Site à visiter
Mission Histoire du Conseil Général de la Meuse

www.verdun-meuse.fr

 

Le temps du service militaire
Les soldats durant la guerre
La vie au jour le jour
Les réquisitions militaires
Les soldats morts au front
Les mobilisés en 14-18
L'inauguration du monument en 1922
Portraits et témoignages
Les années qui passent





"Le Père 100" pour la classe 1903
Deuxième, debout à droite avec une main sur la hanche: Gustave PARIS


La caserne de Vernon en 1910 : "Courage à la classe 1909"
Lucien DEMOUCHY, au second rang à droite avec le képi

La caserne de Vernon en septembre 1910
Lucien DEMOUCHY est accroupi à droite


Désiré Maximilien DUPONT
service effectué
dans les dragons
en 1910


La France adopte une loi en juillet 1913 faisant passer le service militaire de 2 à 3 ans.
Pour certains hommes, le temps passés sous l'uniforme atteindra sept années de leur jeunesse.

"Les militaires se préparaient depuis longtemps à un conflit éventuel lorsque la guerre éclata en 1914. Les français comme les allemands étaient convaincus que la guerre, présumée brève, serait l'application de plans déjà élaborés. Des deux cotés on envisageait une guerre offensive." Les Collections de l'Histoire, décembre 2003






Désiré DUPONT, infirmier durant la guerre

Désiré Dupont, le père, possède une solide formation générale lorqu'il rejoint l'armée: collège catholique à Ecouis puis séminaire à Evreux.

Il effectue son service militaire à Epinal dans les dragons et ne revient à Rosay que peu de temps avant la mobilisation d'août 1914. Il est tout d'abord affecté dans l'artillerie, ce qui lui épargnera la dure vie en première ligne dans les tranchées. On lui proposera par la suite un poste d'infimier.
Il ne sera démobilisé qu'en 1919.


Les Collections de l'Histoire, décembre 2003, abordent le sort des blessés sur le champ de bataille

"La différence entre les deux conflits (la guerre de 70) est plus nette encore dans le cas des blessés : les batailles de la guerre franco-prussienne laissaient place, le soir venu, au ramassage des survivants. En 1914-1918, à de rares exceptions près comme aux Dardanelles en 1915 ou dans certains secteurs de la Somme le 1er juillet 1916, les blessés, on l'a dit, agonisaient pendant des heures entre les lignes ; il fut généralement admis que l'on pouvait tirer sur les sauveteurs."



Lucien DEMOUCHY
"Bons souvenirs, le 12 juillet 1915"
Hussard au début de la guerre, il est affecté dans l'artillerie lourde à son décès en 1918


Arsène JOUANNE

Arsène JOUANNE a combattu en Argonne, au chemin des Dames, dans la Somme.
En 1919, après l'occupation en Allemagne, il est démobilisé et revient au village avec un chien de guerre allemand, Mira, qu'il gardera près de lui 15 ans.
Ses souvenirs, il les réservait à son grand ami Charles Robert et sa fille Sylvia, encore petite, écoutait. Une anecdote l'a particulièrement marquée.
Son père est avec un groupe de soldats qui bat retraite. Alors qu'il mène son cheval sur un pont, Arsène tombe à l'eau. Il restera là quelques heures, avec peu d'espoir pour un soldat isolé. Le groupe épuisé par les combats poursuit sa route et s'arrête au soir à l'orée d'un bois. Le cheval d'Arsène s'échappe alors, retrouve son maître et le ramène à son groupe! Quelle fierté d'avoir la vie sauve grâce à son cheval!
Lorsque le groupe repart au petit matin, la chance semble leur sourire. Un champ qu'ils doivent traverser est couvert de tas de fumier. Ils pourront le traverser en profitant de ces abris. Quelle ne sera pas l'horreur pour eux de découvrir qu'il s'agit en fait de soldats morts qui ont été entassés...
Cette anecdote, Sylvia l'a racontée à l'une de ses petits filles avec l'espoir qu'elle serait transmises aux générations futures.


Les Collections de l'Histoire, décembre 2003
"Dans les armées européennes composées de bon nombre d'hommes mariés et de père de famille, la protection des siens acquit une importance fondamentale. Ce désir de défendre femmes et enfants était évidemment exacerbé quand ces derniers paraissaient directement menacés par l'adversaire. Lors des grandes batailles défensives dont Verdun resta pour l'armée française le symbole, tous les combattants l'ont écrit : préserver les autres donnait un sens concret à leurs souffrances et à leurs sacrifices."



Albert FORTIER, marqué d'une croix, présente les armes sur le terrain, au début de la guerre.
Albert FORTIER est le père de Jeanne BLEAS et le grand-père d'Adrien BLEAS qui possède ce cliché. Il travaille avant la guerre à la boissellerie du Roule comme outilleur.
Mobilisé en 14, il traversera l'enfer de Verdun en endurant les plus grandes souffrances.
Fait prisonnier, et même un moment accusé de désertion, il est libéré quelques jours plus tard lors d'une contre-attaque française. A Foch qui lui demande " tu n'as pas trahi ton pays, Fortier?", il répondra fièrement: "non, mon général"





Lucien PICARD, le grand-père du maire de Rosay, Marc Plaisant,
est prisonnier en Allemagne ( troisième en partant de la gauche)
Soumis à la censure, ce courrier se veut rassurant pour la famille.
Les quatre soldats paraissent en bonne santé et bien traités.


"Envoi du 22 septembre 1915 reçu colis du 27/7,

carte du 3/8 et lettre du 5/8.
A l'instant colis du 12/8. Suis en bonne santé.
Embrasse de tout coeur.Lucien Picard, matricule 68227
Bataillon 2ème Compagnie 4éme Baraque 33
Alten-Grabow Deutschland"

Lucien Picard sera président des anciens combattants
de Rosay en 1920 .


Médailles de gauche à droite
Médaille Commémorative Interalliée

Croix du Combattant
Insigne des blessés


Les Collections de l'Histoire, décembre 2003

Comme les populations des régions occupées, les prisonniers de guerre français ont tardé à bénéficier d'une reconnaissance des souffrances qu'ils avaient endurées. Outre le soupçon sur les conditions exactes de leur capture, on suspectait qu'ils n'avaient pas connu la réalité de la guerre et qu'ils avaient aidé l'ennemi par leur travail.
Ce désarroi des prisonniers, nul mieux que le capitaine Charles de Gaulle, fait captif le 2 mars 1916, n'a su le décrire dans une lettre de décembre 1918:
"N'avoir pu assister à cette Victoire, les armes à la main, c'est pour moi un chagrin qui ne s'éteindra qu'avec ma vie"


La photo d'incorporation dans la tenue de 1914
Emile LAVALLEE
"Ma chère petite Victoria, regarde ton petit mari qui t'aime pour la vie."
Emile est le frère d'Albert tué au front en octobre 1918

"Le poilu LAVALLEE"
Croquis réalisé en 1915 durant la guerre des tranchées par son caporal, Lanoux.
Tenue bleue horizon.
Ce document appartient à son petit
-fils, Rémi.




