Historique de l'église Notre Dame
Sa cloche "Marie"  1744
Le Calvaire 1936 
Les curés et abbés de la paroisse

L'abbé Bretocq (1873-1961) : un prêtre et un artiste  
Saint-Jean-de-l’Essart-Mador sauvée par l'abbé Bretocq (1933)


Portrait d'Arménie: exposition de photographies, réalisées par l'abbé Bretocq entre 1918 et 1922, aux archives départementales d'Evreux du 12 mai au 12 juillet 2007

Historique de l'église Notre Dame    André NARDEUX

Dès 1150, une charte de Henri II fait mention d'Hugues le PORTIER, seigneur de ROSAY. L'église est signalée dans les archives de l'Archevêché de ROUEN à partir de 1181.
Jean de MARIGNY, seigneur de ROSAY, fait don de l'église Notre Dame aux chanoines réguliers de St Laurent en Lyons (BEAUVOIR) -1246-
Après la pendaison d'Enguerrand de MARIGNY, Charles de VALOIS  est mis en possession de la terre de ROSAY. Les moines de l'Abbaye de MORTEMER possèdent depuis le XIIème siècle une grange au ROULE qu'ils vendront en 1577 à Louis de BENSERADE, grand-père du poète.
La guerre de cent ans ruine l'église Notre Dame. Le clocher et les soubassements de la nef en sont les seuls témoins. A la Renaissance, l'édifice est entièrement rénové à telle enseigne que l'église est reconsacrée le 10.09.1507. Le portail nord date de cette époque. Les quatre panneaux supérieurs portent à droite St ADRIEN et la Sainte Vierge, à gauche Antoine du MESNIL-JOURDAIN et Jacqueline d'HELLENVILLIERS, arrière grande tante d'Isaac BENSERADE.
Le domaine de ROSAY est vendu en 1624 à Jehan de BENSERADE, cousin germain d'Isaac. Cette terre passera ensuite à J.B LEBLANC neveu de Jehan de BENSERADE qui la conservera jusqu'en 1669 (vente aux FREMONT).    
Au XVIIIème siècle (1778), Adrien Robert de FREMONT fait édifier le chœur actuel et la chapelle seigneuriale nord.
En définitive, ce sanctuaire a été bâti au XIIème siècle et entièrement remanié à la Renaissance puis au XVIIIème siècle.

L'époque romane
L
e premier édifice roman avait la forme d'un long rectangle flanqué au nord d'un clocher.
Le chœur était sans doute en forme de "cul de fou". Il s'agissait certainement d'une église romane tout à fait semblable à St AUBIN de MENESQUEVILLE. Vous remarquerez les colonnettes situées aux angles du clocher

La Renaissance
S
ous le régime de Louis XII, l'église partiellement détruite par la guerre de cent ans voit sa nef restaurée et un nouveau porche s'élever à l'ouest. Le très beau portail avec ses panneaux à serviettes, ses quatre têtes sculptées est un magnifique témoignage de ce temps.

Le dix huitième siècle
L
e chœur roman qui tombait en ruines dès 1716 (visite de Mgr d'AUBIGNE) est abattu. Il est remplacé par le chœur actuel flanqué au nord de la chapelle seigneuriale. Il semble qu'une chapelle symétrique ait été construite au sud. La nef a été remaniée une nouvelle fois. Le porche a été restauré. Une voûte en forme de croupe (briques) recouvre l'ensemble de l'édifice.

En résumé
G
râce au clocher, l'époque romane est encore présente. La Renaissance nous a laissé le portail.
Le XVIIIe a donné un éclairage naturel qui met en valeur cette charmante église




Le portail nord, d'époque Renaissance


Sa cloche "Marie" 1744      Rosay-Infos 92

             
             Le 15 Août 1991 était la date idéale pour célébrer la renaissance de la cloche de Rosay appelée "MARIE".
             L'événement avait rempli l'église pour entendre la messe dite conjointement par MM les abbés Planté et Madou dans le souvenir de Mr l'abbé Bretocq.
             Mr Henri Collard Président du Conseil Général de l'Eure était présent et Mr Jean Béharel au nom du Conseil Municipal et des Rosayiens le remerciait pour l'aide qu'il avait apportée à cette entreprise.
Cloche en bronze, fondue par Pierre Maitrot

