Avant la révolution
                 Le XIXème siècle
                 La laïcisation de l'école des filles
                 Le XXème siècle


AVANT LA REVOLUTION

            
             Dès la fin du XVIIème siècle
, le vicaire de Rosay était seul chargé de donner l'instruction aux enfants de la paroisse, de tenir comme on disait les petites écoles. Mme de Frémont, épouse du Marquis, conçut le projet d'établir à Rosay deux Sœurs Grises auxquelles elle confierait le soin d'instruire les "pauvres petites filles sans y recevoir aucun garçon" et de soigner les malades. En 1695, un accord est conclu avec la communauté des Sœurs Grises de Paris.

            Après la révolution, le Marquis de Charleval, puis la famille de Valon maintiendront une rente pour les deux religieuses. Quelques temps avant la révolution, on constate à Rosay la présence d'un instituteur pour les garçons.



LE XIXème SIECLE


            Entre 1802 et 1833
, l'instituteur est Mr Bauche. Pour 44 élèves, l'école est payante à des taux divers compris entre 0,75 et 1,25F. Pour les autres, non recensés, elle est gratuite.

            1833: La commune, dont le budget est des plus restreint, se voit dans l'obligation de voter une imposition exceptionnelle pour assurer à l'instituteur un traitement fixe de 200F. Mme Chandler, Marquise de Rosay, fournira gratuitement le logement de l'instituteur.

            1838: Le conseil vote l'achat d'une maison d'école. Le projet, refusé par l'autorité supérieure, doit être abandonné.

            1844: Il faudra avoir de nouveau recours à l'imposition pour payer les loyers du logement de l'instituteur et de la maison d'école. L'enseignement primaire, d'après la loi du 15 mai 1850, comprend l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française, le système légal des poids et mesures, l'arithmétique appliquée aux opérations pratiques, les éléments de l'histoire et de la géographie applicables aux usages de la vie, des instructions élémentaires pour l'agriculture, l'industrie et l'hygiène, l'arpentage, le nivellement, le dessin linéaire, le chant et la gymnastique et des travaux à l'aiguille pour les filles.
            On commence à prendre conscience des méfaits de l'illettrisme. Charpillon note en 1868 que ce sont les communes où l'instruction est la moins répandue que l'on compte le plus grand nombre d'enfants naturels. Sur les 395000 habitants de l'Eure, en 1868, 132000 ne savent ni lire ni écrire et 40000 ne savent que lire. Dans le canton de Gisors, 13% des mariés déclarent ne pas savoir signer.

            27 septembre 1855 : visite de l'inspecteur Demayeur de 9h à 4h. 23 garçons et 6 filles. Ecole parfaitement tenue. Présence du curé. Acquisition d'une maison d'école à l'étude.

            1858 : la commission communale vote l'achat d'une maison d'école.
           
            22 mai 1860 : inspection de Mr Lehec Patrice Hilaire
            Inscrits : 40 garçons 33 filles présents : 30 garçons et 27 filles
            L'école et le logement de l'instituteur sont en assez bon état et le matériel suffisant. livres adoptés : un catéchisme, lecture, grammaire et arithmétique.
            Traitement total : école 774F secrétariat 90F église 100F divers 20F personnels : 15F total 1001F
            Dans son rapport, l'inspecteur note: "cette école est assez bien tenue dans le rapport de l'ordre et de la propreté mais l'enseignement y ait généralement très faible. La lecture et l'écriture laissent beaucoup à désirer. La tenue du cahier est mauvaise….. L'instituteur est un brave homme qui ne manque pas de capacité mais il me parait lent et apathique. Il se conduit bien et jouit d'une bonne considération auprès de l'autorité locale et des habitants "
            L'inspecteur visite aussi le jardin de 8 ares de l'instituteur et l'estime bien entretenu.
 
            1862 : Le conseil municipal tout en reconnaissant l'utilité d'une bibliothèque scolaire, refuse d'engager les dépenses et rejette le projet.

            1873 : cours du soir
Depuis la guerre de 1870, la fréquentation du cours du soir pour les adultes est moins assidue. Le maire a reçu un courrier de l'instituteur l'informant qu'il risquait de ne plus être payé et qu'il était indispensable que le conseil vote le maintien de ce cours. Réaffirmant l'utilité de cours qui existe depuis maintenant 35 ans, le conseil vote son maintien.

            7 mars 1874 : inventaire du mobilier de l'école publique.
Estrade - 2 tableaux noirs - 1 crucifix - 7 bancs-tables dont 2 en mauvais état- tables de multiplication - cartes de géographie - tableau d'honneur. Il manque une sonnette et un tableau des systèmes métriques.

           18 novembre 1874 : création d'une école de filles : le comte de Valon propose de payer provisoirement un logement pour l'école des filles et exprime son désir qu'elle soit dirigée par une institution religieuse.

            25 août 1875 : ouverture d'une école de filles
            Le maire, le comte de Valon , expose au conseil qu'une institutrice congréganiste a été nommée et qu'elle entre en fonction le 8 octobre. Le comte de Valon a demandé et obtenu une seconde sœur, chargée de soigner les malades et au besoin de diriger une salle d'asile. Il se charge seul de ses appointements et de son installation. Il offre de louer à la commune une maison pour la somme de 250F.

            2 décembre 1875 : inspection, la bibliothèque vient d'être fondée.

            22 janvier 1876 : nouvelle bibliothèque avec 67 volumes non soumis à l'approbation.

