuris gonflés par les semailles
J'imagine à l'entour les rudes paysans
Chevillant colombage et toit pentu de paille
Sur la terre commune où s'écoulent mes ans.

Ne reste que l'église assise en la vallée
Son écho régulier rythme chaque réveil
Allégeant de sa voix le ruban d'une allée.
Elle chante au passant une histoire en sommeil!

Et du site émaillé par l'eau d'une cascade
Où se plait à rouler la LIEURE à son lever
Sur le château divin construit par BENSERADE,
S'égrène l'angélus d'un pudique clocher!

Gine Delieure



L'ESPAGNOLE

Un pavot retourné
Devient une Espagnole,
Au matin chagriné
Il ouvre sa corolle.

Couleur sang il éclate.
De mes doigts mordorés
A la danseuse, en hâte
Je fais un nœud serré.

Un habit de pétales
Glisse au long de son  corps
En satin il s'étale
Au milieu du décor.

Ses cheveux sont de jais
Et son cou, fine tige,
Un fétu si léger
Que le vent seul dirige!   

Gine Delieure

AIMER  ( Rondel )

Voici venu le temps d'aimer
Le printemps joue à la marelle,
Avril répand son aquarelle
Qu'un ciel ravi vient d'essaimer.

Le soleil tarde à s'affirmer
Et la saison cherche querelle
Voici venu le temps d'aimer
Le printemps joue à la marelle.

Brodant son nid à remplumer
J'entends gémir la tourterelle
La neige fond sur la tourelle
Jusqu'au sol prêt à s'enflammer,
Voici venu le temps d'aimer!

Gine Delieure




Antoine et Pierre de La Mare
            Deux poètes méconnus  André Nardeux  Rosay Infos 2001

        L’influence du grand CORNEILLE a sans doute fait naître la vocation poétique d’un autre Rouennais aujourd’hui bien oublié, Antoine de la MARE du Chêne Varin. La bibliothèque de Rouen conserve son œuvre et celle de son fils, Pierre de la MARE de DURESCU sous la forme d’un petit recueil de vers intitulé « Eloge de la fille de ROUEN et de la Normandie » réédité en 1872 à partir de deux volumes imprimés en 1667 et 1689. Evoquons cet auteur et ses poèmes composés à la gloire de sa chère Normandie.

Antoine de la MARE, une longue existance de mécène et d’érudit.

        Antoine naquit suivant la tradition à Rosay en 1590 au manoir du Chêne Varin (quelques seize années avant Pierre Corneille). Il était le fils d’un autre Antoine, auditeur à la Chambre des Comptes de Normandie (anobli en 1594). Ses armoiries portaient : « D’azur à la Croix d’or cantonnée en 1 d’une licorne d’argent saillante contournée, au 2 d’un aigle éployé d’or, au 3 et 4 de deux lions rampants affrontés aussi d’or, armés et lampassés de Becque de gueules, les queues passées en sautoir ».
        Nous ignorons tout de sa jeunesse rouennaise. Il fit cependant de bonnes études juridiques qui l’amèneront à suivre la carrière paternelle d’auditeur à la Chambre des Comptes de Normandie. Ecologiste avant l’heure, il aimait les séjours dans son manoir du Chêne Varin et les promenades dans la campagne environnante :

« Les prés suivent verdoyants en tout temps
Et les gayes forest dont les yeux sont contents »

        Au temps de la contre-réforme il se montra catholique convaincu. Une de ses filles (il s’était marié deux fois, avec Marie Madeleine LE CLERC puis devenu veuf avec Elisabeth de TOUSTAIN), entrera en 1654 chez les Bénédictines Saint Charles à Lyons. Elle fut inhumée dans la chapelle aujourd’hui disparue.
        Le couvent bâti au XVIème siècle (il est inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques) abrite actuellement l’école communale de Lyons. Il eût à cœur d’embellir les églises de Rouen et commanda d’importants travaux aux peintres normands. Une de ces toiles est exposée au Musée des Beaux Arts de Rouen.
        Ce tableau exécuté en 1658 représente le repos de la Sainte Famille en Egypte. L’œuvre est dédicacée :

« Donnée au Couvent des grandes Augustins de Rouen par Noble Homme Antoine de la MARE du CHENE VARIN, Conseiller à la Chambre des Comptes de Normandie ».

        Cet épisode du Nouveau Testament a été peint par Pierre Le TELLIER (1614-1680), le neveu de Nicolas POUSSIN. D’autres tableaux auraient été exécutés pour l’église Saint Vivien. Antoine mourut à l’âge de quatre vingts ans laissant à ses trois enfants une très riche bibliothèque et son extraordinaire cabinet de curiosités.