Albert Gaston LAVALLEE , 21 ans
né le 10 janvier 1897 à Rosay
Photo d'incorporation en tenue bleu horizon
Soldat au 224ème Régiment d'Infanterie

Alors qu'il nettoie sa mitrailleuse, Albert est grièvement blessé par un tireur allemand isolé. Il décède à l'hopital de Rulles (Belgique) dans la soirée du 23 octobre 1918 à quelques jours de l'armistice.


CITATION A L'ORDRE
du Régiment N°55 du 18 juin 1918

Le Lt Colonel de Gouvello commandant
le 28ème Régiment d'Infanterie, cite
à l'ordre du Régiment Deshayes André
soldat à la 6ème Cie

MOTIF DE LA CITATION
Jeune soldat, très dévoué ; a participé à plusieurs
patrouilles ayant donné de bons renseignements.
A fait preuve de beaucoup de sang-froid,
notamment dans la patrouille
exécutée le 27 août 1918.

A consulter : la page de Vincent LeCalvez et le récit de mai à août 1918
de l'aspirant Morel de la 6e compagnie, la même compagnie que celle d'André Deshayes

http://vlecalvez.free.fr/Morel/aspirant_morel_1.html




 Edmond MOISANT

         Né à Rosay en 1880, Edmond Moisant effectue son service militaire de 1902 à 1904 à Vernon dans la 3e section d'infirmiers.
         Il
possède avant la guerre une exploitation forestière de bois en grumes au village. Marié, il a deux jeunes enfants de 3 et 4 ans à la déclaration de la guerre.
         Mobilisé le 1août 1914, il est affecté à l'hopital Ste Maxence, honoré comme brancardier en 1915. Caporal au 43e R.I en février 1918, il participe à la bataille de la Somme du 30 mars au 4 mai 1918. Sa division contribue à briser la ruée allemande sur l'Aisne en mai et juin puis à repousser l'ennemi.
         Gazé à l'ypérite le 19 juillet 1918, il pense durant trois jours avoir perdu la vue. Il repart au front le 28 du mois. Comme beaucoup de ses compagnons, il conservera les séquelles de ses blessures durant sa vie entière.
          Edmond Moisant est démobilisé en février 1919.
     
     CITATION A L'ORDRE du Régiment N°766
     du 18 février 1919

          Le Lt Colonel Carrot commandant le 43e R.I, cite à l'ordre du Régiment:
Moisant Edmond, caporal.

     MOTIF DE LA CITATION
          Excellent caporal-mitrailleur.- a manifesté au cours des nombreux combats auxquels il a pris part la plus belle vaillance et le plus beau sang-froid.


Médailles de gauche à droite
Croix du Combattant
Croix de Guerre 14-18
Insigne des blessés
Médaille Commémorative de la Grande Guerre
Médaille Commémorative Interalliée "Médaille de la Victoire"




Citation à l'Ordre de la Division, le 14 octobre 1915
"Depuis le début de la Campagne a monté un zèle inlassable et une complèter abnégation
accomplissant avec un courage tranquille une besogne parfois très périlleuse et
toujours extrêmement pénible"


                    


Intoxication par Ypérite le 19 juillet 1918




La consultation de l'Impartial, qui paraissait 2 fois par semaine, et du registre du Conseil Municipal de Rosay permet de reconstituer en partie la vie au village durant la Grande Guerre

En prévision d'une guerre qui parait inévitable, on légifère en France. La loi du 7 juillet 1913 et le décret du 2 août 1914 fixent le montant de l'allocation aux familles des mobilisés : pour chaque enfant de moins de 16 ans, on verse 1,25F par jour majoré de 0,50F

Le 1er août 1914, la mobilisation générale est décrétée par Raymond Poincaré.
Le conseil municipal ne tarde pas à se réunir pour examiner l'aide aux mobilisés du village.

Le 15 août 1914

Le bureau de bienfaisance de la commune accorde ces allocations selon la situation des familles. Ce jour-là, cette allocation est accordée à :
BEAUCLE Edmond, JOUANNE Arsène, QUEUDRAY Joseph, LECLERC Hyppolyte, DESHAYES Maxime, PAILLARD Paul, FORTIN Edmond, GRIBOUVAL Eugène, FORTIN Henri, FORTIN Auguste, ETIENNE Félix, HEQUET Emile, LUCAS François, VITCOQ Léon, PICARD Lucien, LAVALLEE Emile, BENARD Jules, ROPITAL Antime.
Une quête, à l'initiative du conseil municipal, produit 413F au mois d'août.

Le 13 septembre 1914
Le bureau accorde une allocation aux familles des mobilisés suivants :
BEAUCLE Désiré, CELLIER Henri, DELACOUR Joseph, FORTIN Louis, HARTOUT Paul, ROBERT Charles, SELLIER Georges.

Le 11 octobre 1914
Allocation accordée pour: LAVALLEE Adolphe et AUTIN arsène.
Ajournement pour les demandes suivantes : BAUCHE Alphonse, DELAMARE Ernest DELAMARE Joseph, BLAINVILLE Théodule, GALHAUT Louis, TREMBLAY Léon.
Le conseil estime que " les mères de famille peuvent subvenir à leurs besoins par leur travail quotidien ".

Le 5 novembre 1914
Allocation accordée pour: CHEREAU hyppolyte, MARTIN Victor, FOULOGNE Paul
Ajournement pour les demandes suivantes : LARCHER Louis, MARCHAND Georges
Suite à la recommandation du Ministre de l'Instruction Primaire, les instituteurs du village, Mr et Mme DUFAYET adressent un courrier à la mairie : ils s'emploieront à l'achat et la confection de vêtements chauds (tricots, chandails) pour les soldats durant les séances en classe consacrées aux œuvres complémentaires.
Le conseil vote une somme de 15F pour ce noble projet. Deux quêtes en octobre et novembre produisent 250F qui servent à l'achat des matières nécessaires à la confection de vêtements chauds: 16 caleçons,18 chemises, 30 plastrons, 24 chandails, tricots ou écharpes, 20 cache-nez, 25 paires de chaussettes, 2 passe-montagne. De nombreuses personnes feront don de vêtements usagés, couvertures, linges de pansement pour les blessés.