            20 octobre 1876 : inspection de sœur Anne Gaudin et de M.Lehec.
            Institutrice publique rapport très succinct. La classe, le logement et le jardin sont bien entretenus. Les cabinets d'aisance sont bien tenus mais trop éloignés. Le mobilier est bon mais insuffisant. Un petit tableau du système métrique et en général des cartes trop petites. M de Valon va acheter des tableaux pour l'enseignement de l'histoire de France et de l'histoire sainte.            
             Inspection défavorable pour Mr Lehec. 32 inscrits- 19 présents.
L'enseignement n'est pas à la hauteur des exigences du programme. Il surveille ses élèves aux offices mais ne les conduit pas. L'instituteur prépare-t-il sa classe ? il songe le soir dit-il à son travail du lendemain mais c'est tout. Les résultats sont jugés nuls médiocres faibles et seulement passables en lecture. L'inspection révèle l'ignorance du maître quand aux procédés qu'il convient d'employer pour développer les facultés intellectuelles et leur donner le goût de l'école.             
             L'inspecteur lui fournit les programmes et le met devant lui en œuvre. M Lehec devra le tenir au courant des progrès qu'il aura obtenus. Mr Lehec a l'âge voulu pour la retraite mais il souhaite continuer. C'est aussi le vœu de M.de Valon

           1er décembre 1877 : nouvelle inspection très favorable pour Mr Lehec
            28 garçons inscrits - 20 présents
            Les résultats sont devenus assez bons en instruction religieuse, orthographe, calcul, histoire et géographie médiocres en écriture et dessin. " l'inspection de cette école m'a donné une satisfaction à laquelle je ne m'attendais pas. Tout a été rajeuni, le local, le matériel et l'enseignement ....... M Lehec a tant fait depuis un an que je verrais avec regret qu'il voulut prendre sa retraite. "
           
            9 juillet 1880 : Louis Grégoire CAMPIGNY demande à l'inspecteur sa mutation à Rosay ou Fresnes l'Archevêque. Il est installé à Cantiers depuis 1873 et espère une promotion. " ma famille se composera de cinq personnes dont trois jeunes enfants. Un logement spacieux me sera donc nécessaire…. Enfin je désire comme avantages accessoires un jardin, un secrétariat de mairie de 180F, être rétribué comme chantre et avoir l'eau à proximité "

           13 février 1881 : Avis favorable de l'inspecteur à demande de mutation de Mr Campigny.

           17 février 1881 : inspection de Mr Lehec qui souhaite partir en retraite aux vacances de Pâques. L'avis de l'inspecteur est sans ambiguité: " Monsieur Lehec est arrivé à un âge où ses facultés baissent …. "
            27 garçons inscrits - 19 présents . 35 enfants de 5 à 13 ans sont recensés. Les résultats sont jugés faibles ou médiocres. M Lehec ne traite pas l'histoire. Il n'y a pas de système disciplinaire. L'instituteur se borne à réprimander les élèves turbulents ou paresseux.

            7 mai 1881 : installation de Mr Campigny.

            28 Février 1882 : L'institutrice Sœur Anne Gaudin en poste depuis 1878 demande au conseil l'autorisation d'annexer un pensionnat primaire de 7 élèves. Le conseil refuse.

            1879-1882 :
Les lois Jules FERRY
            Les lois Jules Ferry du 28 mars 1882 rendent l'enseignement primaire obligatoire et laïc et celles du 30 octobre 1886, en laïcisant le personnel enseignant, ont pour ambition d'enraciner la République et de lutter contre les congrégations.
           
            La série de lois de mars 1879 à mars 1880
exclut les représentants confessionnels du Conseil supérieur de l'Instruction publique et interdit l'enseignement aux membres des congrégations non autorisées. Dans un délai de quatre ans, tous les départements doivent créer une école normale d'institutrices.
            Les lois scolaires de 1881 et 1882 posent les principes fondamentaux -gratuité, laïcité, obligation- qui garantissent l'égalité de l'accès à l'instruction.

             Si on avait pu dire ou écrire que l'instituteur allemand avait gagné la guerre de 1870, il faut reconnaître que les leçons en avaient été retenues. Les efforts des autorités seront sans faille en faveur de l'école publique.
             Les inspections des instituteurs sont annuelles, longues et variées. Les rapports d'inspection ne manient pas la langue de bois. Les journées pédagogiques ont lieu à Lyons. Les instituteurs y présentent mémoires ou travaux de recherche. Et pas question de se dérober. Sœur Anne Gaudin, qui est il faut le rappeler institutrice publique, tente par courrier à son inspecteur de faire prévaloir son état de santé qui l'empêcherait de se rendre à pied à Lyons. Celui-ci la prie sèchement de s'y rendre.
            L'inspecteur est soucieux d'ouvrir des classes partout où cela serait possible. Son soutien est inconditionnel pour les municipalités déterminées.

            28 mars 1882. Le conseil établit les comptes des travaux divers entrepris depuis un an à l'école : réfection des latrines, construction d'un bûcher etc et dont le montant est de 1300F. Rien n'avait été fait depuis de nombreuses années.

            27 Mai 1882 : Le conseil doit constituer une commission municipale scolaire pour surveiller et encourager la fréquentation scolaire. L'inspecteur en est membre de droit.. On crée également une Caisse des Ecoles.

            27 mai 1882 :
            Cours du soir assurés par Mr Campigny.
            La Caisse des Ecoles a pour but de faciliter la fréquentation des classes par des récompenses sous forme de livres utiles ou de livrets de caisse d'épargne aux élèves les plus appliqués et par des secours aux élèves indigents ou peu aisés en fournissant livres, vêtements, chaussures et aliments chauds. Un minimum de trois réunions annuelles est préconisé.
            La Commission municipale scolaire
            Le maire en est le président. Elle se compose d'un délégué du canton et de quatre membres élus : Casimir Chédeville, Ferdinand Pannier, Florentin Letondeur, Joseph Moisant L'inspecteur est membre de droit. On procède à leur élection après les élections du maire.

           19 novembre 1882 : le conseil municipal autorise Louis Delaplace , 9 ans qui n'a jamais fréquenté l'école, et Edmond Moulin 10 ans à ne la fréquenter qu'une demi-journée, " l'autre demi-journée, ils puissent par leur travail récompenser les personnes qui les assistent sans y être obligés. "
            Le conseil rappelle aux parents que s'ils ne répondent pas à la convocation du conseil municipal pour justifier les absences de leurs enfants, ils seront présentés au juge de paix conformément à la loi.