L’œuvre poétique d’Antoine de la MARE.

        Antoine de la MARE atteindra l’âge de 77 ans pour publier en (1667) « Les Eloges de la ville de Rouen et de la Normandie », livre composé de 352 vers latins et 736 vers français. Il s’agissait d’un véritable guide de la ville de Rouen au XVIIème siècle. A l’époque, elle est la seconde ville du Royaume (90 000 habitants en 1640) et le premier centre provincial de l’édition. C’est l’âge d’or du livre rouennais. Notre poète évoque les monuments de la ville, décrit longuement le Parlement et sa salle des pas perdus :

« Il ne faut taire icy cette salle admirable
Sans piliers du Palais qui n’a pas sa semblable
De laquelle on admire à bon droit la grandeur
Sa longueur, sa largeur, comme on fait sa hauteur
Escrire la beauté de la chambre dorée
Avec le beau lambris dont elle est décorée
Je ne l’entreprends pas, on ne peut dignement
Au vray représenter un si beau bastiment »

        Puis il énumère les églises Saint Ouen, la cathédrale et ses tombeaux :

« Je ne prétens icy passer sous le silence
Les nonpareils tombeaux de l’Oncle et du Neveu…
Georges était leur nom, Amboise leur surnom
Illustres de naissance, autant que de renom »

        Après le Cardinal premier ministre de Louis XII, notre auteur n’oublie pas de consacrer quelques vers à CORNEILLE, BOISROBERT et BENSERADE. Il termine son long poème en célébrant une dernière fois les beauté de sa chère cité :

« Bry ROUEN, tu jouis de tout dont mainte ville
Manque ordinairement n’ayant rien d’inutile
Puis donc qu’on ne te voie ô charmante cité
Rien de commun, il faut que ton nom soit vanté
Sur tous autres, il ne faut céder qu’à toi-même
Et qu’un chacun te rende un hommage suprême »

Le poème de Pierre de la MARE

        Vingt deus ans plus tard, son fils reprend le même sujet. Dans les premiers vers de cette nouvelle évocation de Rouen, le poète commence par se moquer des efforts languissants de la froide veine de son père. Pourtant l’œuvre de Pierre ne vaut certainement pas l’ouvrage d’Antoine. Voici le début de ce poème :

« Mon père se voyant au déclin de son âge
Me fit tenir un jour presque un même langage…
Quoy vous voulez, âgé comme vous êtes
Passer chez les Normands comme un de leurs poètes ? »

        Les derniers vers sont presque d’actualité avec les ravages de la tempête du 25.06.1683 :

« L’autre jour dans ROUEN que n’arriva-t-il pas ?
On vit de beaux clochers abattus du tonnerre
Et ces orgues sans prix brisés comme du verre
Considérable don qu’avait fait un prélat…
Ceux que cette tempête avait surpris sur l’eau
Crurent que c’estait fait d’eux et de la ville
Les blés mesmes et les fruits ne furent pas exempts
Par tous les environs de la fureur du temps »

        Trois générations de la famille de la MARE ont vécu au Chêne Varin. Pierre a vendu son manoir à la fin du XVIIème siècle à Nicolas de FREMONT, marquis de Rosay. Le vieux logis cher au poète a disparu mais la haute futaie du « Grand Maitre » veille toujours sur la terre du Chêne Varin.




Rémi Lavallée né à CHARLEVAL (Eure)
                 C'est l'instituteur de Charleval, qui en consacrant tous les samedis après-midi aux cours de dessin, a peut-être donné naissance à une vocation, celle de Rémy Lavallée.
                 Seul les paysages normands ont droit de citer sur ses toiles. De Rouen à la vallée de la Lieure, il traque l'insolite, l'émouvant, le typique. Rémy Lavallée peint à la brosse et expose régulièrement depuis 1980. Il a présidé l'Association des Peintres de la Vallée de l'Andelle. Exposition à Rouen (salon des indépendants) , Bonsecours , Gisors , Touffreville , premier prix et prix du public à Rosay , Vandrimare , Pitres.
  
                 Quelques unes de ses toiles sur l'église de Rosay et son voisinage. Son grand-père, Onésime, demeurait à la maison forestière du village.


 
  Touche F11 : plein écran


Le jardin de madame Bléas près de l'église


L'Eglise sous la neige


Vue de l'église depuis la côte du château






La mare de la ferme "Béharel"


L'ancienne épicerie Dupont, rue des Maraichers


Etable près du Château