Cette photo de classe a été prise au début de la guerre 14 à la nouvelle école des filles.
Mr et Mme DUFAYET sont nommés à Rosay en 1910.
A l'initiative de Mme Dufayet, ces enfants de Rosay participeront à la confection de colis pour les soldats. Difficile d'identifier ces petites filles parmi lesquelles se trouvent certainement les enfants de Jules Bénard, disparu aux Dardanelles en 1915.


Le 9 décembre 1914
Allocation accordée pour:
QUEVAL François, QUESNOT Gilbert, QUESNEL Maurice, FORTIN Edmond


Le 24 janvier 1915
Allocation accordée pour:
DEGISORS Jules, ROBERT René, QUEUDRAY Joseph, PETIT Lucien, TREMBLAY Léon


Le 14 février 1915
"Journée du 75" à Rosay. La vente du petit canon a rapporté la jolie somme de 167F. On remercie les demoiselles Jeanne et Lucie Letondeur, Germaine Fortin, Claire Blondel, Lucienne Caron, Marcelle Degisors d'avoir accepté de vendre le glorieux insigne.

Le 7 mars 1915

Allocation accordée pour: BLONDEL Albert, DELAMARE Joseph, BLAINVILLE Théodule.
Le bureau s'efforce de ne pas oublier les plus démunis : il accorde une allocation aux veuves FORTIN et LEROY.

Le 21 mars 1915
Allocation accordée pour: VAILLANT Arsène, COTTRET Charles, DAMAS Henri

Le 27 mars 1915
Le préfet de l'Eure prie, par voie de presse, les personnes qui verraient ou entendraient passer des avions ou des dirigeables d'avertir le bureau de police, la mairie ou la brigade de gendarmerie.


Le 3 décembre 1915
La Croix de Guerre
a été décernée au sergent Léon VITCOQ " blessé assez gravement en tête d'une patrouille qu'il avait mené au contact de l'ennemi le 13 mai 1915. Avait déjà, à plusieurs reprises, fait preuve de courage et de sang-froid "

Le 24 janvier 1916
"Quête pour les Prisonniers de Gisors" organisée par l'abbé Juffay produit 123F

Le 2 février 1916
Un Zeppelin bombarde Paris, faisant 4 morts. Il repart en direction de Rouen en survolant notre région. Un avion le poursuit, incapable d'agir.

Le 1er avril 1916
"Journée du poilu". La vente des insignes rapporte 86F. Parmi les vendeuses, Mauricienne et Elise Lavallée, Jeanne Deshayes...

Le 27 mai 1916
L'Impartial signale le premier essai de labourage mécanique. Il a eu lieu à la ferme Lejeune à Lisors.

Le 1er juillet 1916
"Journée serbe". La vente des insignes a produit 63F. Le mérite en revient aux gracieuses et aimables quêteuses: Mlles Marcelle Degisors, Marthe Halleur, Charlotte Petit, Renée Picard.


Marcelle DEGISORS en compagnie de son fiancé, Lucien Parravez.
Marcelle Degisors participait aux quêtes au bénéfice des soldats.
Sa mère, à droite sur la photo, tenait le débit de boisson dans l'actuelle rue de la République.
En face, dans un abri de la propriété de la famille Deshayes, les hommes du village
se réunissaient durant la guerre pour commenter l'actualité de "la Gazette de la République"


Le 14 juillet 1916
Distribution des prix. Léon Demouchy remercie les enfants du désintéressement patriotique dont ils font preuve par l'abandon de leurs prix. Mr Dufayet, instituteur, exalte longuement le devoir patriotique envers nos morts, nos blessés, nos soldats...

Le 17 septembre 1916
Le conseil décide de reverser au Comité des Prisonniers de Guerre de Gisors la subvention de 10F accordée par le préfet à la commune pour la célébration de la Fête Nationale 1916.

Le 8 octobre 1916
Mme Vve PHILIPPE, factrice, demande une augmentation de son traitement en raison de l'accroissement important de son service, occasionné par la guerre. Son salaire était prévu pour environ 260 dépêches à raison 0,50F par dépêche. Au 1er octobre, elle en est déjà à 327 dépêches depuis le 1er janvier et en prévoie 400 d'ici à la fin de l'année. Le conseil lui accorde une augmentation de 70F pour l'année 1916. Les crédits seront pris sur les fonds de la fête nationale et des autres fêtes.

Le 12 novembre 1916

"Journée pour les Orphelins de Guerre" et remerciements aux dames dévouées: Tremblay, Bance, Moisant, Quesnel, Vitcoq, Picard, Garin et Thibault. La somme de 154F a été remise au préfet.

Le 21 novembre 1916

On apprend par l'Impartial, le décès de René Moisant survenu le 2 mai 1916.
Hyppolite Chéreau, blessé, est cité à l'ordre du jour: " Très bon soldat, brave et courageux, dans la nuit du 24 au 25 août 1915. A fourni un travail considérable en participant à la construction d'une tranchée sur un terrain battu par les balles".

Le 10 février 1917
Il ne suffit pas de la mort au champ d'Honneur. Au Roule, on a retrouvé le nommé Dormesnil, 67 ans, mort au pied de son échelle, la tête fracassée. Le fils, ivrogne invétéré, a été arrêté.

Le 28 février 1917
"Jounée des Militaires Tuberculeux". La vente des insignes a rapporté 115F. On remercie mlles Emilienne Elie, Marthe Fortin, Jeanne Dupuis, Antoinette Bênet, Marcelle Degisors, Jeanne Deshayes, Elise et Mauricienne Lavallée, Germaine et Lucie Fortin.

Le 1er septembre 1917

Trois belges, originaires d'Ostende, en état d'ivresse, cherchent querelle à trois charretiers au café Saquet du Roule. M Rouland, cultivateur, qui entrait au café est gravement blessé par un coup de chaise à la tête. Plainte est déposée par MM Saquet et Rouland.

Le 31 octobre 1917
Les anglais, qui possèdent de nombreuses meules de bois éteintes ou en activité à la Villenaise, déposent plainte pour le vol de 50 sacs de charbon de bois.

Le 3 novembre 1917
Un cultivateur de Drocourt (Seine et Oise) a la surprise de trouver dans sa grange deux " boches" évadés du camp de Lyons-la-forêt.

Le 22 février 1918
Une conférence organisée sous les auspices du "Comité Michelet" et de "l'Aide morale" réunissait plus de 100 personnes à Rosay. M de Valon, conseiller général, présidait. M Hubert, inspecteur de l'enseignement primaire, confirma durant deux heures la certitude de la victoire finale. La quête rapporte la somme de 95F

Le 18 août 1918
Réunion sportive à la Lande, organisée les officiers et soldats anglais: courses, sauts, luttes, exercices burlesques, course marathon de Rosay à Lyons, tir à la corde, course à cheval, sauts d'obstacles, chaises musicales, course de la croix de Victoria, exercices à la lance, etc... Un orchestre de 40 musiciens se fera entendre pendant toutes les épreuves. Dix-huit cents fancs de primes seront distribués.
Une réunion identique se déroulera le 22 septembre, malheureusement sous la pluie. La vente des programmes produira 686F qui seront répartis par tiers entre les deux hôpitaux des Andelys et les Prisonniers de Guerre de Gisors.