            9 février 1883, l'inspecteur signifiera son refus " il conviendrait que la commission scolaire de Rosay au lieu de solliciter des dispenses de fréquentation les fit secourir par les fonds de la caisse des écoles "

            1883: une circulaire informe le conseil que le chauffage des classes incombe aux communes et non plus aux familles. Le conseil, se déclarant dans l'incapacité de faire face à la dépense, demandera aux familles d'apporter du bois.

           14 mars 1884 : courrier de mise au point adressé au maire par l'inspecteur concernant la déscolarisation des élèves.
            Le certificat d'instruction dont les enfants ont besoin pour travailler avant 13 ans à condition que les enfants soient suffisamment instruits. Pour ceux de 12 ans, on peut les dispenser d'une journée de classe avec l'avis favorable de la commission départementale.

            18 mai 1884 : Le conseil refuse la gratuité des cours pour adultes, la somme demandée étant jugée trop importante. Le conseil, reconnaissant le bon fonctionnement du cours, votera finalement cette gratuité en octobre.

             4 juin 1884 : sont élus membres de la commission scolaire : Lehec, Thoué, Chédeville, Letondeur

            9 septembre 1884 : courrier de l'instituteur concernant les enfants Pailler, sales et qu'il ne souhaite pas accueillir.

            13 septembre 1884 : Mr Campigny accepte les conditions proposées par la municipalité pour des cours du soir.

            28 septembre 1884 : Le conseil délibère sur la création de deux cours du soir souhaités par les directives ministérielles. Le coût est estimé à 300F. Le conseil refuse par vote à bulletin secret par 9 voix contre sur 11.

             9 octobre 1884 : le conseil municipal décide de la création de deux cours du soir durant cinq mois de l'année. Ils seront subventionnés par l'état. Le directeur percevra une rétribution annuelle de 12F par élève. La commune offre 50 F pour l'instituteur Campigny et 25F pour l'institutrice Aimée Moreau.

            14 octobre 1884 : inspection par Mr Hameau de l'école catholique congressiste. 4 internes. Le dortoir, le réfectoire, la surveillance sont bons. L'internat est rattaché à l'école publique.

            22 juin 1885 : l'inspecteur demande que la société d'instruction se réunisse une fois par mois.

            1 juillet 1885 : Reconnaissant l'utilité de la gymnastique, un portique offert par la société d'instruction à l'école des garçons de Rosay. Il sera propriété communale sous sa seule responsabilité. Cette machine gymnastique sera établie entre la rue et la mairie dans la côte du château.

            9 octobre 1885 : rapport d'inspection de Sœur Aimée Moreau. ( née le 22 octobre 1852) Sœur de la Congrégation de Sainte Marie de Torfou.

            22 novembre 1885 : Sœur Aimée Moreau, qui vient de prendre la suite de Sr Anne Gaudin repartie en Maine et Loire, demande et obtient le maintien de l'internat.

            21 septembre 1886 : Sœur Anne Gaudin demande au conseil à réintégrer l'école Rosay comme institutrice publique ainsi que l'ouverture d'un internat qu'elle dirigerait. Elle appartient à la congrégation de Sainte Marie de Tourfou et a été institutrice publique à Rosay de septembre 1875 au 17 septembre 1884. Elle a exercé de novembre 1884 à mai 1886 comme adjointe à Rochefort sur Loire et se trouve actuellement à la maison mère de sa congrégation.

            28 août 1886 : Courrier du sous-préfet au préfet. Une société de gymnastique est en formation à Rosay. Le sous préfet demande l'autorisation d'utiliser le portique et les agrès de l'école.

            29 août 1886 : Sœur Anne Gaudin remplace sœur Aimée Moreau.
            Inventaire du mobilier de l'école des filles appartenant à la commune : quatre tables à écrire longues de 3,38m. 12 livres de lecture très endommagés : le tour de France par Bruno. La collection du bulletin de l'instruction primaire.

            21 septembre 1886 : Sœur Anne GAUDIN demande sa réintégration à l'école de Rosay

            30 octobre 1886 : fréquentation scolaires et règles de fonctionnement des commissions municipales scolaires.

            14 juillet 1887 : distribution des prix offerts par la Société d'Instruction Populaire de la commune et présidée par M Folleville, délégué cantonal.

            25 juillet 1887 : dépôt judiciaire du testament holographe du Comte de Valon qui lègue 500F pour l'école des filles uniquement. Testament du 25 janvier 1870 établi à Rosay.

            17 janvier 1888 : La préfecture de l'Eure accorde à la commune une subvention de 5F récompensant l'élève Henri Tellier et qui sera versée à la caisse d'épargne scolaire.

            11 février 1888 : le conseil municipal accepte le legs de 500F du comte de Valon.
" Je lègue à la commune de Rosay une rente annuelle de cinq cents francs qui sera uniquement employée à l'entretien des sœurs que j'y ai établies pour élever les petites filles. Mon fils ou ses héritiers, en payant cette rente, auront toujours le droit de désigner le couvent où seront choisies "


            15 février 1888 : demande de fermeture suite à une épidémie de scarlatine.

            14 mai 1888 : courrier de l'inspecteur des Andelys à l'inspecteur d'académie de Caen pour conseiller de refuser le legs de 500F aux conditions du testament. Les sœurs dont il s'agit dirigent l'école publique de filles. Or il est évident que les conditions de ce testament sont incompatibles avec les prescriptions de la loi du 30 octobre 1886. Dans tous les établissements publics, l'enseignement est exclusivement confié à un personnel laïque.

            20 mai 1888 : constitution de la commission municipale scolaire : élu : Pascal Thoué, Hilaire Lehec, Cyrille Caron, Florentin Letondeur.

            9 février 1889 : le conseil vote les crédits pour la réparation de la cheminée de l'école. Il y a toujours un cours du soir.

            30 mars 1889 : Clotaire Halleur a la charge d'une nombreuse famille et il a la garde du jeune Vigneron Henri " qu'il emploie dans ses travaux afin de pouvoir lui acheter des habits ". Il s'engage, à l'avenir à envoyer plus régulièrement les enfants en classe. La commission a admis ses observations. Conformément à la loi de mars 1882, le sieur Etienne Charles ne s'étant pas présenté à la commune, son nom sera inscrit pendant 15 jours à la porte de la mairie.

