L'Impartial et le Journal des Andelys
Le registre du Conseil Municipal
L'exode en juin 1940
Les réquisitions de l'occupant

Les bombardements
Soldats, prisonniers et victimes

Une famille déportée

L'avion allié abattu à la Villenaise
L'O.R.A. et la Résistance
Le football et l'U.S Rosay
La libération

                   et sur une autre page du site

                  Les matinées théâtrales en 42-44


7 février 1940
: (JA: Journal des Andelys)
Les gendarmes dressent deux procès-verbaux à un maçon de Fleury, Michel Markowic, venu à Rosay sans sauf-conduit et en possession d'une carte d'identité périmée.

25 avril 1940
L'Impartial, à sa une, évoque la 5ème colonne. Hitler fonderait d'énormes espoirs sur une préparation lente, mais savante, de désagrégation intérieure précédée d'une préparation pacifique.

Lors du bombardement et l'incendie du Grand Andely à partir du 8 juin 40, l'une des victimes en est le Journal des Andelys. Au grand regret des autorités qui aurait plutôt souhaité la disparition de l'Impartial, jugé proche des idées du Front Populaire.


Durant l'année 1941, la rapine est largement signalée, motivée par le marché noir ou la faim. Les coupables ne sont que rarement identifiés.
Mme Veuve Richard : vol de trois rangs d'échalotte 150F
Auguste Villon : vol d'un superbe coq, 80F
Raymond Galhaut : vol d'un porc, 980F et plus tard 3 lapins.
Dupuis Georgette : huit lapins, 400F
Charles Daré : 40 kg de haricots, 800F
Joseph Gallard : 150 poireaux , 30F.
Joseph Malfilatre, vol de roues de bicyclette,50F
Mme Robert : 20 kg de carottes, 164F
Georges Sellier : 8 lapins, 320F.

Les contraventions pour défaut d'affichage des prix ou hausses illicites des prix, transport et vente de pain frais.
Les PV pour défaut d'éclairage, absence de surface blanche sur les bicyclettes
Jean F. 45 ans, bûcheron, sujet polonais, a, pour avoir omis d'avoir renouvelé sa carte d'étranger en temps voulu, récolté un PV.
Pour avoir vendu des carottes à 5 et 6F le kilo alors que l'arrêté préfectoral du 4 décembre 40 fixe le prix à 3,44F, Mme Blanche R., maraîchère, a fait l'objet d'un PV.

1 février 1941
Le conseil municipal décide de constituer un comité local d'assistance aux prisonniers de guerre. Ils sont au nombre de 15 à cette date.
La semaine précédente, la quête faite à Rosay a produit la somme de 2536,50F. Le maire remercie bien sincèrement les généreux donateurs.

Au début du printemps 1941, la promulgation de la loi créant la retraite des vieux a, selon le préfet de l'Eure, un profond retentissement dans l'opinion publique " Les vieux travaillleurs de l'Eure remercient la Maréchal Pétain, écrit un certain Lequet. Que peuvent penser nos sénateurs qui n'ont jamais eu le temps de voter cette loi, que la Chambre de députés avait adoptée à l'unanimité ? Il a fallu la venue au pouvoir du Maréchal Pétain, qui incarne le droit et la justice, pour faire aboutir ce que 900 hommes, n'avaient pu réaliser "

En mai 1941, " les protocoles de Paris " apportent d'autres améliorations, comme la libération des prisonniers de guerre, ayant fait les deux guerres. Mais les autorités reconnaissent que l'opinion publique continue à être divisée face à la politique de collaboration réaffirmée par les entretiens Hitler-Darlan ".

En fin d'année 1941, le sous-préfet des Andelys, dans son rapport au préfet, écrit : " Dans mon arrondissement, la population est redevenue au fond opposante au régime nouveau…Aucun effort de propagande, si habile soit-il, n'y fera rien ".


6 septembre 1941 : (JA)
Les campeurs sont avisés qu'ils ne pourront pratiquer leur sport que s'ils sont munis de la carte délivrée par l'Union Française des Associations de Camping. Le camping ne pourra être pratiqué que par petits groupes ou en famille à l'exclusion de toutes directions hiérarchisées.

20 septembre 1941
Coups et blessures : M.Thuret ingénieur aux Eaux et Forets a porté plainte contre Hermier Gédéon, cultivateur, pour coups de bâton sur le bras.

6 décembre 1941
M.Daniel reprendra sa tournée de séances de cinéma sous la dénomination
" Circuit Cinéma Régional "

3 janvier 1941
à 19h35 précises salle Duramé : Circuit-Cinéma-Régional " Musique de Rêve "

30 janvier 1942
Adjudication amiable le 14 février à Gisors de la Ferme du Chêne Varin, la Ferme des Fieffes, d'un ancien moulin à eau, etc. En fait les derniers biens du Comte de Valon.


L'intimidation des populations.
Des affiches de cette nature paraissent régulièrement à la une de l'Impartial.

7 février 1942
L'impartial publie le " rationnement " pour le mois de février. Ce rationnement varie selon des catégories liées au travail..
Pain : 100 à 350g/jour
Farine : 250g/mois
Viande : 125g/semaine avec supplément pour les travailleurs de force de 400 à 900g par mois Fromage : fixé ultérieurement
Matières grasses : 400g/mois
Sucre : 500 ou 1000g/mois
Café : 250g/mois
Savon : 75 ou 100g/mois

Pour la première fois en février 42, on signale de nombreux décès par " misère psychologique ", c'est à dire que des hommes, des femmes, des enfants sont morts littéralement de faim. La tuberculose réapparaît, la prostitution se développe, l'alcoolisme et les maladies vénériennes font des ravages, l'hygiène sociale est insuffisante, les gens souffrent du froid et beaucoup d'enfants des campagnes ne peuvent pas fréquenter l'école faute de chaussures. On vole surtout des denrées alimentaires et des titres de ravitaillement, des vêtements, du bois de chauffage. Dès 1941, la police et la gendarmerie sont débordées.