L’AN 1774 J’AI ETE BENITE PAR DISCRETE PERSONNE 
FRANCOIS TAILLEUR PRIEUR CURE DE ROSAY ASSISTE 
DE Me LOUIS DUCASTEL PTRE Vic DUDIT LIEU ET NOMMEE MARIE PAR HAUT ET PUISSANT Mr NICOLAS DE FREMONT 
CHEVALIER MARQUIS DE ROSAY  DE CHARLEVAL SEIGNEUR DAUNEUIL ET AUTRE LIEUX CONSEILLER D’ETAT ORDINAIRE GRAND DOYEN DE MES LES MTE DES REQUETES TE PAR HAUTE ET PUISSANTE DAME MARIE CATHERINE PAVYOT FEMME DE HAUT TE PUISSANT SEIGNEUR Mr NICOLAS DE FREMONT  DAUNEUIL CHEVALIER SEIGNEUR DE MESSEGROS ET AUTRE LIEUX PRESIDENT EN LA PREMIERE CHAMBRE DES REQUETE DU PARLEMENT DE PARIS  MICHEL GODEFROY TRESORIER

Le calvaire 1936

             Le village de Rosay doit le Calvaire du Vaumichon à son abbé Gabriel Bretocq.
Le plan fut réalisé par Yvelin, architecte à Rouen. Il sera édifié par l'entrepreneur Villerel avec des pierres provenant de l’église incendiée Saint-Nicolas de Rouen. Le comte René de Valon avait pour sa part offert le terrain situé face à l'église.
            Une grande stèle agreste, en pierres rustiquées, de huit mètres d’élévation, présente en haut et en avant, dans un vide ouvert sur la forêt et flanqué de contre-forts trapus, un Christ en terre cuite naturelle de un mètre quatre-vingts attaché sur une croix de chêne. Le Christ était l'oeuvre du sculpteur Marc Jacquin.
            Adossé à la stèle, un autel-reposoir semi-circulaire avec sa table constituée par une ancienne meule de moulin.
            L'inauguration se déroula le dimanche 23 Août 1936 en présence de plus de 3000 personnes. Pour l'occasion, l'abbé Bretocq avait écrit un oratorio "Golgotha"



La photo souvenir de la cérémonie, le 23 Août 1936


Les curés et abbés de la paroisse

Sous la domination romaine puis sous les mérovingiens et les carolingiens

             Lorsque cette nouvelle religion arriva dans le Vexin, les premiers fidèles se rassemblèrent en secret pour célébrer les Saints Mystères. C’est au Coudray en Vexin qu’ils avaient creusé une église souterraine qui n’avait que dix neuf pieds de long, onze de large et dix de haut. Une ceinture de pierres de taille supportait la voûte. A trois pieds du mur du fond, un autel isolé était préparé pour le prêtre. Lorsque les fidèles osèrent pratiquer hautement leur religion, une église dédiée à Saint Martin fut construite directement au-dessus de l’ancienne. En 1722, en creusant dans l’église on découvrira cet ancien sanctuaire que l’on consacrera sous le nom de chapelle Notre Dame de Pitié.(Laurent de la Bunodière dans sa Notice sur la forêt et le pays de Lyons 1907)

Sous la domination des ducs de Normandie

             Charles le simple, par le traité de Saint Clair sur Epte en 912, abandonne une partie de la Normandie à leur chef Rollon, à charge de recevoir le baptême. Enfin pour assurer la paix, il lui donne sa fille Gisèle en mariage. Toutefois en se faisant baptiser et en faisant baptiser avec lui ses principaux officiers, il crut nécessaire d’en faire les prêtres de ses villages, pour avoir un clergé dévoué. M de Larochefoucauld rapporte les écrits d’Ordéric Vital « Ces prêtres, d’origine danoise, plus instruits dans les armes que dans les lettres, envahirent violemment la contrée désolée ; et toujours armés, ils défendaient leurs fiefs par un service tout militaire. Ces néophites qui furent baptisés avec Rollon établirent en Neustrie une grande dissolution de mœurs, à tel point que non seulement les prêtres, mais encore les prélats avaient des concubines et faisaient parade de la nombreuse famille qu’ils en obtenaient.