           16 avril 1889 : lettre du préfet au maire. L'acceptation de la rente de 500F par la commune ne saurait être approuvée par l'état. Elle est en opposition avec la loi du 30 octobre 1886 et tendrait à faire entretenir à perpétuité par la commune une école congréganiste et réservant aux seuls héritiers le choix de la directrice. L'intention du testament n'est-il pas d'aider la commune à entretenir l'école de filles. Il y aurait lieu de s'en tenir au legs pur et simple.

            30 avril 1889 : Raymond Bure est nommé en remplacement de Louis Campigny arrêté deux mois après s'être brisé la jambe.

            10 juillet 1889 : Mr Campigny écrit à l'inspecteur primaire des Andelys. Il réclame un prix par élève et refuserait, s'il ne craignait les sanctions, de choisir. Avis catégoriquement défavorable.

            27 novembre 1889 : courrier de la préfecture à l'inspecteur pour obtenir l'autorisation d'utiliser l'école des garçons pour le banquet annuel des pompiers.

            11 mai 1891 : l'inspecteur Delaballe note dans son rapport l'absence de préau couvert.

             mai 1892: élection de Léon DEMOUCHY au poste de maire
            A Rosay, la mairie était jusque là tenue par le comte de Valon par ailleurs vice-président du Conseil Général de l'Eure. Il était un ami intime de Pouyer-Quertier, député-maire de Fleury et ancien ministre des Finances. René de Valon avait succédé à son père en 1888, après le décès de celui-ci survenu en 1887. En possédant toutes les fermes, les moulins et les terres maraîchères du village, la famille de Valon tenait la moitié des gens du village. C'est peu dire si l'application des nouvelles lois Jules Ferry ne soulèvait pas l'empressement à Rosay. 
             Cette élection marque l'arrivée à la mairie d'une personnalité d'envergure: Léon Demouchy. C'est un marchand de bois respecté qui demeure dans le haut du village. Il ne fréquente pas l'église. Il gardera la mairie jusqu'à son décès en 1922, écartant définitivement René de Valon. Il est parfaitement conscient de la position avantageuse des de Valon et ne souhaite pas le conflit entre le Rosay-village et Rosay-église.
            Il saura patienter et attendre l'occasion favorable qui se présentera cinq ans plus tard en 1897. Et en septembre de l'année 92, une erreur dans l'attribution de tableaux d'histoire naturelle lui donne l'occasion d'afficher sa grande fermeté vis à vis du vicomte.

            10 mai 1892 :
élection des deux membres de la commission scolaire : Léon Delarue et Jean-Baptiste Vigreux.

            18 septembre 1892 : courrier du maire et réponse de l'inspecteur des Andelys. Il confirme l'attribution de la concession de tableaux d'histoire naturelle à l'école publique de garçons de Rosay et non à l'école mixte comme indiqué par erreur. Le maire avait alerté l'inspection.

           18 septembre 1892 : courrier du maire à l'inspecteur. En constatant qu'il n'y a pas d'école mixte à Rosay, on suggère de partager les tableaux. La confusion vient de ce que Soeur Anne Gaudin est une institutrice publique employée par une école congréganiste. Le maire regrette cette erreur sur le terme mixte et demande que la totalité des tableaux soit attribuée à l'école des garçons.

            1895 : la commune déclare respecter la circulaire du ministre et posséder depuis 1885 la " société d'instruction populaire de Rosay " mais faute de fonds ne peut récompenser les bons élèves par des prix ou des livres le 14 juillet.

           14 septembre 1895 : demande de Mr Campigny à l'inspecteur Brizemeure d'accueillir dans sa classe le jeune Edmond Tremblay qui se destine à l'enseignement et qu'il dirigera vers l'école normale. Il a obtenu son certificat d'études primaires en 1894. Ma classe compte 42 élèves et sa capacité est de 176m3

            24 Mai 1896 : Le conseil vote l'ouverture du cours du soir tous les jours de la semaine de 7h1/2 à 9h1/2.

            27 septembre 1896 : cours du soir le mardi, mercredi, vendredi et samedi de 7h30 à 9h30 du soir.

LA LAÏCISATION DE L'ECOLE DES FILLES

             On a vu que Léon Demouchy ne souhaitait pas amorcer un conflit avec le "château". Le vicomte René de Valon et surtout sa mère veillent. Par ailleurs, il est difficile de contester les compétences professionnelles de Soeur Gaudin, institutrice publique. Pour compléter la situation, il faut savoir qu'une école maternelle accueille les petites filles dès quatre ans et que pratiquement aucune école publique de village ne fournit ce service. Le maire patiente donc depuis cinq ans lorsque survient le décès de soeur Gaudin.
    
            30 mai 1897 :
Sœur Anne Gaudin est décéde brutalement.

            6 juin 1897 : courrier à l'inspecteur de Mme de Valon, 18 rue de Marignan Paris
            " j'apprends que vous n'avez pas cru devoir autoriser le maire à faire continuer la classe par la seconde sœur adjointe à l'institutrice décédée. Dans ces conditions, je reprends pour mon usage personnel cette maison. Le mobilier est ma propriété personnelle à l'exception de certains objets que je vais faire déposer à la mairie "


            8 juin 1897 : Mr Brizemeure a reçu la visite du maire accompagné de Mr Crespin conseiller d'arrondissement et rend compte de la situation à l'inspecteur d'académie. Mr de Valon reprend son local puisque l'administration n'accepte pas que la seconde sœur termine la classe jusqu'aux prochaines vacances. La mairie est en pourparler pour la location d'une maison. Il se rendra dès demain à Rosay et adressera le soir un courrier.