17 mars 1942
salle Duramé à 19h30 Circuit-Cinéma-Régional : Sarah Léander dans " MAGDA "
12 avril 1942
salle Duramé à 19h30 Circuit-Cinéma-Régional : " La Fille au vautour " prix des places 6 et 8F.
19 avril 1942
salle Duramé à 19h30 Circuit-Cinéma-Régional : " Les Trois Codonas " prix des places 6 et 8F.
26 avril 1942
salle Duramé à 19h30 Circuit-Cinéma-Régional : " Effeuillons la marguerite "
3 mai 1942
salle Duramé à 19h30 Circuit-Cinéma-Régional : " Toute une vie " , le plus grand film d'amour.

28 avril 1942
Le conseil dissout le comité local d'aide aux prisonniers et en constitue immédiatement un nouveau. On compte 13 prisonniers.

17 mai 1942

LVF " Pour la France, engagez-vous dans la Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme….
Soldat : solde 600F, indemnités de guerre en première ligne célibataire, 2 400F marié 3 000F.
Sous lieutenant : solde 1 440F, indemnités de guerre en première ligne célibataire, 6 240F marié 7 400F
"


Juin 1942 : disparition pour cause de censure de l'Impartial.
Le Journal des Andelys, collaborationniste, reste seul dans l'arrondissement.

7 novembre 1942 : (JA)
Les bagnes d'enfants vont disparaître. Une nouvelle loi abroge la loi du 23 juillet 1912.

30 janvier 1943
Les gendarmes surprennent deux individus avec un sac contenant deux poules tuées et des sacs à blé provenant de la ferme Daré. Ce vol avait été perpétré uniquement pour manger.

10 mars 1943 : (JA)
Les travailleurs de force de 1ère et 2ème catégorie ne percevront leur supplément de vin qu'après inscription à renouveler tous les mois.

4 septembre 1943 : (JA)
Paul Josse, le sénateur-maire de Perruel, donne ses conseils aux habitants de Perruel : " Bien qu'une très longue durée de la guerre ne soit plus à prévoir à partir de maintenant, la France avant sa résurrection est appelée à souffrir encore…… Le redoublement de cette effroyable guerre aérienne va s'intensifier encore avec toute sa puissance de destruction de vies humaines, de villes et de moyens de transport. Il sera prudent de voyager le moins possible. "

Le fréquent passage depuis la fin de l'été 1943 de forteresses volantes par vagues énormes, sans que la chasse, ni la D.C.A. n'interviennent, est interprétée par l'opinion du département comme le signe d'une prochaine défaite allemande. Malgré un intense propagande appuyée par l'image des cadavres et des maisons en ruine, le pouvoir n'arrive pas à retourner l'opinion en sa faveur.

20 novembre 1943
Gustave Paris, exploitant forestier, se fait voler quelques stères de bois. On interpelle les femmes responsables qui n'avaient pas de bois pour se chauffer.

19 février 1944
à 20h Circuit-Cinéma-Régional : " Mon curé chez les riches "

26 février 1944
Séance récréative le dimanche 5 mars à 14 heures au profit du livret des prisonniers de guerre avec le bienveillant concours du Fakir Ben Haesack et la troupe du centre d'entraide des prisonniers de Lyons.

30 avril 1944
Salle Duramé à 20h15 Circuit-Cinéma-Régional : documentaire " Le Chemin de la Liberté ".

20 mai 1944
Sous le bombardement " La région de Charleval, Grainville, Bourg-Beaudoin a eu la visite des terroristes anglo-américain qui lancèrent plus de 100 bombes dans cette riante vallée. Il n'y eut fort heureusement pas de victimes mais des dégâts matériels. Un avion anglais a été abattu, son pilote a été carbonisé. "

8 avril 1945
Salle Duramé à 20h15, Circuit-Cinéma-Régional : " L'Ange Gardien ".

15 septembre 1945 : élections cantonales
Le Comité Cantonal de la Libération de Lyons la Forêt, considérant que si la guerre est gagnée, la paix ne l'est pas, a désigné son président Pierre Touraine, notaire à Fleury la Forêt, candidat aux élections cantonales. M Touraine exposera son programme à Rosay mercredi 19, à 20h. Le CCL de Lyons la Forêt fut constitué dans les journées qui suivirent la libération, selon les directives du Comité National de la Résistance. Ainsi pour cette constitution furent appelés les résistants ou sympathisants de la Résistance, pris dans toutes les tendances politiques. Furent appelés à Rosay, MM Delaruelle, directeur de minoterie et Tellier, chauffeur. M.Sizaire sera élu avec 1203 voix contre 790 à M.Touraine.
Aux élections législatives du 4 novembre, M.Forcinal, de retour de déportation, est élu député.

28 octobre 1945
Salle Duramé à 20h30 Circuit-Cinéma-Régional : " Le Paradis Perdu " avec Micheline Presle

24 novembre 1945
La fédération nationale des Cuirs et Peaux offre des chaussures aux enfants des fusillés, déportés, décédés. La fédération invite les familles à adresser leur demande à la Bourse du Travail d'Evreux.


14 janvier 1939
Allocation à la famille de Robert Passeleu, mobilisé. Tranchard Bernard est soldat.

29 août 1939
Une circulaire préfectorale en date du 26 informe la commune qu'elle devra héberger 44 réfugiés de la région parisienne en cas de mobilisation.

15 mai 1940
Adhésion au comité cantonal formé à Lyons pour le colis des soldats. On prélève 250F sur le budget des fêtes.

31 mai 1940
Edmond Beauclé est nommé maire pour suppléer M.Pichard vu son grand âge et son état de santé.

4 octobre 1940
Deux journées de prestations individuelles et deux journées de prestations d'animaux et véhicules sont remplacées par une taxe variable de même valeur. Les contribuables conservent la faculté d'opter pour l'acquittement en nature.

2 février 1941
Création d'un comité local d'assistance aux prisonniers de guerre. La tâche du comité sera de faciliter la confection et l'envoi de colis aux quinze prisonniers de Rosay. Une quête le 19 janvier a produit la somme de 2536F.

17 mai 1941
Le conseil décide de porter le taux d'allocation à 150F par mois pour toute personne privée de ressources à partir de 65 ans. Les dépenses effectuées pour le ravitaillement des habitants de la commune du 10 juin au 8 juillet 1940 s'élèvent à 19139F. Réparties comme suit : 18 quintaux de farine à M.Dupuis, 17 à M.Boulanger, 18 à M.Delapierre, un taureau à M.Beauval, une vache à M.Navette, une vache à M.Soudan et 250 kg de légumes à M.Queudray. On contracte un emprunt de 30 annuités.