Le 30 novembre 1918
L'Impartial apprend à ses lecteurs du village " avec une peine très vive le deuil cruel qui vient de frapper le sympathique et dévoué maire de cette commune, notre ami, M.Demouchy: son fils unique, dont il était si fier, à juste titre, mobilisé depuis le début des hostilités est décédé des suites de la grippe infectieuse à l'hôpital militaire de Châlons sur Marne, le 29 septembre dernier"

Le 18 février 1919
Mme Charles ROBERT, propriétaire d'une maison dans laquelle a logé du 1er janvier 1918 au 21 juin 1918 le garde-forestier chargé de surveiller l'exploitation de l'Armée Britannique et Mr Désiré BETON qui l'a logé du 7 juillet 1918 au 15 juillet 1919, réclament l'indemnité promise respectivement de 34F et 38F.
Monsieur le Ministre de l'Armement accorde à la commune la somme de 848F à titre de subvention industrielle pour les dégradations dans le chemin vicinal N°14. La commune accepte cette offre et renonce de fait à toute réclamation ultérieure.
Le conseil souhaite remercier les troupes américaines. On rédige une adresse au général PERSHING qui devra parvenir à son destinataire à l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance des Etats-Unis.
" Les Membres du Conseil Municipal de Rosay, canton de Lyons-la-Forêt, arrondissement des Andelys, département de l'Eure sont heureux de profiter de l'anniveraire de l'Indépendance des Etats-Unis pour exprimer à Monsieur le général PERSHING, représentant de la jeune Armée Américaine, les liens d'affectueuse solidarité qui unissent les deux Républiques d'Amérique et de France consacrés à 143 années de distance par de mutuels sacrifices sur les champs de bataille dans le but de conquérir la liberté du Monde.
Mairie de Rosay, le 6 juillet 1919

Le général John PERSHING (1860-1948) est nommé commandant du corps expéditionnaire américain en mai 1917. Il dirigera les trois grandes offensives de 1918: Marne, Saint-Mihel et Argonne. Il fut élevé à la dignité de général 6 étoiles.

Le 22 février 1919

M.Bouchard, cultivateur et marchand de bois à Rosay, constate que les cantonnements anglais qui travaillent à la réfection des routes se sont installés dans sa coupe au Hêtre à Dieu et lui ont brûlé 1/2 stère de bois pour prendre leurs repas. Plainte est déposée.

Le 16 août 1919
On annonce la démobilisation des classes 1913-14-15-16-17 pour le mois de septembre.

Le 23 novembre 1919
René de VALON verse 500F au Bureau de Bienfaisance au profit des pauvres, à l'occasion du 300ème anniversaire du château.

Le 10 avril 1920
Une somme de 1000F avait été votée en 1919 pour l'érection du Monument aux Morts pour la Patrie. En raison du coût trop élevé des matériaux, cette somme avait dû être employée pour des réparations urgentes sur les bâtiments communaux. Il faut de nouveau porter cette somme au budget, s'occuper du monument, composer un comité chargé de recueillir les souscriptions, récupérer les 110F promis par le préfet. Le 10 juillet 1921, Mr Charles THIBAULT offre de céder gratuitement le terrain du Monument aux Morts. Cette cession représente un don estimé à 110F.

Le dimanche 1er octobre 1920

Réunion plénière de l'Amicale des Anciens Combattants, convoquée par Léon Parravez à la salle d'Antime Boulanger. On décide d'une cérémonie patriotique qui aurait lieu le 11 novembre. Une quête parmi les adhérents a produit 91F.

Le 24 novembre 1920
La population toute entière assistait à la réinhumation de Léon Lucien Demouchy, mort pour la France le 29 septembre 1918, au cimetière de Rosay.

Le 28 novembre 1920
Mr le maire propose de donner une concession perpétuelle dans le cimetière à nos braves soldats Morts pour la France et dont les restes seront rapportés à Rosay.

Le 27 février 1921
Le retour de six corps est attendu. L'état, qui n'assure pas la gratuité des sépultures, demande au Conseil Municipal d'assumer gratuitement à titre d'Hommage Suprême à tous ceux qui ont consenti le sacrifice de leur vie, une sépulture particulière perpétuelle. Il faut nommer un délégué pour se rendre à Evreux recevoir les corps de nos concitoyens. Mr Léon TREMBLAY, ancien combattant, courtier en bois, est désigné par les membres du Conseil.

On a édifié en gare d'Evreux un dépositaire mortuaire où seront reçus les cercueils des militaires décédés ramenés du front. C'est une construction en planches qui peut accueillir jusqu'à 120 cercueils.

Le 27 mai 1921
Instauration du code de la route. L'Impartial rappelle à ses lecteurs quelques articles de la loi promulguée sur la réglementation de la circulation sur les routes.

Le 16 octobre 1921
Suite à une initiative de l'arrondissement les Andelys de venir en aide aux communes sinistrées de la Somme, le conseil vote une somme de 300F au profit de Berny en Santerre, commune filleule du canton de Lyons.

Le 22 octobre 1921
La souscription ouverte pour le Monument aux Morts a produit 4000F.Le devis de Mr Collemare, à Petit Quevilly, s'élève à 8543F. La commune dispose de 2500F en budget additionnel. Il manque donc 2049F qui seront portés en dépenses additionnelles sur le budget de 1922.

Le 19 avril 1922

L'Impartial dresse le bilan de l'opération de solidarité en faveur des communes sinistrées de la Somme, menée dans l'arrondissement des Andelys. Les six cantons ont voté des subventions communales et ouvert des souscriptions publiques en faveur de six communes de la Somme: Biaches, Ablaincourt, Aizecourt-le-Haut, Soyecourt, Estrées-Deniecourt et Berny en Santerre pour le canton de Lyons. Cent des cent dix-sept communes ont participé, certaines en réalisant des emprunts. Lyons versera 5000F.

Le 3 mai 1922
L'Impartial annonce à Evreux le retour du front de 60 cercueils parmi lesquels celui de René Moisant.