            9 juin 1897 : L'inspecteur Brizemeure présente la situation de Rosay à l'inspecteur d'académie.
            " la municipalité désire une institutrice laïque et est bien décidée à faire tout ce qui dépendra d'elle pour la soutenir… Mais il va y avoir lutte. Mr de Valon ayant repris son local et les religieuses ayant dès aujourd'hui déposé à la mairie une déclaration d'ouverture d'école privée. Mr le maire dit avoir l'assurance que la moitié au moins des jeunes filles fréquenteront l'école publique et que le nombre ira en augmentant si l'école est bonne et donne des résultats, pourvu toutefois que l'institutrice publique soit autorisée à recevoir les enfants de quatre ans comme l'école privée…..Mr le maire m'a assuré que le conseil municipal à l'intention de voter un projet de construction… Il fallait donc parer à l'installation provisoire…..Un seul local est à louer bien exiguë… Je suis d'avis qu'il y a lieu d'accepter ce local provisoire et que l'école ouvre dès lundi. Nous avons de plus examiné les différentes solutions pour arriver à une installation définitive, soit une construction neuve (Le sous-préfet a dit au maire qu'il faudrait 3 ou 4 ans) soit l'agrandissement de la mairie, soit l'appropriation d'une construction légère qui se trouve sur un terrain acquis pour l'établissement d'une place publique mais qui ne présente pas les garanties de solidité nécessaires. Pour l'institutrice Mlle Bottet pourrait être déléguée pour la fin de l'année. A la rentrée, il faudra une maîtresse choisie ayant la fermeté de caractère pour accepter sans incriminer les inconvénients de l'installation provisoire. Il serait bien de la nommer quelques jours avant la rentrée des classes pour qu'elle puisse prendre contact avec les familles "

           10 juin 1897 : courrier du maire au préfet. Sœur Anne Gaudin est décédée brutalement le 30 mai. Le Cte de Valon souhaite que la seconde institutrice congréganiste, déjà chargée de l'école maternelle et de soins aux malades, prenne en charge la classe primaire. La classe maternelle a été ouverte illégalement il y a quelques années. Le maire souhaite une institutrice laïque. La mairie est favorable à une laïcisation sans vouloir en prendre l'initiative.

            10 juin 1897 : courrier du maire à Mr Brizemeure. On peut installer l'école dans l'immeuble de Mr Etienne.

            13 juin 1897 : Location de la maison de Mr Etienne afin d'y installer l'école primaire de filles. Vote de 4 centimes d'imposition.

            16 juin 1897 : Campigny adresse un dossier à son inspecteur sur les liens de l'école des filles avec la famille de Valon. Deux pièces sont jointes

            21 juin 1897 : délibération du conseil municipal. La laïcisation de l'école des filles nécessite des frais d'installation. Le mobilier ne se compose que de quatre bancs-tables, d'une mappemonde et d'un alphabet Thollois. Il devient indispensable d'acquérir de suite tableaux noirs et de lecture, table pour la maîtresse, poêle et divers petits objets. Le conseil vote les fonds nécessaires : 22F36c pour le matériel et 54F pour complément de fournitures scolaires aux élèves indigents.

           11 juillet 1897 : Le conseil refuse d'acheter la maison de Mr Letondeur au prix qu'il juge excessif de 4500F. Il en propose 3000F

            29 juillet 1897 : courrier du maire à l'inspecteur " nous avons changé nos vues et sommes en paroles pour acheter une propriété destinée à faire une école de filles. "

           1er Août 1897 : Le conseil décide l'achat de la maison de Mr Chevallier. Une somme de 4000F lui sera proposée. Il s'agit de construire l'école des filles. Quelques temps plus tard, pour payer les frais supplémentaires engendrés par les travaux de la place et de l'école, il sera nécessaire de vendre la salle de bal et l'écurie contiguë.

            15 août 1897 : Acquisition de la propriété de Mr Chevalier pour 4000F.




Ce cliché historique a été pris en juin 1897, à l'école des garçons,
le jour de l'ouverture de la classe laïque de filles.

On a réuni les quatre filles avec les garçons en tenue, pour certains, endimanchée.
L'instituteur est Louis Campigny, 43 ans, en poste à Rosay depuis 16ans.
Assise à droite, la toute jeune stagiaire de 18 ans, qui terminera l'année scolaire, se nomme Mlle Bottet.



            23 septembre 1897 : inspection de Mlle Gabrielle Zélie CONSTANTIN, 25 ans
." Mlle Constantin m'a paru une excellente institutrice. Son enseignement est très intelligent et très vivant. Elle est appréciée de tous même des partisans de l'école privée. Il n'y a que des éloges à lui adresser pour ses premiers résultats "

            28 septembre 1897 : Enregistrement de l'association amicale des anciens élèves de l'école des garçons de Rosay : président Ernest Laval, scieur de long ; secrétaire Edmond Tremblay ; trésorier Eugène Moulin 32 membres.

           10 octobre 1897 : Vote de deux cours d'adulte compte-tenu que l'école des filles est maintenant laïque.

            1897-1899 : rapport d'inspection élogieux pour Mlle Constantin. "Jeune institutrice très consciencieuse et très capable ; paraît douée de toutes les qualités nécessaires pour occuper avec succès le poste difficile de Rosay. Excellente institutrice. Possède toutes les qualités nécessaires pour diriger une école importante et soutenir la concurrence d'un établissement privé congréganiste"

            23 février 1898 : compte-rendu d'examen des cahiers scolaires (Mlle Constantin) la classe compte 19 élèves. Ensemble très satisfaisant. Mlle Constantin a obtenu en quelques mois de bons résultats.

             9 mars 1898 : le préfet envoie à l'inspecteur des Andelys le dossier relatif à la construction d'une école primaire. La commune sollicite 6399F sur les fonds de l'état et 3177F sur les fonds départementaux. Le préfet prie l'inspecteur de lui donner dans les plus brefs délais son avis sur ce projet.

            31 juillet 1898 : On constitue la commission de surveillance des travaux de l'école des filles. Membres : Pascal Thoué, Edmond Laval et Joseph Compagnon.

            1898 : L'école des filles est construite. L'inscription de son année d'ouverture est toujours visible au fronton de l'école.

            20 février 1899 : inspection de Mlle Constantin " Mlle Constantin est à tous égards une des meilleures institutrices de la circonscription, l'une de celles qui se préoccupent de bien faire et de perfectionner sans cesse. Cette institutrice réussirait dans un poste plus difficile mais il importe de ne pas la déplacer trop tôt "

            16 octobre 1899 : courrier à l'inspecteur primaire Brizemeure pour connaître le nombre maximum d'internes autorisés par le conseil départemental : réponse : 3

            1899-1900 : pas de cours d'adulte pour les filles cette année.
 