30 octobre 1941
Projet d'aménagement d'un terrain scolaire d'éducation physique. La commune prend à sa charge 20% des 60000F. La commune prend l'engagement d'assurer l'entretien et le gardiennage. M Moisant, marchand de bois, présente une facture de 720F pour le chauffage des écoles. Le salaire du cantonnier est revalorisé de 750 à 910F.

26 janvier 1942
Le conseil autorise le maire à acquérir, lors de la vente des biens de succession de M de Valon à Gisors, le chemin longeant le mur du château (impasse actuelle du Fol Accard). Ce chemin est déjà entretenu par la commune.

4 février 1942
Le conseil confie aux Ponts et Chaussées l'étude et l'aménagement du terrain d'éducation physique.

17 février 1942
On règle le ravitaillement de juin 40.

28 février 1942
Le préfet a dissous les comités locaux d'aide aux prisonniers de guerre. La commune qui a 13 prisonniers procède à la dissolution puis à la constitution d'un nouveau comité.
Président : Beauclé Edmond       Trésorier : Delaruelle Eugène     Secrétaire : Compagnon Lucien
Membres : Mmes Boufflet, Deshayes, Gambu, Picard et MM Deshayes, Dubuc et Gildas.

23 mai 1942
Le conseil rejette la demande de M.Savary qui veut acquérir le chemin longeant sa propriété et déplacer le lavoir. A ses dires, ce chemin servirait de dépotoir. Raymond Delarue remplace depuis le premier janvier le cantonnier Aimé Bachelet. Son salaire est fixé à 700F. Le conseil décide d'allouer au maire une indemnité forfaitaire de 2400F.

8 juillet 1942
Le conseil vote un emprunt de 12000F remboursable en 10 annuités au taux de 5%.


2 octobre 1942
Monsieur Pichard est décédé le 19 juin. Le préfet prononce la démission d'office d'Edmond Beauclé et refuse pour des raisons d'opportunité locale de confier les fonctions de maire à l'un des membres du conseil. Le préfet nomme maire le Lieutenant-Colonel Clausse

7 octobre 1942
Le préfet désigne Charles Daré comme adjoint en remplacement de M.Grout démissionnaire.

10 novembre 1942
Comité d'assistance aux prisonniers de guerre. Président : René Clausse Trésorier : Delaruelle Secrétaire : Compagnon Nouveaux membres : l'abbé Bretocq, Lucien Lecoeur instituteur, Louis Meunier, Eugène Rouart, André Paris
La contribution pour les chemins vicinaux passe de 2 à 3 journées. Mlle Amandine Burel assure le nettoyage des salles de classe.
La commune compte 507 habitants

Jules Pichard
maire de Rosay de 1929 à 1942.
Jules Pichard avait été instituteur à l'école de Ménesqueville


Dans l'arrondissement des Andelys, ce sont 28 maires qui sont révoqués. Ce chiffre trahit à la fois la revanche sur le front populaire (représenté par le radical A.Forcinal, déporté) et l'acharnement épurateur du sous-préfet des Andelys.

27 janvier 1943
Mr Vitcoq, boulanger, présente une facture de 3100F pour la fourniture de 10 quintaux de farine, farine réquisitionnée par la commune pour alimenter les habitants restés à Rosay pendant l'exode. Le conseil paie la facture. Le conseil vote par ailleurs le loyer de deux pièces de terre destinées à aménager le terrain de sport de Rosay.

8 février 1943

Virement d'un fond de 2400F pour un terrain réquisitionné en juin 40 à M.Beauval.

13 juillet 1943
R.Delarue ne s'occupe plus du cimetière. Aimé Bachelet reprend la suite.

27 octobre 1943
Examen médical en octobre et en mai des écoliers.

23 décembre 1943
Comité d'aide aux prisonniers. M. Meunier démissionne pour raison de santé. M.Compagnon est démissionné pour " affirmer dans les réunions du comité des tendances de discussions politiques regrettables qui sont de nature à nuire à l'intérêt général "
Fernand Halleur et Georges Soudan sont les remplaçants.
Constitution d'un comité de patronage ayant pour but d'organiser des manifestations au profit des prisonniers de guerre.

17 avril 1944
La population est avisée que tous les postes de T.S.F doivent être déposés à la mairie. Celle-ci étant trop petite, les postes ont été déposés chez M.Moisant qui a mis à disposition une chambre " très confortable ". A la même date, conformément aux instructions préfectorales, une audition publique de T.S.F. pour les communiqués officiels a été organisée dans la salle Duramé.

28 juin 1944
Il est rappelé aux maires que tous les postes de T.S.F doivent être groupés au chef-lieu de canton pour éviter les vols qui se produiraient. M.Delaruelle a bien voulu transporter gracieusement avec son camion tous ces postes le 1er juin. 90 postes ont été livrés à Lyons.

10 novembre 1944
MM Louis Gribouval, Edmond Moisant, Gustave Paris sont chargés d'établir les nouvelles listes électorales.

24 mai 1945
Election du maire : Edmond Beauclé, adjoint : Edmond Vauchel Bureau d'assistance médicale gratuite : Mme Louise Rimbert. Entretien des salles de classe : Mme Amandine Burel démissionne et est remplacée par Mme Blanche Rivette. Elle sera également porteuse de dépêches.

19 décembre 1944
Election du maire Edmond Beauclé, adjoint Eugène Delaruelle. Bureau d'assistance médicale gratuite : Mme Louise Rimbert Amandine Burel démissionne et Mme Blanche Rivette la remplace pour le nettoyage des classes. Elle sera également porteuse des dépêches.

11 octobre 1945
Demande d'autorisation d'acquisition d'un immeuble dépendant de la succession de M.Trouillet pour créer une mairie, un bureau de poste avec logement du facteur et bibliothèque scolaire. Mise en vente 100 000F de l'ancienne école de garçons, du bureau de poste et de la mairie vétustes.