Sous les rois de France

             Lorsque vers 1260, l'Archevêque Eudes Rigaud vient visiter l'église, il constate que "quatre chanoines de Saint Laurent servaient Dieu"
             On sait que les curés de Rosay seront en conflit avec les religieux de Mortemer dès 1181.
             Le premier curé connu, Robert Langlois en 1492, l'est pour de nouveaux conflits avec les moines. Après lui, Monsieur de Coquillères, en 1520, qui devient évêque, puis Jacques Ferré  en 1550. Il faut ensuite attendre plus d'un siècle pour lire le nom de Pierre Arachequesne en 1660 suivi de Le Coulteux et J.B. Canu en 1695. L'année suivante, nous trouvons J. de Haymet du Haume, curé. Il meurt en 1704 et sera  enterré dans l'église.
             En 1708, des réparations sont faites au pavé de la nef et au lambris du chœur.
             En 1711, les murs de clôture du cimetière, jugés trop bas, sont rehaussés.
             En 1681, les habitants se cotisent pour la réparation du chœur de l'église.
             A la fin du XVIIème siècle et au début du XVIIIème, on enterre pour une somme modique dans l'église. Les églises sont devenues de véritables nécropoles, lieux malsains et nauséabonds. On saura rester raisonnable à Rosay. En 1698, un garde-forestier est enterré dans l'église.
             Le curé Costard affirmait en 1729 (mais c'était exagéré) que Rosay avait été privé de prêtre pendant deux siècles. Il attribuait cette carence aux guerres et à la situation malsaine (marécages) de l'endroit. Il devait pourtant y rester, 29 ans de 1705 à 1734, assisté des vicaires Lenfant, Dufour et Fortin.
             Il eut pour successeur le "fameux" curé Le Tailleur qui voua une haine tenace à ses paroissiens. Il disait d'eux: "Ce sont des diables tels qu'en parcourant toute la terre, on n'en trouverait point de pire qu'eux. Il n'en existe même pas en enfer!! Les vielles filles sont des gourgandines (filles de mauvaise vie), quant aux jeunes, il n'y en a pas de pires sur le Pont-Neuf (Endroit chaud à Paris), elles sont loin d'être des filles d'honneur. Les conseillers de la fabrique (conseillers municipaux actuels) sont des coquins, scélérats, gueux, fripons, vieux pieds corniers ( pieds du diable).". Il interrompait ses offices pour aller souffleter celui ou celle dont l'attitude lui déplaisait. Son cas relevant de la médecine, il fut retiré de son ministère mais mourut cependant…à Rosay en 1749 âgé de 74 ans.
             On trouve ensuite comme curé, Demelle en1749, Anceaux en 1751 et Lesage toujours à Rosay en 1789. Avant la révolution, la famille de Frémont possédait dans l'église un caveau avec au-dessus, une chapelle.

Le dix neuvième et le vingtième siècle        

             Après la proclamation du Concordat en 1801 et la réouverture des églises, officieront à Rosay, Louis-Jacques Bultel officie à Rosay. En 1809, probablement du fait du tonnerre, le toit du clocher fut en partie incendié et sa reconstruction financée par une imposition exceptionnelle…
             En 1866, sur proposition de Mr de Valon et à ses frais, le cimetière de Rosay est agrandi.