La mairie. L’école des garçons est derrière

Sur cette vue, l’école est située entre la poste et la mairie dont on reconnaît la cloche.
Les garçons rejoindront l’école des filles en 1936




Ci-dessous carte postale titrée tantôt «  la poste » ou tantôt «  le centre Saint-Vincent de Paul »

            Au début du siècle, cette demeure est occupée par les Sœurs qui enseignent aux garçons et aux filles. Les familles de FREMONT puis de VALON leur assurent une rente depuis plus d’un siècle.

            En 1903 (Mme de Valon, qui subventionnait l’école, décède en avril 1904 ), le Conseil Municipal refuse la réouverture de l'école des Sœurs de Sainte-Marie-de-Tourfou. La Poste occupera les lieux.

            Vers 1925, la Poste déménagera et s’installera près de la mairie et de l’école des garçons au « Paradou ». Les Sœurs Saint-Vincent de Paul y aménagent alors un centre de vacances pour les filles.

            Dans les années 1990, cette demeure abritera un musée de la taxidermie.


LE XXème SIECLE

             15 juin 1902 : L'assemblée du conseil expose à Monsieur le Préfet qu'elle est surprise de ne pas avoir été consultée pour donner son avis sur le maintien de la congrégation des sœurs de Sainte-Marie de Torfou établie à Rosay. Le conseil a connaissance de son existence qui remonte à 1852 mais estime que les sœurs installées à Rosay forment une congrégation à part.

            2 janvier 1903: On demande son avis au conseil sur la demande d'autorisation de réouverture formée par les sœurs de Sainte-Marie de Torfou pour leur établissement de Rosay.

            6 Janvier 1903: Le président donne connaissance à l'assemblée de la demande de la supérieure générale des sœurs de Sainte-Marie de Torfou en date du 18 juillet 1902, transmise à Mr le sous-préfet des Andelys, demande tendant à obtenir l'autorisation prévue par l'article 43 de la loi du 1er juillet 1901 pour l'établissement qu'elle possédait dans la commune et qui a été fermé en juillet dernier. Vu le but exprimé dans la demande, l'état du personnel fixé à 4 membres, les ressources avouées de cette maison s'élevant à 1800F, considérant que l'école laïque est suffisante pour contenir toutes les filles de la commune, considérant que la réouverture de l'école congréganiste amènerait la division, la discorde entre enfants et parents, toute chose préjudiciable à la commune, à la majorité de 11 voix contre 1, le conseil n'est pas d'avis d'autoriser la réouverture de l'école.

            19 juillet 1903 : facture de Mr Lensel & Cie pour la fourniture de 9 tables à 2 places : 370F

            1903: Le Conseil Municipal refuse la réouverture de l'école des Sœurs de Sainte-Marie de Tourfou. La Poste occupera les lieux. Mme de Valon, qui subventionnait l'école, décède en avril 1904.
           
            1904 :
l'élève Grandin s'étant absenté pour le mois de décembre 1904 sans excuses valables, le nom du sieur Grandin sera affiché pendant 15 jours en mairie.

            14 février 1904 : don de l'amicale à la bibliothèque d'une collection de livres

            10 mars 1904 : inspection de Mme Flaminie Sevestre , 32 ans.
            34 élèves-22 présentes
            " La première impression n'est pas très favorable. L'organisation pédagogique laisse à désirer. On fait presque de l'eneignement individuel. L'enseignement du calcul est tout à fait mécanique. Cette méthode paraît très appréciée dans sa commune. Je dois réserver mon jugement jusqu'à ma prochaine visite "

            Il n'existe pas d'autre école publique ou privée.
            Traitement : 1100F. Pour les cours d'adultes est allouée la somme de 40F sur laquelle il faut déduire les frais d'éclairage et de chauffage.

            20 mars 1905 : inspection de Mme Sevestre
            32 élèves-27 présentes
            dimensions de la salle : 9´6´4 soit 54 m² de surface et un volume de 216 m3
            " Assez satisfaisant comme résultats. Les procédés pédagogiques ne sont pas très intelligents. Mme Sevestre tend à la routine. Elle ne se demande pas suffisamment si le procédé qu'elle emploie ne pourrait pas être facilement amélioré. "
            Cours d'adultes.

            28 mai 1905 : achat à la fabrique ( l'église ) du char funéraire et de son bâtiment et des accessoires pour 340F.

            2 août 1905 : Impartial des Andelys " La seule école publique congréganiste est l'école facultative du Thil appelée à disparaître "
            Statistiques sur l'arrondissement.
                         3 écoles privées laïques de filles
                         3 écoles privées congréganistes de filles
                         3 écoles maternelles dans l'arrondissement.
                         141publiques/160total

            9 Décembre 1905 : la loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat réaffirme le principe de la liberté de conscience, tout en indiquant ne plus reconnaître aucun culte et, par conséquent, ne plus en faire bénéficier aucun d'aide financière. Depuis le 28 mai 1905, le conseil municipal a anticipé et a racheté à l'église le char funéraire, ses accessoires et le bâtiment.

            31 janvier 1906 : Mr Brizemeure propose la médaille d'argent pour Mr Campigny; 52 ans et 32 années de service " Instituteur excessivement dévoué " Officier d'académie de 1905 au titre d'œuvres post-scolaires
            Mme Lejeune de Fleury sur Andelle 33 ans et 15 ans de service est proposée pour une mention honorable " dévouée. A été chargée successivement de trois laïcisation qu'elle a réussies".