19 avril 1946
La vente de l'école a eu lieu le 18 et a produit 285 000F. L'achat de la maison de Mr Trouillet se monte à 275 000F et la remise en état demande 299 923F.

15 février 1946
Ernest Hébert, Louis Gribouval et André Deshayes sont désignés pour veiller à la bonne organisation de la cantine scolaire. Vente de l'ancienne école à 110 000F. Le produit de la vente doit être employé à l'achat de la maison de M.Trouillet qui s'élève à 275000F. Par ailleurs, la remise en état nécessite 299923F.

19 août 1946
Création d'un cours post-scolaire agricole sous la direction de M.Lecoeur

29 mars 1949
Etude confiée aux Ponts et Chaussées pour les travaux de captage et de distribution de l'eau potable


              Dès le début du mois de mai, de nombreux réfugiés du nord de la France et de la Belgique fuient devant l'avance allemande. Le 5 juin, la gare de Charleval est bombardée. On ne compte que trois morts à Charleval mais la peur envahit tous les esprits.
Personne ne sait plus trop qui donne les ordres. A Rosay, les gendarmes de Lyons passent au Vaumichon et conseillent à la population de partir. Les allemands approchent. Pour d'autres, ce sont des éléments de ce que l'on appelait alors la 5ème Colonne qui sèment la peur et donnent les mêmes conseils.
L'exode de la population du village. Dans la majorité des cas, ce sont deux, trois ou quatre familles qui se regroupent pour le départ, à pied, à bicyclette, à voiture à cheval, ou en camion pour les plus chanceux.
Les familles De Kimpe de la ferme des Fieffes, le sabotier Lucas, les maraîchers Queudray et Robert se rendront à Alençon.
Les familles Paris et Renault rejoignent la Sarthe. Le retour se fera dans la quinzaine suivante.
La famille de Michel Picard part le 8 juin en compagnie de la famille Gambu. Montée sur Gaillarbois. Le passage de la Seine se fera à Andé. Les familles iront ainsi dans la Sarthe et participeront aux travaux de la moisson. Retour à Rosay fin juillet.
La famille Delacour, maraîcher près du château, part avec la voiture à cheval, passe les Andelys sous les flammes et franchit la Seine au pont d'Aubevoye. Traversée d'Evreux sous les bombardements. Les allemands interpellent le jeune fils, Albert. Ils le soupçonnent d'être un soldat en tenue civile et finalement le laissent repartir non sans lui avoir confiqué son demi-course Lucifer.
La famille Queval, sans le père Auguste, part en compagnie de la famille Soudan qui possède la ferme de la Campagne. Direction la Bretagne. Au retour, la traversée de la Seine se fera en bac dans des conditions difficiles. Auguste Queval travaille au moulin de l'église. Affecté d'office, e'n raison de son emploi, il n'a pas été mobilisé. Resté sur place, lui et les autres employés ne pourront pas mener à bien le projet du patron: faire sauter le moulin avant l'arrivée des allemands. Auguste Queval part ensuite en exode, direction Saumur.

Dans la journée du 10 juin, les allemands arrivaient et débutaient une occupation qui allait durer 4 ans.

En novembre et décembre 1940
La presse publie les déclarations de vol au retour de l'exode.
Mme Barbereau porte plainte contre inconnu pour pillage de sa maison pendant son évacuation. Elle éprouve de ce fait un préjudice de 2460F.
Edmond Moisant, marchand de bois : vaisselle, lingerie, volaille, outillage, voiture hyppomobile :  24 400F
Lucienne Berthe : à la rentrée mi-octobre, elle constate le pillage de sa maison : 6 500F
Gabriel Bretocq, curé : pillage de sa maison : 11 000F
Mr Vitcoq, boulanger constate à son retour fin août le pillage de sa maison et des dépendances :   8 900F
Mme Soudan, cultivatrice, vol au retour de l'exode de linge, vaisselle, plusieurs quintaux d'avoine : 41 000F. Les coupables, une femme de 21 ans et un homme de 45 ans, sont arrêtés.
Mme Vve Joseph Moisant : linge et objets divers pour 3 200F
Paul Duramé, constate le pillage de sa maison et trouve le jeune R. avec son cache-nez. Plainte est déposée contre la mère.
Mme Belin, vol d'habits, de linge, de poules et lapins.
Mlle Jeanne Thibeault, à son retour le 11 septembre, a constaté la disparition d'alcools, linge, matelas.
Et bien d'autres que la presse cessera de rapporter. La rapine en tout genre se développe à partir de l'hiver 40. Les autorités ne tiennent pas à cette publicité négative dans la presse, elles qui se réclament d'un ordre nouveau enfin rétabli.



Les communes doivent fournir la liste des hommes de 18 à 60 ans.
A partir de 1943, rendez-vous devant la maison du maraîcher Queudray avec pelle et pioche.

Note de la Feldkommandantur d'Evreux le 1er juillet 44

Les ponts et chaussées ont reçu l'ordre de creuser avec l'aide des hommes de 18 à 60ans des trous-abris de 50cm par100cm et 140 cm de profondeur de chaque coté de la route tous les 50m. De plus il faut planter un pieu derrière et y accrocher une botte de paille. Les trous-abris sont à creuser le long des diverses routes du département. Les salaires doivent être payés sous forme d'avance et réclamés ensuite à la Feldkommandantur qui les remboursera.

Surveillance des voies ferrées

Les hommes doivent se présenter au secrétariat de la mairie à partir de 18h30 pour recevoir un ordre de réquisition pour la garde des voies ferrées. Pièce d'identité et brassard. La sous-préfecture informe le 22 septembre 1943 que l'autorité allemande a ordonné la protection de la voie ferrée de Charleval à Serqueux (km 104 à 113) Les postes de garde sont à Charleval, Perriers et Vascoeuil dans les salles d'attente des gares. Au premier poste de Charleval seront affectées les communes de Grainville, Ménesqueville et Rosay avec pour consigne la surveillance des km 104 à 107. Le personnel requis est responsable de la portion de voie dont il a la garde et passible de poursuites correctionnelles.
Les requis par commune se répartissent ainsi :
            Charleval : 7 hommes
            Grainville : 2 hommes
            Ménesqueville : 2 hommes
            Rosay : 4 puis 5 hommes à partir du 28 juillet 44