 

Les curés de Rosay  1811-2005
BULTEL Louis Jacques 1811-1836
BELHACHE 1837-1845
LEBRUN 1846-1847
LAHAYE 1848-1869
SERVANT 1870-1877
pas de curé en 1878
LEVACHE 1879-1895
BOURDON 1896-1900
PORTIER 1901-1902
CORMIER 1903
JUFFAY 1904-1922
BRETOCQ Gabriel 1923-1961
MADOU 1962-1983
VORIMORE
SEVIN
PLANTE 1988?-2005

depuis le départ en retraite de l'abbé Planté, les paroisses de la vallée se sont regroupées.
site à visiter: Paroisse PAYS ANDELLE-LYONS

L'abbé Gabriel Bretocq 1873-1961 André NARDEUX

            De nombreux habitants de Rosay ont connu et aimé Monsieur l'abbé Bretocq, leur curé durant 37 ans, qui a laissé le souvenir d'un pasteur chaleureux et généreux, d'un artiste amoureux de toutes les formes de beauté. Son ami Monsieur Paul Deschamps, membre de l'Institut a évoqué leurs voyages à travers la Normandie et la Bretagne à la recherche de nouveaux trésors religieux. Il le voyait encore devant une statue informe, empâtée d'une couche de plâtre aux couleurs criardes devinant une création précieuse due au génie d'un grand sculpteur. Toute sa figure s'animait alors, son intuition innée, son goût subtil lui permettait de deviner le chef d'œuvre. Il se passionnait pour sa découverte et cet homme naturellement bon se mettait en colère lorsque la restauration n'était pas parfaite ou tardait trop longtemps. Au cours de ses 61 ans de prêtrise (ordonné à Evreux le 15/10/1899) successivement vicaire à Notre Dame de la Couture, Pacy sur Eure, curé des Botteraux, de Rosay (le 30/06/1923) il avait vécu son sacerdoce comme un apostolat au service de l'Eglise et de l'Art.
        N
ous nous intéressons surtout ici à l'artiste qui a sauvé tant de statues, restauré combien de sanctuaires ou défendu par sa parole et ses articles ses chers monuments du Moyen-Age.

            1- l'abbé Bretocq, un passionné du mobilier sacré de nos églises et un animateur des chantiers de restauration
          Sa vocation d'artiste était née au Proche-Orient à la fin de la première guerre mondiale. Passionné d'archéologie, il avait réussi des photographies de qualité des forteresses construites au XIIème et XIIIème siècle par les croisés. Il avait ainsi appelé l'attention du Général Gouraud, notre haut commissaire qui lui avait confié la mission de faire connaître par l'image ce beau pays devenu protectorat français. A son retour de métropole, il organise des conférences et présente des projections des monuments du Levant. Sa nomination à la Cure de Rosay en 1923 lui permettra de découvrir la statuaire du Vexin Normand. Il entreprend alors une action inlassable pour tirer de l'oubli et mettre en valeur les belles vierges en bois de Ménesqueville et de Rosay (XIIIème). Puis, ce sont les admirables statues de pierre du XIVème qu'il va faire décaper et rendre à leur fraîcheur originelle. Successivement nous seront révélées les vierges de Mainneville (commandée par Enguerrand de Marigny pour la chapelle de son château), Sancourt, Surtauville, sans oublier les joyaux d'Ecouis, de Beauficel et Lisors. Avec une patience infinie, il avait pu reconstituer en partie l'histoire de ces vierges nées au temps de St Louis ou de Philippe Le Bel sous le ciseau d'un artiste grâce à la générosité de quelques familles du Vexin (les Estoubreuille à Beauficel, les Trib à Sancourt, les Crespin à Lisors…). Toutes ses préférences allaient vers Notre Dame de Lisors. La noblesse et la sérénité du visage, la drapée de la robe, l'élégance de son maintien attestaient de son origine: l'Atelier Royal. Il y voyait la réplique de la célèbre vierge de vermeil de la Reine Jeanne d'Evreux.
        Malheureusement, la vierge de Lisors a perdu son enfant. Malgré tous les efforts de l'abbé Bretocq, le corps du Petit-Jésus n'a pu être retrouvé. Seule une merveilleuse tête d'enfant au sourire angélique, aux cheveux ondulés a été découvert. C'est une œuvre exceptionnelle dans l'histoire de l'art de cette époque et qui évoque déjà les "bambini" de la Renaissance Italienne!
L'abbé Bretocq poursuivit ses travaux en faisant connaître les figures pathétiques du Christ d'Etrépagny et de Boisemont, la St Catherine de Mesnil sous Vienne…
        Très affecté après la seconde guerre mondiale par l'état d'abandon de nombreuses églises, il décide de montrer l'exemple en ouvrant un chantier de restauration: st Aubin de Ménesqueville. Les murs de pierre furent mis à nu, la charpente décapée, l'Autel et le Tabernacle retrouvèrent leur emplacement primitif. Ainsi, il faisait revivre avec son mobilier, ses vitraux inspirés du Cantique des Cantiques (dus au maître verrier Decorchemont).une église romane du XIIème siècle . Il entreprit ensuite la construction du calvaire de Rosay avec les belles pierres de taille de l'église St Nicaise de Rouen détruite par un incendie..
        Enfin, il commença la rénovation de Notre Dame de Rosay cherchant à créer une atmosphère de recueillement et de beauté. Malheureusement, il n'eut pas le temps de terminer cet ouvrage.