            1906-1911 : Les registres d'absences de ces années montrent qu'il est encore difficile de faire respecter la loi sur l'obligation scolaire. Bon gré, mal gré, tous les motifs semblent tolérés: " gourme à la tête - à la figure - pas de chaussures - garde vaches - arrachage de betteraves - Ramasse des pommes - ramasse des betteraves - attendait que ses habits soient lavés - anémie - en promenade - gourme - vend des pissenlits "

            Juillet 1909 : Journal des Andelys : Edouard Delacour reçu au certificat d'étude primaire

           5 juin 1910 : Mr Laval, membre du conseil municipal, interpelle au sujet de l'école des filles qui est fermée pendant plusieurs jours de suite étant donné l'état de santé de l'institutrice. Ecole fermée dernièrement 19 mai au 3 juin.

           19 août 1910 : arrêté de nomination de M Antoine Pierre Dufayet et Léontine Adrienne Dufayet, venant de Pont Audemer. Il forment le premier à Rosay de ce que l'on appelait à l'époque les ménages d'instituteurs

           12 septembre 1910 : Mr Bouquin instituteur intérimaire à la suite de Mr Campigny. assurait la fonction de préposé surveillant pour l'inspection sanitaire des viandes. Mr Dufayet lui succède dans cette fonction.

            20 janvier 1912 : Mr Dufayet est nommé secrétaire de mairie avec un salaire de 350F.

            La période de la guerre 14-18

            Suite à la recommandation du Ministre de l'Instruction Primaire, les instituteurs du village, Mr et Mme DUFAYET adressent un courrier à la mairie : ils s'emploieront à l'achat et la confection de vêtements chauds (tricots, chandails) pour les soldats durant les séances en classe consacrées aux œuvres complémentaires.
            Le conseil vote une somme de 15F pour ce "noble projet". Deux quêtes en octobre et novembre produisent 250F qui servent à l'achat des matières nécessaires à la confection de vêtements chauds: 16 caleçons,18 chemises, 30 plastrons, 24 chandails, tricots ou écharpes, 20 cache-nez, 25 paires de chaussettes, 2 passe-montagne. De nombreuses personnes feront don de vêtements usagés, couvertures, linges de pansement pour les blessés.



Cette photo de classe a été prise au début de la guerre 14 à la nouvelle école des filles.
A l'initiative de Mme Dufayet, ces enfants de Rosay participeront à la confection de colis pour les soldats.
Difficile d'identifier ces petites filles parmi lesquelles se trouvent certainement les enfants de Jules Bénard, disparu aux Dardanelles en 1915



           1920: Mr et Mme Lasgorceix.

            Louis Bénard, né en 1913, se souvient de ses classes primaires à Rosay. A l'époque, les garçons allaient à l'école située côte du château et les filles à l'actuelle école près de la place. La classe comptait environ 25 élèves et l'instituteur Mr Lasgorceix, un auvergnat, était très strict. Le coup de règle redressait les dos courbés sur les bancs. Vers onze ans les grands devenaient " moniteurs ". Une fois par semaine, ils devaient aider à compter et à lire aux petits. Pour autant, nous n'étions pas dispensés de notre travail du soir : gare aux contrôles qui pouvaient toujours survenir ce jour-là. Croiser dans le village un adulte sans le saluer vous attirait une réprimande du maître.

            Vers 1925, la Poste déménagera et s'installera près de la mairie et de l'école des garçons au " Paradou ". Les Sœurs Saint-Vincent de Paul y aménagent alors un centre de vacances pour les filles. Dans les années 1990, cette demeure abritera un musée de la taxidermie.

            3 novembre 1931 : Mr et Mme Guillaume, dynamiques et novateurs demandent à transformer les écoles spéciales en classes géminées (mixtes): l'instituteur prendrait en charge les enfants de 5 à 9 ans, l'institutrice ceux de 9 à 13 ans. Refus de l'inspecteur d'académie.
             Cet instituteur ne reste que peu de temps à Rosay. De jeunes institutrices assureront avec plus ou moins de bonheur la transition avant l'arrivée de Monsieur et Madame Lecoeur.


Classes de Mr et Mme Guillaume en janvier 1932

Y.Marchand

R.Fortin

H.Maloit

R.Picard

S.Gildas

R.Picard

J.Dupont.

R.Brunel

M.Dupont.

   
     

F.Bellanger

O.Soudan

J.Benoit

G.Berthe

M.Dubos

     

R.Picard

R.Dubos

M.Picard

M-L.Robert

G.Fortin

S.Hequet

Y.Renault

L.Dekimpe

L.Lucas

Barbet

R.Dubos

H.Leclerc

B.Gambu

H.Robert

M.Picard

D.Fortin

    A.Jouanne      

L.Lamotte

J.Picard

M.Dubos

P.Dekimpe

J.Halleur

A.Delacour

J.Pigné

F.Benoist

G.Hequet

C.Berthe

F.Lamotte




           
           Le refus de l'inpecteur de permettre la création de deux classes mixtes ne découragent pas ce couple d'instituteurs. La distribution solennelle des prix en juillet 1932 est l'opportunité de créer un spectacle rassemblant tous les niveaux de cours. Un spectacle composé de nombreux chants, saynètes, monologus qui ouvre la voie à leurs successeurs M et Mme Lecoeur, deux ans plus tard.

            A noter une curiosité sur le programme de 1933: la commune est Rosay sur Lieurre et plus seulement Rosay. En effet, le 23 juillet 1932, le Conseil Municipal a appris que sa proposition de la dénomination "ROSAY-la-FORËT" était rejetée par le Conseil Général qui a donné un avis favorable à celle de "ROSAY-en-LYONS". Le conseil municipal ayant considéré qu'il y aurait toujours des erreurs dans le service postal vu la similitude de nom avec Lyons-la-Forêt", a décide de lui donner le nom de ROSAY SUR LIEURE. Le programme de la distribution solennelle en 1933 utilise la nouvelle désignation du village mais avec un double "r" erroné.





             Années 1934-1953: Monsieur et Madame Lecoeur prennent leurs fonctions d'instituteurs à Rosay, en 1934. Mr Lecoeur enseigne aux garçons, côte du château près de la mairie et de la poste, à l'époque. Mme Lecoeur a en charge les filles à l'école près de la place.