L'avion anglais tombé au Bout du Haut
En septembre 1943, un avion de reconnaissance anglais est abattu dans les plaines de Mr Soudan, au Bout du Haut. Le pilote est sauf et réussit à s'échapper. Des charretiers, employés par la ferme, étaient présents à ce moment. Il est probable qu'ils ont facilité la fuite de ce pilote.
Par ordre des autorités d'occupation la garde de l'avion sera assurée cette nuit du 7 au 8 septembre par les habitants dont les noms suivent :
            de 9h à 11h : Beauclé André et Moisant André
            de 11h à 1h : Compagnon Lucien et Lecoeur Lucien (instituteur)
            de 1h à 3h : Delatre Georges et Robert Emmanuel
            de 3h à 5h : Plaisant Félix et Lamotte Marcel
            de 5h à 7h : Maillard Edmond et Paris André
La consigne est simple: interdire l'approche de toute personne et empêcher le prélèvement de toutes pièces de l'appareil.


Le bombardement des Andelys, évoqués quelques années plus tard dans l'Impartial
Le mercredi 5 juin 1940, Ecouis, Fleury sur Andelle et Charleval sont bombardés. On dénombre trois morts à Charleval lors du bombardement de la gare et de la ligne de chemin de fer. Le vendredi 7, par deux fois Ecouis et Gisors. Le samedi 8, de nouveau Gisors, Vernon et Les Andelys. Le premier bombardement des Andelys a lieu le samedi 8 peu après 11 heures. Beaucoup d'Andelysiens ont quitté le matin la ville. A la suite de ce premier bombardement, de nombreux autres habitants en font de même. Bien leur en prend car le soir même vers 18 heures30 une vague de 25 avions allemands surgit et entreprend un bombardement méthodique du Grand Andely. L'incendie se déclare dans la grande rue, actuelle rue Marcel Lefèvre, et s'étend rapidement. Le lendemain les troupes françaises font sauter le pont. Le lundi, les troupes allemandes pénètrent dans la ville et se livrent au pillage. L'incendie continue de s'étendre et de ravager tout le centre des Andelys. Les allemands poseront ça et là des cordons incendiaires et c'est ainsi que le Grand Andely brûlera durant quinze jours ne s'arrêtant qu'après que le feu eût tout dévoré. Il y eut 18 victimes.

Le fréquent passage depuis la fin de l'été 1943 de forteresses volantes par vagues énormes, sans que la chasse, ni la D.C.A. n'interviennent, est interprétée par l'opinion du département comme le signe d'une prochaine défaite allemande. Malgré un intense propagande appuyée par l'image des cadavres et des maisons en ruine, le pouvoir n'arrive pas à retourner l'opinion en sa faveur.

20 mai 1944
Les compte-rendus du Journal des Andelys affirment nettement leurs opinions collaborationnistes.
" La région de Charleval, Grainville, Bour-Beaudoin a eu la visite des terroristes anglo-américain qui lancèrent plus de 100 bombes dans cette riante vallée. Il n'y eut fort heureusement pas de victimes mais des dégâts matériels. Un avion anglais a été abattu, son pilote a été carbonisé. "

Le 25 mai 1944, un train est mitraillé en gare de Ménesqueville. Le mécanicien est tué.

Le 5 juin 1944
, la gare de Charleval est bombardée. On ne déplore que trois morts. Le lendemain, jour du débarquement, Charleval est de nouveau bombardée. Une bombe explose à proximité de l'église.

Le 25 juin 1944
, trois avions sont abattus à Charleval au cours d'un combat aérien.

Le 25 juillet 1944
, ce sont quatre avions qui subissent le même sort.

Le 13 août 1944
, près de mille avions alliés par vagues d'une douzaine survolent le secteur

Le 22 août 1944, bombardement de la scierie mobile de Ménequeville
En début de soirée, alors que les allemands reculent dans le secteur, surgissent des avions alliés. Leur objectif est la destruction de la scierie mobile installée à Ménesqueville, en bordure de la Forêt de Lyons. Le patron, les ouvriers et leur famille, qui vivent sur leur lieu de travail, ont juste le temps de se mettre à l'abri dans les trous que les allemands ont fait creuser. Les avions tournent puis redescendent de Rosay vers Ménesqueville en rase-motte, se souvient Jean Dupont. Une rafale fauche les occupants de la tranchée. On dénombrera six morts dont trois enfants.

Dans les derniers jours d'août, un convoi allemand est attaqué par l'aviation dans la côte de Ménesqueville à Rosay. Un camion brûle, un autre bascule. Les soldats se mettent à l'abri dans les fossés. Les enfants du village récupéreront des munitions et se livreront à des jeux bien dangereux avec la poudre qu'ils faisaient brûler. Le jeune Fernand Sellier y laissera une main et un enfant Halleur la vie. Parmi les pièges tendus par l'ennemi, il y avait toutes sortes de gadgets piégés, laissés au sol, particulièrement dangereux pour les personnes.





Souvenir du camp de Sissonne (Aisne) en 1939
André PARIS, au premier rang sur la droite avec la plaque "LES AS"
André Paris est mobilisé en septembre 37 aux annexes de l'école Saint-Cyr comme ordonnance d'un officier. A peine démobilisé en 39, il est rappelé. En mai, la troupe fuit en direction de Bordeaux, durement bombardée. Son unité repart pour Saint Maxant. André est libéré en septembre à Albi. Il rend son uniforme pour revêtir celui que l'on appelait "le costume Pétain".
Le retour se fait en train jusqu'à Vernon puis sur le toit d'un car vers les Andelys et se termine à pied!.
Réquisitionné pour la surveillance de l'avion abattu à Rosay et deux fois
pour la surveillance nocturne de la ligne de chemin de fer.

Les victimes de guerre



Croix de Guerre
13 juin 1947




Robert PASSELEU

2ème classe
93ème Régiment d'Infanterie
d'Evreux. Mle 803
Robert Fernand PASSELEU est né à Bourg-Beaudouin le 8 novembre 1917. Il se marie à Rosay en janvier 1936 et n'aura pas d'enfant.
Ouvrier agricole à la ferme de Charles Daré au Fief d'Authuit, il est sous les drapeaux au début de l'année 1939. Il enchaine avec la mobilisation en septembre.
"Soldat courageux et dévoué; grièvement blessé par éclat d'obus à son poste de combat à Crécy au Mont le 4 juin 1940 a succombé à ses blessures."
La présente citation est accompagnée de l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile d'argent.