Le 27 mai 1922
On apprend que 800 cercueils, de retour des Dardannelles, seront ramenés à Marseille dans les derniers jours du mois par le Rollon
. Les familles des militaires morts sont priées de passer au siège de l'Association des "Poilus d'Orient"



Depuis quelques années, on se prépare à la guerre dans chaque camp. On procède dans les villages aux inventaires. On apprend ainsi que deux personnalités de Rosay possède une voiture réquisitionnable:
En 1912, le vicomte René de VALON, propriétaire du château, avec une Peugeot 92B
En 1914, Léon BANCE avec une Clément Boyard

Les réquisitions militaires commencent dès le début de la guerre en août 1914.
Le 29 septembre, le conseil des ministres sous la présidence de Raymond Poincaré signe un décret qui donne aux propriétaires de chevaux requis par l'autorité militaire de grandes facilités pour toucher la moitié payable en espèces de la valeur de ces chevaux.

Service des transports
Edmond SAINT MARTIN, gérant du moulin de Rosay, est le principal réquisitionné du 13 août au 28 septembre 1914 pour une somme évaluée à 1478F.
Léon GARIN, Mlle Esther LIBERCE au Chêne Varin, Charles ROULAND au Roule le seront à un moindre importance pour la somme de 225F du 12 août au 27 octobre.
Service des voitures attelées, le 10 septembre 1914
Victor ROBERT, Louis DELACOUR: 2 voitures à roues et 2 bâches pour 940F
Service de la remonte
Victor ROBERT et René de VALON: 2 chevaux pour 1200F
Service des harnachements, le 10 octobre 1914
Victor ROBERT et René de VALON: 2 harnachements, voiture et cheval pour 145F Service des fourrages et couchages
Fourrage : Léon GARIN: 2q d'avoine; 1,3q de foin; 97q de paille pour 60F
Couchage: Léon GARIN et Léon BONTE: 32q de paille de couchage pour 163F
Service automobiles et voitures attelées, le 10 octobre
Victor ROBERT, René de VALON, Louis DELACOUR, Félix BEAUCLE, Jules PICHARD, Maurice QUESNEL, Louis BISET et Léon VITCOQ: 3 voitures, 2 attelages, 4 bicyclettes pour 2040F
Service des vivres le 11 octobre 1914
Edmond SAINT MARTIN: 2500kg de viande de bœuf 2100F

Passée cette date, on ne trouve plus trace dans les registres municipaux de nouvelles réquisitions. La guerre de mouvement est terminée, on s'enterre dans les tranchées. Une seule réquisition est notée le 3 avril 1918, celle de la dame de Léon GARIN, mobilisé, qui est réquisitionnée pour conduire sa voiture: 10F




A consulter
le site complet de Vincent Le Calvez
consacré au 28èRI
régiment de deux soldats de Rosay
( E.Pimpernel et A.Deshayes )


http://vlecalvez.free.fr








































































                    1914

QUESNEL Abel Eugène Joseph, 25 ans
né le 21 mars 1889 à Saint Clair sur Epte
Soldat au 21ème Régiment d'Infanterie Coloniale
Mort pour la France le 22 août 1914 à Neufchâteau en Belgique
(40km à l'est de Sedan)

Les circonstances: deux armées françaises avancent dans les ardennes belges et se heurtent le 22 août aux allemands qui traversent la Belgique et le Luxembourg . Il s'ensuit trois jours de batailles acharnées. Les contre-offensives échouent. Les pertes sont lourdes. La 3ème armée est anéantie, la 4ème sévèrement diminuée. Les français se replient entre la Meuse et la Marne.
Le 25 août, les journaux apprennent aux français médusés que Paris peut être pris.


Croix de Guerre 1914-1918
avec étoile de bronze

attribuée à titre posthume le 15 juin 1922
" Bon et brave soldat. Tombé glorieusement, à Neufchâteau, le 22 août 1914"

PIMPERNEL Eugène Henri, 21 ans
né le 31 juillet 1893 à Rosay
Soldat au 28ème Régiment d'Infanterie
Mort pour la France le 28 août 1914 à Guise dans l'Aisne
(30 km à l'est de Saint-Quentin)

Les circonstances:
E. Pimpernel  a été tué le 28 août 1914 à Guise. Ce fut un vrai carnage notamment dans les rangs des 1er et 2e bataillons. 690 hommes sont mis hors de combat. Il semble que des compagnies du 228e RI ont également tiré sur des soldats du 28e RI. Les officiers de ses bataillons ont été rapidement tués. Le colonel dirigeant le 28e RI fut introuvable pendant trois jours... A remarquer qu'André Deshayes appartenait à ce régiment.

Le JMO du 28 août 1914
Document fourni par Vincent Le Calvez via le net en décembre 2007


Joffre ordonne à la 5ème armée une attaque de flanc contre la 1ère armée de Bulow, autour de Guise. L'attaque permet de gagner un peu de terrain. Kluck, qui a pour ordre d'avancer à l'ouest de Paris, de sa propre initiative, part à l'est soutenir Bulow. Le plan allemand est modifié.Les français en sont immédiatement informé par la reconnaissance aérienne. Kluck ignore qu'une 6ème armée vient d'être créée à Paris. Elle stoppera l'avance allemande par la victoire de la Marne.     
              
                        
1915

AUTIN Arsène Alphonse, 27 ans
né le 14 janvier 1888 à Ménesqueville
Soldat au 141ème Régiment d'Infanterie
Une fille, Louise, née le 14 juillet 1913, adoptée par la Nation.
Mort pour la France le 28 février 1915 au Bois de Malancourt
situé à 20km à l'Ouest de Verdun

Les circonstances: du 16 février au 20 mars 1915, guerre d'hiver en Champagne. Les tentatives de percée échouent.

Croix de Guerre 1914-1918
avec étoile d'argent

attribuée à titre posthume le 11 juillet 1924
" Soldat courageux et zélé. A trouvé une mort glorieuse, le 28 février 1915, au bois de Malancourt, en s'élançant à l'attaque des positions ennemies"

BOUFFLET Georges Joseph, 33 ans

né le 12 décembre 1882 à Bézu-la-Forêt
Soldat au 74ème Régiment d'Infanterie
Disparu le 5 juin 1915 à Neuville Saint Vaast (Pas de Calais)

Les circonstances: la deuxième bataille d'Artois se poursuit. Les français lancent 20 divisions le 18 juin, sans grand succès. Ils affirmeront avoir reconquis 65 km². De chaque coté les pertes sont élevées.

Croix de Guerre 1914-1918
avec étoile de bronze

attribuée à titre posthume le 15 mars1922
" Brave soldat. Tombé glorieusement pour la France, le 5 juin 1915, à Neuville-Saint-Vaast, en faisant vaillamment son devoir "

GRIBOUVAL Eugène, 26 ans
né le 27 mars 1889 à Lyons la Forêt
Mort pour la France le 21 octobre 1915 à Neuville Saint Vaast
(Pas de Calais) près d'Arras.