             2 août 1936 :
Le conseil municipal sollicite une subvention de l'état et du département pour la construction d'une bibliothèque avec salle de lecture. Deux pièces restantes de l'ancien logement de l'instituteur seront démolies. Architecte Hugot à Evreux. Dépense totale : 21500F Sub état : 58735F Sub département : 19747F Emprunt de la commune : 95518F

            En 1936, après l'agrandissement de l'école des filles, les enfants seront tous regroupés en ce lieu. Les deux classes seront mixtes avec pour chacune un effectif d'une bonne vingtaine d'élèves. Mr Lecoeur enseignera aux grands et Mme Lecoeur aux petits. Mr Lecoeur quittera Rosay en 1953 pour assurer les fonctions de directeur de l'école primaire de Charleval.
            Jacques Delaruelle garde le souvenir d'un très bon instituteur, actif, bon éducateur. Mr Lecoeur présentait tous les ans 4 ou 5 élèves au Certificat d'Etudes Primaires et tous obtenaient le diplôme. Jacques l'obtiendra en se classant premier du canton. La guerre perturbera la suite de sa scolarité. Jacques Delaruelle se souvient d'un voyage à Dieppe : " Nous avions pris le train en gare de Ménesqueville direction Rouen, avec changement pour Dieppe. Des parents nous accompagnaient. Nous avions visité la ville et le bord de mer, mais il n'était pas encore dans les mœurs de se baigner en pareille occasion "
            Les spectacles de fin d'année ou de Noël. Les saynètes étaient préparées un mois à l'avance le soir , en dehors du temps scolaire. L'abbé Bretocq et Mr Munier se chargeaient des photographies. Pendant ce mois de préparation, l'activité était intense. Les représentations avaient lieu au café de Mr Duramé, situé à mi-côte de l'église. La salle de bal, aménagée avec scène, rideau et trou du souffleur, accueillait les gens du village pour une représentation unique. Dans cette salle, il y avait aussi un piano mécanique. Le spectacle de Noël permettait d'offrir des jouets aux enfants du village, celui de fin d'année, l'achat des livres pour la remise des prix. Plus tard, pendant la guerre, ces enfants, devenus adolescents, donneront des représentations au bénéfice des prisonniers. Mlle Seguin (professeur parisien à la retraite qui donnait par ailleurs des cours de piano) participait aux répétitions. A leur retour de captivité, les prisonniers témoigneront de leur reconnaissance à Eugène Delaruelle, président des anciens combattants à l'époque. 
les photos des spectacles de Mr et Mme Lecoeur à Rosay et Charleval entre 1934 et 1966

Année 1940 : sous le préau de l'école


de gauche à droite
Assis - ? - Lucette Deprez - ? - Gilberte Benoit - Renée Belin - Joseph Taquet - Madeleine Belin - ? - Mireille Letondeur - Denise Letondeur - Denise Cahaigne
debout
- Sylvia Jouanne - ? - Michel Robert - Maurice Leclerc -  Max Gallard - Bernard Taquet- Léone Lamotte - ? - ? - ? - Jacques Delapierre




Année 1950 : petits et grands avec Mr et Mme Lecoeur


de gauche à droite:
assis - ? - Lucette Deprez - ? - Gilberte Benoit - Renée Belin - Joseph Taquet - Madeleine Belin - ? - Mireille Letondeur - Denise Letondeur - Denise Cahaigne
debouts - Sylvia Jouanne - ? - Michel Robert - Maurice Leclerc -  Max Gallard - Bernard Taquet- Léone Lamotte - ? - ? - ? - Jacques Delapierre


de gauche à droite :
accroupis - Lionel Rouland - Pierre Ussené - Daniel Benoit - Raymond Belin - Guy Duval - Edmond Lamotte - Remi Colzeti - J-Pierre Lecoeur - André Belin
debout second rang  - Andrée Cellier - Marcelle Duhamel - ? - Evelyne Rouge - ? - Mylia Bosnik - ? - Ponel - Claude Prieur (masqué) - Gérard Prieur (lunettes)
debout  troisième rang - Reine Delarue - Madame Lecoeur - ? - Denise Cellier - Françoise Prieur - Françoise Gallo - Andrée Quénot - Liliane Héricher
Yvette Coiffier - Andrée Cellier - Jeanine  Maillard - Monsieur Lecoeur (au-dessus)

rang du haut - Serge Letondeur - Manuel Vieira - André Cahaigne - Christian Rivette - Acasio Vieira - ? - J-Pierre Cahaigne - Michel Magnan


            1953-1958: Mr et Mme Lhermitte

            1958 - 1979: Mr et Mme Theillaumas

            1979 : Mr Septours

            1983 : Le regroupement pédagogique des 3 communes (Rosay-Touffreville-Lisors) est réalisé en septembre. Il permet de faire face à certaines difficultés pour les communes isolées :            
            -éviter la fermeture d'écoles par manque d'effectifs
            -suppression des classes uniques à tous niveaux
            -création d'une école maternelle.
            -Mise en œuvre des budgets scolaires des communes

            1990-91: Sylvie Picard
            Effectifs de l'année 30 élèves en maternelle à Touffreville
            14 élèves de section enfantine
            12 élèves de CP à Lisors
            2 classes à Rosay : 19 en CE1-CE2 et 26 en CM1-CM2

            6 mai 1994 : Représentation d'un spectacle théâtral, devant un large public à la salle des fêtes. Le Petit Théâtre de Rosay avait mis en scène la petite pièce " la panthère d'argent "
           1995: l'année scolaire a été marquée par le centenaire du cinéma. A cette occasion les enfants des différentes écoles ont mis en place de mini-représentations sur ce thème lors de la kermesse : " SOS fantômes " par les CE1 et CE2 et " chantons sous la pluie " par les CM1 et CM2 de Rosay. Les petits de Lisors et de Rosay se sont rendus à la tour Effel, ont pris leur repas sur un bateau restaurant avant d'embarquer sur un bateau-mouche et d'aller visiter l'exposition de papillons vivants.


CE1- CE2 : «  SOS Fantômes »
CM1-CM2 : « Chantons sous la pluie »

 1996-2001 : Mr Besneux

La kermesse de fin d’année scolaire en juin 1999

LA BAMBOULA

LES INDIENS