Bernard MAGNAN, mort pour la France
recherches en cours

Jean-Marie BLEAS, victime civile des bombardements.
Jean-Marie Bléas est agent de chemin de fer à la gare d'Etrépagny lorsque la guerre éclate. Récemment marié, le couple s'est installé dans un logement fourni par son employeur. Le 6 juin 1940, la gare est bombardée par l'aviation allemande. Ordre leur est signifié de partir pour la gare de Dreux. Dans la nuit du 10 au 11 juin, 60 hommes à qui on a donné l'ordre de se regrouper dans un abri sont bombardés. Il n'y a pas de survivants. Au nombre des victimes se trouve Jean-Marie Bléas.
Son beau-père, parti à pied aux nouvelles à Etrépagny, apprend que son gendre a été envoyé à Dreux. Ce n'est qu'en Juillet que l'épouse de Jean-Marie sera informée du décès de son époux.
Epreuve supplémentaire pour elle, on la prie de quitter son logement. Heureusement, ses parents à Rosay pourront l'accueillir, elle et ses deux enfants.
Les prisonniers de guerre


Raoul PICARD envoie cette photo à ses parents
"souvenir de captivité en allemagne en septembre 41"
Raoul Picard est le 4ème en partant de la gauche tout en haut
Sur la panneau: arbeits kommando 1319   stalag XI 8

Clodomir Rouland
prisonnier en Allemagne




          Clodomir Rouland est prisonnier dans une ferme en Allemagne, près de la frontière autrichienne. Il ne s'est jamais considéré maltraité.
          Parti à la guerre en 39 avec un billet de 5F, il sera fier de revenir en France avec ce même billet qu'il s'était efforcé de ne pas dépenser.
          L'envoi à son épouse de cette photo a été visé par la censure allemende





Le retour des prisonniers en 1945.
de gauche à droite,
assis: Jean Rivette, Tranchard?, Duval, Lecomte,
debouts: Clodomir Rouland, Maurice Beauclé, Gabriel ?, Raoul Picard, Tranchard?, .?.

Absent sur le cliché, Emile Rouland qui reviendra plus tard d'Allemagne

Photo prise et dédicacée par l’abbé Bretocq



Les soldats


Maurice Beauclé à gauche.

Marius ROLLAND

Marius Rolland
est employé à la laiterie de Ménesqueville comme chauffeur. Il sera le seul homme de Rosay, mobilisé le 39 septembre 1944. Placé sous le commandement anglais dans le 3ème groupe de transport de la 2ème Compagnie, il est envoyé à Cherbourg.. A partir de décembre, il passe sous commandement français, affecté au transport dans le nord de la France. Marius Rolland est libéré en septembre 45.



Les familles Malfilatre et Josse


           La famille Malfilatre exploite dans les années 20-30 la ferme des Fieffes, louée au comte de Valon. Le père Alphonse Joseph est élu au conseil municipal en 1922. Ils ont trois enfants Marguerite, Joseph et Lucien.

           Marguerite épouse Paul Josse en 1928, sergent au 129ème régiment d'infanterie au Havre. Paul trouve un emploi de cantonnier à Lyons. Le couple aura trois enfants Bernadette née en 1929, Paul né 1931 et Raymond né en 1935. Les enfants sont scolarisés avant la guerre à Rosay et demeurent dans la côte du château dans le chemin du mont Conard. Ils sont présents sur les photos des spectacles en 1937. Au début de la guerre, la famille s'est installée dans une petite maison à la sortie de Ménesqueville mais située sur le territoire de Gaillarbois.

           Joseph Malfilatre se marie en janvier 1943 à Sèvres. Est-il séparé de son épouse?.En juillet 43, il vit avec sa mère au Vaumichon.

           Lucien, le plus jeune, vit à la fin de la guerre dans la région de Toulouse. Il a trois enfants et accueillera provisoirement les enfants Josse à la fin de la guerre.

           A l'âge de la retraite, les parents Malfilatre quittent la ferme des Fieffes pour s'installer plus bas au Vaumichon. Alphonse décède en avril 1941. Son épouse Orphise reste seule et s'occupe des trois orphelins jusqu'à la fin de la guerre. Elle décède à l'Hospice des Andelys en 1958




La famille Josse au complet vers 1940, de gauche à droite:
Raymond, Bernadette l'aînée, Marguerite Josse, Paul fils et Paul Josse



La maison du Vaumichon où les parents Malfilatre vivent


La maison à la sortie de Ménesqueville
où est arrêté le couple Josse en juillet 1943.


Joseph Malfilatre, père, conseiller municipal en 1922

L'arrestation en juillet 1943

            Au début de l'été 43, les allemands, ne trouvant pas la maison des époux Josse à Ménesqueville, se rendent chez la grand-mère au Vaumichon. Joseph, qui est revenu au foyer familial, les conduit à Ménequeville. Lorqu'il comprend que l'on va les arrêter, il prend fait et cause pour sa soeur. De tempérament coléreux, il insulte les soldats puis se bagarre avec eux. Ce sera assez vigoureux puisque les voisins apercevront des traces de sang sur le chemin. Alors qu'il n'était pas recherché par les allemands, il se retrouve embarqué avec sa soeur et son beau-frère. Les trois enfants d'une dizaine d'années sont laissés sur place et la grand-mère vient s'en occuper quelques jours..

          Personne ne reverra au village ces trois personnes..

          Pourquoi cette famille a-t-elle été arrêtée puis déportée? Difficile de savoir la vérité, tant d'années après. Une ancienne habitante du village apporte le témoignage suivant:  "Marguerite a une tante qui vit à Gaillarbois. Une femme du village s'occupe d'elle. A son décès, les époux Josse sont héritiers au plus grand désappointement de cette femme qui a été oubliée. Par vengeance, elle aurait dénoncé la famille Josse en les accusant d'avoir hébergé des aviateurs alliés."
           La grand-mère Malfilatre affirmera toujours avec force que cette accusation n'était pas fondée. C'est la même version des faits qui a été donnée au jeune Raymond à l'époque ainsi qu'il le rappelle aujourd'hui, en 2011.