             2-  un défenseur du patrimoine artistique par la parole et la plume
          Membre de l'Association des Monuments et Sites de l'Eure, l'abbé Bretocq a été l'un des précurseurs de l'inventaire et du classement de notre patrimoine religieux. Il saura ainsi convaincre le Service des Monuments Historiques de s'intéresser aux Abbayes de Fontaine Guérard et de Mortemer, à la Collégiale d'Ecouis.
A la demande du curé d'Ecouis, il était monté dans la chaire de la Collégiale pour prononcer l'homélie du 15 Août 1939. Il avait montré que ce monument de pierre par sa magnifique gloire de Dieu avait plus d'éloquence que les hommes… Rappelant la fondation et la consécration par le légat du Pape, Nicolas de Fréauville, le 09/09/1313, de Notre Dame d'Ecouis, il avait évoqué la personnalité d'Enguerrand de MARIGNY, premier ministre de Philippe le Bel, condamné au gibet de Montfaucon en 1315, (mais réhabilité deux ans après). Puis, il avait inventorié les richesses de la collégiale: l'incomparable Vierge, Ste Véronique avec son voile (ciselé à la perfection où transparaît le visage divin), l'Ecce homo…!
          Il avait terminé par une prière à Notre Dame d'Ecouis souhaitant que l'enfant-jésus laisse échapper la colombe de la Paix dont le monde avait tant besoin à quelques semaines de la guerre.
De cette époque, l'abbé Bretocq devint un collaborateur actif de "Semaine Religieuse" et de nombreuses autres revues. Il publiait périodiquement les compte-rendus de ses travaux. Photographe émérite, ses innombrables clichés ont illustré pendant trente ans les ouvrages religieux.
        Le dimanche 25 novembre 1951, ses immenses services rendus à l'Art et à l'Histoire étaient solennellement récompensés par la remise de la Croix de la Légion d'Honneur. Nommé chanoine honoraire de la Cathédrale d'Evreux le 17/10/1955, il devait s'éteindre six ans plus tard dans son presbytère de Rosay. Hélas, il n'avait pu terminer le livre magnifique qui aurait été le couronnement de sa carrière: "L'art marial dans le diocèse d'Evreux". Néanmoins, la revue canadienne "Marie" (septembre 1957) et les "Nouvelles de l'Eure" (N°38 1970) ont publié l'essentiel de son œuvre.
        Pendant quarante ans l'abbé Bretocq a mis son ardeur enthousiaste à faire connaître et admirer le patrimoine religieux du Vexin. Nous n'oublierons pas qu'il fut surtout le chantre de Notre Dame et nous conserverons son message:"…tout ce qui est beau sur la terre, tout ce qu'il y a de précieux dans l'héritage du passé, c'est un reflet de la Beauté Eternelle"


L’abbé Gabriel Bretocq en compagnie
de sa sœur devant le presbytère
.

Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur le 25/11/1951
Chanoine honoraire de la Cathédrale d'Evreux le 17/10/1955
Officier d'Académie
Inspecteur des Beaux-Arts et des Monuments Historiques
Membre de la Société Française de Géographie
Délégué du Touring Club de France
La chapelle Saint Jean de l'Essart Mador

             L'article ci-dessous de M-A DOLLFUS évoque l'histoire de la chapelle, les croyances, traditions et sa sauvegarde à l'initiative de l'abbé BRETOCQ
               (
Histoire de Lyons-la Forêt : conférence de M-A Dollfus 1975 )

             « Avant 1802 outre l’église paroissiale existaient dans la paroisse de Lyons un certain nombre de chapelles publiques ou privées, il en reste qu’une encore consacrée, c’est la chapelle Saint-Jean sur la place de l’Essart-Mador aux Taisnières. Un culte y est régulièrement célébré lors de la fête de la Saint-Jean, le samedi le plus proche du 21 juin.
             Cette ravissante petite chapelle située à l’orée de la forêt a été fondée le 29 septembre 1634 par Jean de Nolléval, avocat au parlement de Normandie.
             L’acte de fondation sur parchemin existe aux archives de la Seine-Maritime, il a été établi pour «faire bâtir sur ses terres de l’Essart-Mador une chapelle dédiée à Saint-Jean-Baptiste ». L’acte  est passé devant maître Simon Gouberville et fut enregistré au baillage de Lyons le 16 Juin 1635. En 1738, elle était toujours à la présentation du sire de Nolléval. Le desservant pouvait être un régulier ou un séculier. Il n’était alors pas rare que ce fut un des moines cordelier de Lyons. Une décision diocésaine indique en 1716 que le desservant devra en outre assurer l’école aux enfants de l’Essart. Mais ce service n’allait pas toujours sans protestation des moines. Le gardien des religieux cordeliers en 1772 envoie une lettre disant «que les religieux ne peuvent desservir la chapelle en y allant dire la messe tous les dimanches à moins de trois livres par voyage, car il y faut transporter de nombreuses choses qui y manquent et qu’il n’y a pas de pied à terre pour s’y reposer et que la chapelle est à une demie lieue de Lyons ». On venait en pèlerinage le jour de la Saint-Jean et l’on y célébrait les vêpres le 23 juin, jour où l’on allumait le feu sur la place proche.
             Cette coutume s’est perpétuée jusqu’à nos jours en perdant un peu ces dernières années son caractère folklorique et populaire local. Après la cérémonie dans la chapelle, le curé venait allumer le feu conjointement avec le maire, le feu était béni et alors commençait les rondes, le tir dans la couronne pour l’abattre. Enfin quand le feu diminuait il fallait s’emparer d’un brandon brûlant qui ramené à la maison était une assurance contre l’incendie. Je n’ai personnellement presque jamais omis de le faire.
             Dans les années trente, la chapelle était menacée de ruine mais un comité de sauvegarde fut constitué par l’abbé Bretocq, curé de Rosay et, les sommes recueillies permirent la réparation. L’inauguration fut faite le 2 juillet 1933 suivie d’un banquet dont j’ai conservé le menu copieux illustré d’une vue de la chapelle et des armes des Nolléval. Après la dernière guerre, l’abbé Bretocq compléta cette remise en état par la pose d’un beau vitrail de Décorchement. La toiture a été refaite par la municipalité dans les années soixante. Dans l’intérieur se trouve une peinture due à un artiste local et une statue de saint qui n’est pas Saint-Jean mais un diacre : la coutume veut qu’il guérisse les hernies des jeunes enfants. Il présente quelques rubans phylactères.
            Une autre croyance bénéfique veut que pour assurer cette guérison il faut le Vendredi Saint, enterrer au pied de l’arbre proche de la chapelle un œuf de poule noire. On pourrait évoquer la ressemblance de la saillie de la hernie avec la forme d’un œuf. Quelques graffiti anciens se voient sur les pierres extérieures représentant des personnages et un calvaire. »




Ci-dessus la chapelle à l'abandon en 1930


La chapelle en avril 2002