Les circonstances: la troisième bataille d'Artois commence le 26 septembre. Les français s'emparent des hauteurs de Vimy. La bataille se poursuit en octobre et les allemands reprennent leurs positions. Les britanniques, qui utilisent pour la première fois les gaz, sont victimes d'un vent contraire. La troisième bataille d'Artois causera la mort de 48 000 français.

Croix de Guerre 1914-1918

avec étoile de bronze

attribuée à titre posthume le 17 mai 1920
" Bon et brave soldat, ayant toujours
fait son devoir. Tombé glorieusement
le 21 octobre 1915, à Neuville-Saint-Vaast"


PLESSIS Alfred Eugène, 20 ans
né le 30 mai 1895 à Perriers-sur-Andelle
Soldat au 176ème Régiment d'Infanterie
Disparu le 21 juin 1915 à Sedd-Ul-Bahr (Turquie)
Croix de Guerre 1914-1918
avec étoile de bronze

attribuée à titre posthume le 9 décembre 1922
" Bon et brave soldat. Tué à l'ennemi
le 21 juin 1915 à Sedd-Ul-Bahr,
en accomplissant tout son devoir"


BENARD Jules Henri, 30 ans
né le 19 février 1885 à Ménesqueville
Soldat 2ème classe au 176ème Régiment d'Infanterie.
Marié à Rosay le 9 janvier 1909: 3 enfants de 2, 4 et 6 ans.
Disparu le 13 juillet 1915 à Sittil Bahr (Turquie)
Les circonstances: Le détroit des Dardannelles offre un accès à la mer d'Egée et à la méditerranée pour la Russie. Après avoir hésité, la Turquie choisit l'autre camp. Expédition franco-anglaise, mal préparée, aux Dardannelles. Débarquement des alliés à Gallipoli (Turquie) 25 avril 1915. Les français occupent le fort et la ville de Kum Cali puis se positionnent près de Seddul Bahr. Les alliés sont surpris par la farouche résistance turque. Les anglais piétinent, demandent des renforts puis renoncent. L'évacuation est terminée le 9 janvier 1916. Dans chaque camp on dénombre 250 000 morts dont 42 000 pour les français.

                    1916

MOULIN Eugène Gustave, 21 ans
né le 19 mai 1895 à Rosay
Soldat au 204ème Régiment d'Infanterie
Décédé à l'hôpital 65 le 24 décembre 1916 dans la commune de Châtelguyon
(Puy de Dome) près de Clermont-Ferrand.

MOISANT René Henri, 21 ans
né le 27 avril 1895 à Oissel
Sapeur mineur au 1er Régiment de Génie
Mort pour la France le 2 mai 1916 à la Côte 285 (Argonne).
Cité à l'ordre du régiment: " Bon sapeur et très bon travailleur, est mort asphyxié à huit heures du matin dans une galerie de mine envahie par les gaz à la suite de l'explosion d'un fourneau ennemi"
Enregistré à Le Neufour dans la Meuse (40 km à l'ouest de Verdun).

Les circonstances: Le général Robert Nivelle remplace Pétain au commandement de Verdun. Il prévoit de lancer une grande contre-attaque autour de Verdun. Combats du 1er février au 21 juillet 1916.

                    1917

BLIN Victor Paul, 32 ans
né le 27 décembre 1885 à Touffreville
Soldat au 327ème Régiment d'Infanterie
Mort pour la France le 8 août 1917 à Bikschote en Belgique (près de Ypres à 30 km au nord de Lille)

Les circonstances:
3ème bataille d'Ypres. L'offensive britannique sur Bixschote est soutenue par la 1ère armée française du général François Antoine. Le succès est très limité. De très exceptionnelles chutes de pluie transforment le champ de bataille en mer de boue.

GALHAUT Louis Auguste, 29 ans
né le 7 février 1888 à Roquemont Seine Inférieure
Mariage le 18 octobre 1913. Domestique agricole.
Soldat au 418ème Régiment d'Infanterie
Mort pour la France le 3 juin 1917 à Hauteville
(Aisne) près de Saint-Quentin.

Les circonstances: Echec de l'offensive Nivelle en avril et mai au chemin des Dames suivie de mutineries. Le 15 mai 1917, le général Pétain prend le commandement.

                    1918

DEMOUCHY Léon Lucien, 30 ans
né le 19/12/1888 à Rosay
Mariage le 1er juillet 1912 à Rosay. Une fille, Lucienne, née le 17 juillet 1913. Il était le fils unique du maire
Maréchal de logis au 134éme Régiment d'Artillerie lourde
Décédé à l'Hôpital Militaire à 1 heure du soir le 28 septembre 1918, de la grippe infectieuse, dans la ville de Chalon-sur-Marne.
Le samedi 20 novembre 1920 a lieu au cimetière de Rosay, la réinhumation de Léon Lucien Demouchy.

LAVALLEE Albert Gaston, 21 ans
né le 10 janvier 1897 à Rosay
Soldat au 224ème Régiment d'Infanterie
Mort pour la France le 23 octobre 1918 à 18h40
des suites de blessures de guerre à Rulles (Belgique)

Les circonstances: Offensive franco-américaine depuis l'Argonne. Les troupes du général Pershing percent les lignes de défense allemandes.

Croix de Guerre 1914-1918
avec étoile de bronze

attribuée à titre posthume le 26 avril 1921
" Brave soldat. Est mort pour la France,
le 23 octobre 1918, de blessures reçues
en faisant vaillamment son devoir"

                    
                    1919


GRANDIN Jules Amédée, 25 ans
né le 12 août 1894 à Touffreville
Un fils, Albert, né le 20 mai 1914
Soldat 2ème classe au 309ème Régiment d'Artillerie Lourde
Décédé à l'hôpital le 15 juin 1919 à 9 heures 45
à Hérouville près de Caen.


Les fiches militaires des morts pour la France
de la guerre 14-18

Plus de 1,3 million de militaires décédés au cours de la Grande Guerre
et ayant obtenu la mention " Mort pour la France "
figurent sur une base de données du Ministère de la Défense.
Cette base remarquable peut être consultée à l'adresse:
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/


14 fiches des Morts pour la France de Rosay sont consultables.
3 ne le sont
que partiellement pour raison de confidentialité.