La mort en déportation


           Marguerite Josse, née Malfilatre le 17 janvier 1905 à Lisors, décède le 1er décembre 1943 en Allemagne. Le camp n'est pas précisé.

          On ne sait rien de plus mais l'histoire ne s'achève pas là. L'ancienne poste et école, près du château de Rosay, accueille des colonies de vacances patronnées par les Soeurs Saint Vincent de Paul. Cet établissement prendra en charge à la fin de la guerre les rescapés des camps. Ils y restent le temps de se refaire un peu de santé. C'est là que séjourne un déporté, Jacques Weinberg qui lie conversation avec les voisins, les maraichers Delacour. Il leur apprend ainsi qu'il a cotoyé une femme de Rosay, Marguerite Josse dans les camps et qu'il l'a vue mourir, les poumons gravement atteints et "pissant" le sang. Il ne sait rien pour le mari et le frère. Jacques Wienberg, figure de la déportation connue dans l'arrondissement, demeurait à Fleury sur Andelle jusqu'à son décès dans les années 90.

        
   Joseph Malfilatre, matricule 39916 , né le 27 février 1909 à Lisors, décédé le 19 avril 1945 au camp de Sandbostel en Allemagne.
            Paul Josse, matricule 39914, né18 juin 1903, Saint Servan sur Mer (35) décédé le 14 avril 1945 au camp de Sandbostel

           Les destins de Paul et Joseph seront liés. On ne sait rien d'eux durant un an. Paul Josse et Joseph Malfilâtre figurent dans le registre du convoi en partance de Compiègne pour l’Allemagne le 28 juillet 1944. Le camp Royallieu à Compiègne est le seul camp en France dépendant exclusivement de l’administration allemande. En 1941, Royallieu est devenu un camp de concentration permanent pour résistants, civils pris dans des rafles.

           Ils sont internés au camp de Neuengamme situé près d’Hambourg sur des terrains marécageux. Devant l’avancée des alliés en 1945, le camp est évacué le 15 avril dans des conditions épouvantables. Le convoi vers Sandbostel n’atteint sa destination qu’après un long périple. Ils y arrivent si épuisés que la plupart ne survivent pas à l’épreuve. Pendant la nuit du 19 au 20 avril, des détenus affamés se révoltent et tentent de s’emparer des cuisines. Les gardiens tirent, faisant 300 à 400 morts. Joseph est décédé ce 19 avril.
           Lorsque Sandbostel est libéré le 29 avril 1945, des centaines de corps jonchent le sol, d'autres, innombrables, sont entassés dans des fosses communes.

            Par arrêtés du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre parus au Journal Officiel est portée la mention "Mort en déportation" sur les actes de décès
                 J.O. 24 juillet1991 pour Paul Josse
                 J.O. 14 septembre 1994 pour Marguerite Josse
                 J.O. 10 avril 1995 pour Joseph Malfilatre


Les villages de Rosay et Gaillarbois conservent les inscriptions d'une famille décimée par la déportation.

Plaque hommage à la mairie de Gaillarbois, près de Rosay

Le Monument aux Morts de Rosay

Quelques sources de documentation
http://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.250
http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=41
http://www.memoree.fr/memory/aj-Bernard_Le_Godais/souvenir/T3-http://www.mortsdanslescamps.com/france.html



Que sont devenus les trois enfants Josse?


          D'abord recueillis par leur grand-mère au Vaumichon, ils doivent partir chez leur oncle Lucien à Toulouse. Celui-ci a trois enfants et ne peut subvenir à leurs besoins. Les trois enfants sont "adoptés par la nation suivant jugement rendu par le tribunal de Toulouse le 27 juillet 1949".

          Bernadette est placée dans une maison comme employée
          Paul s'engage dans la marine.
          Raymond fait son collège dans une maison de pupilles de la Nation puis s'engage à son tour dans la marine.

          Paul se marie en 1956 en Algérie. Raymond épouse en 1959 Barberine, une corse. A l'occasion de ces mariages, les enfants se retrouveront.

          Paul est décédé en 1993 et sa soeur Bernadette dans la même période.
          En 2011, Raymond (76 ans) partage sa vie entre les Yvelynes et la Corse. C'est en effectuant des recherches sur internet, qu'il a trouvé trace de l'histoire de ses parents et m'a fourni cette photo de famille et apporté des informations supplémentaires..

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deux croix en 1944
Cliché pris le 23 juillet 1944,
un mois et demi après le crash.
Deux croix fleuries ont été dressées sur les lieux.
Un débris de la carcasse est encore présent.

          Un bombardier Lancaster, en mission de bombardement sur Etampes, est abattu à la Villenaise dans la nuit du 9 au 10 juin 1944 entre le Chêne Varin et la Villenaise.
          Le spectacle est horrible pour les premiers témoins. Un aviateur est là, assis dans la mort. .Deux croix seront érigées sur les lieux et de nombreuses personnes des alentours viendront sur les lieux déposer un petit bouquet de fleur comme en en témoigne l'examen attentif de ce cliché. De nombreux débris seront emportés comme souvenirs
           Marie-Thérèse Robert, jeune fille de Rosay à l'époque, se souvient être venue en compagnie de sa mère porter des fleurs au pied de ces croix. Deux jeunes bricoleurs duvillage récupéreront de l'alumium pour le fondre et réaliser des carcasses de moteurs électriques


La cérémonie militaire le lundi de Pentecôte 27 mai 1996

               L'initiative de cette dérémonie revient à Pierre Madry, originaire des Hogues.
               Cette cérémonie est l'aboutissement d'un long et minutieux travail de recherches
              Pierre Madry retrace l'histoire de cette recherche dans les lignes ci-dessous.

