La situation géographique du village
                L'origine du nom du village
                Le cadastre
                Les voies de communication



Situation géographique du village


           ° Rouen

                ° Rosay sur Lieure


                               °
Paris




Situé à 110km de Paris et 35 km de Rouen, sur l'axe Paris-Rouen, Rosay-sur-Lieure est un charmant et discret village de 463 âmes dans une région touristique, le canton de Lyons.

Le territoire de la commune, avec ses 821 ha, est très étendu et composé de nombreux hameaux ou lieux-dits. Le visiteur cherchera souvent sa route entre Rosay-Village et Rosay-Eglise au bord de la Lieure.

Altitude : 108m


L'origine du nom du village


                 Bien avant le XIIème siècle, le nom de ROSAY est un souvenir des anciens marais remplis de roseaux que l'on employait à la couverture des habitations. Jusqu'à la révolution, à cause de ces marais, l'état de salubrité laissera à désirer.
                 Au début du XIXème siècle comme le confirme la pierre tombale d'Adrien de FREMONT, adossée à l'église, ROZAY s'écrit avec un Z.
                 En 1932, le Conseil Municipal voit sa proposition "ROSAY-la-FORËT" rejetée par le Conseil général qui propose "ROSAY-EN-LYONS". Le Conseil municipal, dans la crainte de confusion dans le service postal, décide de lui donner le nom de "ROSAY-SUR-LIEURE" (du nom du cours d'eau qui la traverse)


La vallée reste marécageuse, au-delà du Roule. On aperçoit toujours des roseaux

Le cadastre

Les voies de communication


Les routes

                 A l’époque romaine, la ville de Lyons se trouvait sur la voie Paris-Rouen. Quatre voies passaient par Lyons dont l’une allant vers Pont de l’Arche.
                 La route d’Elbeuf à Gournay passait par le plateau séparant la vallée de l’Andelle et de la Lieure ( route par la forêt Charleval-Les Taisnières). C’est seulement après 1830 que la route actuelle par la vallée de la Lieure est construite et classée comme route départementale.
                 A la fin du XVIIIème siècle et sous la Révolution, les routes et les chemins se trouvaient dans un état lamentable dans tout le pays de Lyons, en partie à cause des dégradations liées au transport du bois. Laurent de la Bunodière, Inspecteur des Eaux et Forêts en forêt de Lyons de 1894 à 1903, rapporte en 1907 dans sa « Notice sur le pays et la forêt de Lyons» les constats affligeants dressés au cours des deux siècles précédents :
                 Dans le mémoire rédigé à Lyons, le 10 novembre 1787, pour l’Assemblée provinciale de Normandie, on lit : « Les rues et entrées de la ville de Lyons sont très mauvaises, impraticables, de très difficiles et dangereux accès, principalement à celles qui tendent aux vallées d’Andelys, Paris, Gournay, Neufchâtel et le pays de Bray. Plusieurs voitures y on versé. »
                 Le mal ne fit que s’aggraver pendant les dix ans de la Révolution.
                 Que dire des chemins vicinaux ? Mr Masson de Saint Amand, préfet de l’Eure sous le Premier Empire « Les chemins vicinaux, disait le préfet de l’Eure, sont pour la plupart dans un état total de ruine ; ici, un chemin vicinal voisin d’une forêt est totalement dégradé, par le transport des bois ; là, un autre chemin se trouve intercepté et obstrué par une rivière ou un ruisseau, auquel on a négligé de donner une direction convenable. Plusieurs ponts qui font partie de ces chemins, sont rompus ou près de l’être, enfin partout, le voyageur, principalement dans la saison de l’hiver, est obligé pour n’être pas arrêté, de faire de longs circuits pour se rendre à sa destination, ou, ce qui est un inconvénient encore plus grand, de passer sur des terres ensemencées. Un tel état de choses fait éprouver des dommages incalculables à l’agriculture, à l’industrie, et au commerce »
                 Au commencement du siècle, la grande route de Gisors à Rouen par Etrépagny, Ecouis et Fleury sur Andelle était interrompue entre Etrépagny et Ecouis. En 1819, elle fût restaurée et en 1825 seulement, elle fut classée route royale.
                 En 1810, le Conseil d’Arrondissement des Andelys émettait le vœu qu’on construisit immédiatement un embranchement allant de Lyons à Vascoeuil, et regagnant l’ancienne route de Rouen à Gournay, et il ajoutait ce détail intéressant : « Par cette route de Rouen à Gournay, on enlève environ 10000 stères de bois de la forêt de Lyons, le prix moyen du charriage par chaque stère, dans ces mauvais chemins, est de neuf francs, tandis qu’il ne serait que de six, après la confection de l’embranchement ». Le chemin ne fut construit que sous la Restauration.
                 Le 27 Juin 1814, Mr de Frémont, maire de Rosay, avait adressé une lettre aux maires de Touffreville et Gaillarbois à propos de la remise en état de la route de Rosay vers Gaillarbois et Les Andelys, dans un état de plus en plus déplorable. Il fixait rendez-vous au dimanche suivant, à la sortie de la messe. 
                 Laurent de la Bunodière poursuivait dans sa notice:
                 Quarante ans après, un autre préfet tenait un tout autre langage, et jetant ses regards sur les routes qui devaient unir désormais Lyons à Gisors, aux Andelys, à Ecouis, à la Feuillie, il pouvait comparer, avec un juste orgueil, le passé et le présent du pays, et de la forêt de Lyons.
                 « Autrefois, disait M. Antoine Passy, au concours agricole de Lyons-la-Forêt, en 1845, on parlait d’un pays sauvage, pleins de dangers, et d’obstacles, pour qui voulait y pénétrer ; le nom de la forêt de Lyons, les chemins à peine tracés, périlleux même, semblaient interdire au commerce l’accès dans une contrée réservée aux grandes chasses ; tout en faisait comme un territoire isolé, au milieu des vastes plaines à céréales qui l’entourent. Les habitants presque sauvages, des gens qui travaillaient dans les bois, renforçaient cette idée