(J.Grandin, E.Moulin et L.Demouchy)


voir les 14 fiches




Nom prénoms / date de naissance / lieu de naissance

AUTIN Arsène
BAUCHE Alphonse
BEAUCLE Désiré
BEAUCLE Edmond Honoré 03-03-1884 Rosay
BELLAMY Raymond Anatole 22-08-1884 Grainville
BENARD Jules Henri 19-02-1885 Menesqueville
BLAINVILLE Théodule
BLONDEL Albert
BOUCHER Henri Emile 16-05-1892 Mesnil-Lieubray
BOULANGER Antime Charles 04-12-1886 Rosay
CELLIER Henri
CHEREAU Hyppolyte
COTTRET Charles
DAMAS Henri
DEGISORS Jules
DELACOUR Edouard Léon 20-07-1896 Rosay
DELACOUR Georges Louis 16-02-1894 Rosay
DELAMARE Ernest
DELAMARE Joseph
DELARUE Léon Engilbert 12-02-1891 Rosay
DELATOUR Joseph
DEMOUCHY Léon Lucien 19-12-1888 Rosay
DESHAYES André Charles 18-10-1897 Rosay
DESHAYES Maxime
DRONY Maximilien Joseph 19-03-1880 Rosay
DUBOS Justin Raymond Alfred 15-02-1896 Rosay
DUPONT Désiré Maximilien 04-03-1888 La Feuillie
ELIE Raphaël 19-02-1896 Rosay
ETIENNE Armand Raymond Arthur 01-10-1891 Rosay
ETIENNE Félix Cyrille 16-02-1880 Rosay
ETIENNE Paul Henri 03-07-1886 Rosay
FORTIER Albert
FORTIN Albert Georges 15-01-1889 Rosay
FORTIN Alfred 23-04-1883 Rosay
FORTIN Auguste
FORTIN Edmond Albert 29-11-1886 Rosay
FORTIN Henri Emile 10-10-1896 Rosay
FORTIN Henri Ernest 05-05-1880 Rosay
FORTIN Louis
FOULOGNE Paul
GALHAUT Louis Auguste 07-02-1888 Roquemont
GARIN Léon 28-06-1880 Lyons la Forêt
GRANDIN Jules Amédée 12-08-1894 Touffreville
GRIBOUVAL Eugène
GRIBOUVAL Louis William 21-03-1880 Lyons la Forêt
HARTOUT Paul
Nom prénoms / date de naissance / lieu de naissance

HEQUET Emile 01-08-1883 Tronquay
JACQUEMIN Albert Georges 24-12-1882 Paris
JOUANNE Arsène Charles 05-03-1883 Lyons la Forêt
LARCHER Louis
LAVALLEE Adolphe Agathon
LAVALLEE Albert Gaston 10-01-1897 Rosay
LAVALLEE Emile Honoré 24-02-1884 Léry
LAVALLEE Jules Gabriel 31-12-1897 Rosay
LECLERC Hyppolyte
LEROY Gustave Alexandre 09-10-1897 Rosay
LEROY Léon Raphaël 12-09-1885 Rosay
LUCAS François
MAILLARD Edmond Léon 09-07-1883 Rosay
MARCHAND Georges Hilaire 22-09-1885 Rosay
MARTIN Victor
MOISANT Edmond Victor 18-10-1880 Rosay
MOISANT René 27-04-1895
MUTEL Louis
NOEL Pierre Auguste 03-12-1895 Perriers sur Andelle
PAILLARD Paul
PARIS Gustave Léon 13-08-1881 Rosay
PARRAVEZ Eugène Léonard 06-11-1883 Rosay
PARRAVEZ Lucien Joseph 29-10-1897 Rosay
PETIT Lucien
PICARD Bernard Martial René 15-08-1893 Rosay
PICARD Lucien
PICARD Roger
PIMPERNEL Eugène Henri 31-07-1893 Rosay
PLESSIS Alfred Eugene 30-05-1895 Perriers sur Andelle
PLESSIS Arsène Edmond 18-12-1893 Perriers sur Andelle
PLESSIS Henri Louis 17-05-1892 Lyons la Forêt
QUESNEL Maurice
QUESNOT Florentin Gilbert Joseph 07-05-1895 Perriers sur Andelle
QUEUDRAY Joseph 26-04-1887 Rosay
QUEVAL François
ROBERT Charles Armand 04-07-1881 Rosay
ROBERT René Félix 10-09-1886 Rosay
ROPITAL Antime
ROPITAL Camille Arthur 24-09-1888 Richeville
SELLIER Georges
SEVESTRE Georges Albert 29-03-1887 St Denis le Thilbout
SUCHET Emile Eugène 02-09-1896 Bois l'Evèque
TELLIER Albert 22-05-1884 Tronquay
TREMBLAY Léon Henri 21-08-1886 Rosay
VAILLANT Arsène
VITCOQ Léon Oscar 16-09-1883 La Haye de Routot

PS: Cette liste de 90 noms émane en majeure partie d'un état des mobilisés ayant 21 ans accomplis en avril 1919 et qui avaient domicile à Rosay au moment de leur mobilisation. Elle est complétée par ceux dont la situation avait été étudiée par le bureau de bienfaisance et par ceux dont la descendance peut témoigner de leur mobilisation. Il y a malheureusement des oublis involontaires et certainement des doublons. A l'époque, on prenait certaines libertés par rapport au prénom usuel.



PROGRAMME D'INAUGURATION DU MONUMENT
le dimanche 27 novembre 1921

 En présence du sous-préfet,
du général QUILLET,
du député M.JOSSE,
du conseiller général René de VALON
et du conseiller d'arrondissement Mr MILLARD

8 heures : salves d'artillerie
9 heures : service religieux avec le concours de la Musique de Charleval
13 heures : place de la mairie, remise du drapeau aux Anciens Combattants
13 heures 30 : place de l'église, réception des autorités.
Formation du cortège pour une manifestation au cimetière.
14 heures : inauguration du monument, remise du monument à la commune
par les Anciens Combattants et dépôt d'une palme. Discours
16 heures : Vin d'honneur offert par la municipalité Anciens Combattants,
à la société de musique et aux invités.



Le général Quillet
donne lecture des citations des héros de Rosay
en remettant aux familles les médailles militaires décernées à titre posthume.



M.Prosper Josse, député, adjure les vivants de rester
dignes du sacrifice de nos grands morts.


Léon PARRAVEZ

président des anciens combattants.
Il succèdera à Léon Demouchy
comme maire en 1922


Le drapeau dans la salle du conseil à Rosay.
Il est offert par les "Dames de Rosay"
ce 27 novembre 1921

Dans son édition du 3 décembre 1921, l'Impartial relate l'émouvante inauguration du monument à Rosay.
"A 14 heures, aux accents de la Marseillaise jouée par la fanfare de Charleval, monsieur Sauret, sous-préfet, venu présider la cérémonie, est reçu à l'entrée du village. D'abord un pieux pélerinage au vieux cimetière à la tombe d'un mobile mort en 1870 à l'ambulance organisée au château par Mme de Valon. Puis le cortège se forme et se dirige vers le cimetière neuf où repose un corps ramené du front, celui du fils de monsieur Demouchy: derrière la musique marchent les enfants des écoles, les familles des morts, les anciens combattants auxquels, le matin, après un service religieux avait été remis un drapeau; viennent ensuite les personnalités.
Après un hommage ému à la tombe du fils de monsieur Demouchy, le cortège à travers bois, va gagner l'emplacement du Monument. Au tomber du voile, l'hymne national salue le monument, modeste et simple stèle surmontée d'une urne funéraire et ornée d'un drapeau et de la croix de guerre. M.Parravez, président de l'Association des anciens combattants de Rosay, en un discours emprunt des plus purs sentiments patriotiques, procède à la remise du monument à la municipalité.
Ayant peine à maitriser son chagrin, M.Demouchy lui succède à la tribune et prononce une allocution qui amène des larmes à bien des yeux; c'est dans l'émotion générale que Mr le général Quillet donne lecture des citations des héros de Rosay."