                 (*)
. Tout cela n’existe plus maintenant». Le progrès a pénétré dans le village le plus perdu au milieu des bois, et il existe peu de pays possédant un réseau de routes mieux entretenues. »

                 En 1865, construction de la route forestière du Val aux Anes, empierrée en 1880.
                 En 1866, le conseil municipal de Rosay décide la construction d’une route partant de la Bretèque vers le Chêne-Varin ( actuelle route montante de Ménesqueville vers le village). Les pentes des chemins de l'église et du château étaient trop rudes.
                 (*) Un certain Noël, dans un « essai sur le département de la Seine Inférieure » avait écrit en 1795, dans un style jugé « prétentieux et exagéré »  selon Laurent de la Bunodière  : « Dans la forêt de Lyons on trouve, en plusieurs points, des hommes vivant au sein des forêts depuis leur naissance, qui exercent l’agreste profession de sabotiers, rappellent les anciens habitants de la forêt d’Hercynie, et conservent, dans l’âpreté de leurs traits et dans la dureté de leurs mœurs, l’ancienne physionomie des peuples Phitophages ( ?) »
                 Rien de moins !

Le flottage

                 La contrée de Lyons est l’une des premières à utiliser le flottage pour le transport du bois à partir de 1490. Au XVIIIème, on fait toujours flotter le bois à brûler sur l’Andelle et c’est à Pitres qu’on le charge sur de grands bateaux pour alimenter Paris ou Rouen.
                 Au début du XIXème siècle, l’industrie du tissage et de la filature du coton commence à s’implanter dans le pays de Lyons. Les chutes d’eau sont recherchées comme force motrice. La rivière de l’Andelle devient impraticable pour le flottage. 

Chemins de fer 

                 En 1838, le Vexin aura un instant l'espoir d'être desservi par la ligne de chemin de fer Paris-Rouen. Hélas, une loi du premier avril 1835 donne cette ligne à la vallée de la Seine. En 1867, sous l'impulsion de Pouyer Quertier et du préfet Janvier-Lamotte, une grande compagnie obtient la concession de la ligne Gisors-Pont de l'Arche. La ligne de Pont-de-l’Arche à Gisors a été ouverte au public le 28 décembre 1868.
                 Le pays de Lyons est alors entouré de lignes de chemin de fer , mais aucune ne la traverse.  Elle contourne la forêt vers le Sud et l’Ouest. Les stations de Charleval à 2km, de Ménesqueville-Lyons à 800m et de Lisors-Verclives à 3km de la forêt sont les seules stations  de cette ligne utilisées pour l’enlèvement des bois. L’administration forestière a donné une subvention de 12000F à la Compagnie des Chemins de Fer, pour construire des quais et se munir du matériel nécessaire au chargement des bois en grumes dans les gares. La forêt n’a pas gagné autant qu’on aurait pu le supposer par l’ouverture de cette ligne.
                 Le 16 Juin 1899, le conseil municipal de Rosay demande l’extension de la ligne de chemin de fer vers Lyons la Forêt. La demande est soutenue par 7 marchands de bois, clients de l’état, qui assurent ne pas pouvoir actuellement satisfaire à toute la demande. Cette demande n'aboutira pas. On imagine mal que le vicomte René de Valon alors vice-président du Conseil Général de l'Eure, ait pu soutenir un tel projet. La ligne serait passée par la vallée de la Lieure dans le Défens qui lui appartenait.


La  scierie et parqueterie de Ménesqueville
assure
le ramassage de son personnel.

Cette importante entreprise de Ménesqueville disparaîtra 
avant la seconde guerre mondiale comme les autres scieries.