Léon Demouchy
          Quelques mois plus tard, le 30 avril 1922, le village apprend le décès brutal de Léon DEMOUCHY, maire depuis 30 ans.
          Lors de ses obsèques, M.SOURI, l'un des orateurs maire de Puchay, rendra hommage au défunt en ces termes:
           "Léon Demouchy est un exemple vivant de ce que peut l'homme sain de corps et d'esprit pour assurer sa marche constante dans la voie du bien et de l'honneur avec le seul secours de sa droiture, de sa raison et de son énergie"




Désiré DUPONT
épicier près de l'église


Léon Lucien DEMOUCHY
mort au front, fils unique du maire


Edmond BEAUCLE
maire de Rosay entre 40-42 et 44-47


Georges DELACOUR
maraîcher . père d'Albert Delacour

Trois des cinq enfants de Louis DELACOUR, maraîcher près du château, partent au front: Georges, Louis et Edouard. Georges est le père d'Albert Delacour.
Georges est mobilisé le 2 août 14 et reste deux ans sur le front dans un régiment de tirailleur. Son régiment est anéanti. Il embarque à Marseille pour l'Algérie puis de Bordeaux, part dans le sud du Maroc, près de la frontière mauritanienne. Les français doivent faire face à des rebellions tribales. Par ailleurs, ils craignent un débarquement allemand à Agadir. Georges aura l'honneur de servir un verre d'eau au maréchal Lyautey. Georges sera de nouveau mobilisé en 1939.
Louis est blessé par un éclat d'obus au genou. Il décèdera du tétanos en 44, des suites de cette blessure.
Edouard est gazé sur le front. Il revient en permission et ramène avec lui la grippe espagnole. Son frère Albert, âgé de 17 ans et sa soeur Marie-Jeanne âgée de 9 ans décèdent de la grippe. Le malheur frappait partout.


Joseph QUEUDRAY
maraîcher à Rosay



André DESHAYES
charpentier à Rosay.

Maxime DESHAYES
charpentier à Rosay


Emile LAVALLEE
Osénime LAVALLEE est le père d'une famille nombreuse: 20 enfants. Il est garde forestier et occupe le logement de fonction à la maison forestière située au Val Amelot (cette maison existait encore dans les années 1990).
Adolphe, Albert, Emile, Jules et peut-être d'autres parmi les 11 garçons seront mobilisés.
Seul Albert ne reviendra pas du front. Il meurt à quelques jours de l'Armistice. Rémy Lavallée, connu à Rosay pour ses peintures, est le petit-fils d'Emile. Il garde le souvenir, dans son enfance, des repas de famille où l'on évoquait la mémoire d'Albert et ce triste jour du départ à la guerre où il avait chanté aux siens 'ce n'est qu'un au revoir', tous persuadés plus tard qu'Albert avait un mauvais pressentiment.


Albert LAVALLEE
mort pour la France en 1918


Jules LAVALLEE


Adolphe Agathon LAVALLEE
Gustave PARIS a 33 ans lorsqu'il est mobilisé en 1914.
Il exerce la profession de maçon et pour cette raison est affecté à l'arrière dans les fonderies du Creusot. Lors d'une explosion qui fera plusieurs morts, il est sauvé par sa brouette qui, en lui retombant sur le dos, le protégera.
La vie était si dure que les soldats, relevés du front et qui arrivaient là, préféraient encore retourner dans les tranchées.
Gustave Paris est élu conseiller municipal en 1922.


Gustave PARIS
maçon. père d'André Paris


Arsène JOUANNE
Arsène JOUANNE est employéde ferme (on disait domestique en 14) aux Taisnères où il s'occupe des chevaux. Avant la guerre, il est marié avec deux enfants. Il racontait ses souvenirs à son ami Charles Robert, poilu comme lui, comment son cheval lui avait sauvé la vie durant la guerre (voir ci-dessus, l'anecdote).
Le beau-frère d'Arsène, Louis Mutel sera gazé à Salonique. Il mourra dans les années 40 des suites de ce gazage. Son épouse, Aimée, est la soeur d'Arsène. Elle faisait partie des "Dames de Rosay" et figure sur le cliché de 1973.
Roger PICARD est mobilisé au premier jour de la guerre. Gravement blessé à la jambe par un éclat d'obus, il a l'artère fémorale sectionnée. Il est hospitalisé à Paris, où il se remet dans de bonnes conditions.
Dans les années 40, la rupture de cette artère engendrera la gangrène. Roger Picard sera amputé de la jambe.
Un général se déplacera au village pour lui remettre la Légion d'Honneur.
Il est le père de Guy Picard.


Roger PICARD



Albert FORTIER
Albert FORTIER est le père de Jeanne BLEAS. Il travaille avant la guerre à la boissellerie du Roule comme outilleur.


Lucien PICARD
Prisonnier en Allemagne


François QUEVAL
Le grand-père de Daniel Queval est mobilisé en 14. Blessé à la jambe, trépané, il en gardera des séquelles mentales.

Lucien PARRAVEZ


Edmond MOISANT
mobilisé durant la totalité de la guerre


Georges SELLIER
(cliché des années plus tard)
dans son uniforme de garde-chasse


René ROBERT, maraîcher
(cliché des années plus tard)
Combattra comme sous-officier aux Dardanelles et en mer rouge.



Roger Picard
(père de Guy Picard)
Légion d'Honneur
Croix de guerre 14-18
Médaille Militaire
Croix du Combattant Volontaire


Photo souvenir le 23 octobre 1973
Les survivantes des Dames de Rosay qui avaient offert le drapeau aux anciens combattants le 27 novembre 1921. On remet ce jour un nouveau drapeau aux Anciens Combattants.
De gauche à droite: Aimée Mutel, Angèle Picard, Jean Béharel le maire, Mme Tremblay, Marcelle Degisors


Les tombes de René Moisant et Albert Lavallée

au cimetière de Rosay en 2003