      Histoire du bombardier LANCASTER - numéro de série ND533
abattu dans la nuit du 9 au 10 juin 1944
               
              " Le lundi 7 mars 1994, un article publié dans le quotidien Paris-Normandie – édition de Rouen – et intitulé " le cercle des pilotes disparus ", relatait les recherches d’un jeune gendarme de Seine-Maritime concernant un bombardier britannique tombé dans son secteur. J’ai alors contacté ce gendarme pour l’informer d’une histoire de " forteresse volante ", abattue après 1943 près de Lyons-la-forêt, dont ma mère me parlait souvent quand j’étais enfant et qui pourrait se résumer ainsi :
               Lorsqu’elle était adolescente, une retentissante explosion " de bombe " avait été perçue jusqu’au village des Hogues où elle demeurait, situé à quelques kilomètres du point de chute de l’avion. En compagnie de son grand-père, elle s’était rendue peu de temps après au hameau de la Villenaise, sur le lieu du crash. Elle me racontait que les corps mutilés de plusieurs membres d’équipage avaient été retrouvés sur place, et qu’une tête blonde était même restée accrochée dans un arbre. Plusieurs arbres avaient du être coupés pour récupérer les corps, dont certains portaient des bagues ou des chevalières. Un pillage des cadavres aurait eu lieu… J’ignore si elle-même avait été témoin direct de ces faits macabres, mais comme plusieurs autres venus sur place à l’époque, elle avait ramassé quelques débris d’avion en guise de " souvenir ", dont l’un d’eux fut longtemps accroché sur le mur de notre cuisine familiale, comme le témoigne une photo. Je me souviens très bien de ce morceau.
                Le gendarme de Seine-Maritime que j’ai contacté me pose alors plusieurs questions précises qui me pousseront à mener ma propre enquête. Parallèlement à cette affaire de " forteresse volante ", j’étais en quête de renseignements afin d’établir un lien éventuel avec les soldats alliés enterrés dans le cimetière de mon village natal, aux Hogues, où deux aviateurs du Commonwealth y reposent. Je suis donc entré en contact avec plusieurs " spécialistes " dans le domaine des recherches aériennes.
                Madame Adeline Lavandier, de Lorleau, me communique en premier lieu une simple liste des membres de l’équipage de ce bombardier, abattu dans la nuit du 9 au 10 juin 1944, liste qu’elle tient d’un certain Monsieur Raulin ou Rollin, alors instituteur à Hacqueville (Eure), et qui malgré les risques encourus à l’époque, tenait un registre des avions tombés ou atterris dans la région, et qui aidait également les aviateurs abattus à rejoindre une filière d’évasion vers l’Espagne.
Sur les conseils de l’Attaché Militaire de l’ambassade de Grande-Bretagne à Paris, je rédige une notice et fait déposer un avis de recherche dans la " RAF News ", une revue proche de la Royal Air Force, et ce dans l’espoir de pouvoir contacter les familles ou les anciens compagnons des aviateurs disparus.
               Toute la partie "alliée" a commencé par une petite annonce que j'avais déposée dans un journal de la RAF.
Le 7 juin 1995, Madame José WHITEHOUSE, une ancienne WAAF (auxiliaire féminine de l’arrmée de l’air), digne dame britannique demeurant dans la région de Manchester, me contacte pour m’informer qu’elle était la petite amie du Sergent John HOLDEN, opérateur radio et mitrailleur à bord de l’appareil abattu lors d‘une mission de bombardement de nuit sur Etampes. Sa première lettre est intéressante, car avant même qu’elle ne poursuive ses propres recherches dans ses archives pour de plus amples détails, elle m’a confirmé ce qui se dégageait principalement des différents témoignages locaux que j’avais pu recueillir parallèlement au téléphone : L’un des membres de l’équipage, Philip HEMMENS, avait réussi à sauter de l’avion et à atterrir en parachute, alors que son co-équipier, qui avait également sauté, s’était écrasé parmi les arbres. Caché dans les environs pendant quelques semaines, puis ensuite livré aux Allemands, Hemmens avait été envoyé au camp de concentration de Buchenwald où il était décédé en octobre 1944 avant d’avoir pu être transféré avec d’autres rescapés de crashs aériens dans un camp de prisonniers réservé aux aviateurs alliés, le Stalag Luft III.
               C'est par Madame Jose Whitehouse, qui était en juin 1944 opératrice radar près de Douvres, que j'ai pu obtenir ainsi toutes les informations britanniques sur l'histoire de l'équipage. Au début de sa formation militaire d'opératrice radar en 1942, elle était sur la même base aérienne que l'opérateur radio John Holden, qui est resté plus longtemps en formation car il devait devenir également mitrailleur pour défendre son avion contre les chasseurs. Ils sont sortis ensemble, comme on dirait aujourd'hui, mais la guerre les a séparés..
                Par courrier du 13 mai 1996, Monsieur Trehein, technicien de l'ONF à Lyons, me donnait son autorisation officielle pour poser une croix de bois parcelle 749. Après en avoir discuté avec d'autres, ayant notamment travaillé sur la philosophie des sépultures britanniques, nous avions retenu la solution d'une simple croix de bois en forêt domaniale, biodégradable pour ne pas défigurer le site.

               La cérémonie militaire a eu lieu le lundi de Pentecôte 27 mai 1996 à 15H00, en présence du général anglais de brigade aérienne Eustace, et nous avions posé la veille ou l'avant-veille avec Pascal Dutac, adjoint au maire des Hogues, la croix de bois qui ne comportait pas le jour même de la cérémonie, la plaque commémorative. Elle sera quelques jours plus tard."     


inauguration 1996

 

lancasterLe célèbre Lancaster, bombardier lourd quadrimoteur
Armement: 8 mitrailleuses de 7,7 (2 dans la tourelle de nez, 2 dans la tourelle dorsale et 4 dans la tourelle de queue) plus une charge de bombes comprenant soit une bombe de 9 980 kg,
soit jusqu'à 6 350 kg de bombes plus petites

Honneur à son équipage, disparu au combat :
F/O BELL Bryan Esmond Pilote 24 ans
F/O MACFAYDEN Duncan Navigateur RAAF
Sgt HOLDEN John Radio/Artilleur 21 ans
F/O CLARK Hilary Daniel Artilleur 28 ans
Sgt REED Joseph John Artilleur 23 ans
Sgt HOLMES Sydney Charles Mécanicien 28 ans
et à :
F/O HEMMENS Philip Dereck Bombardier 20 ans
Echappé, arrêté et mort en déportation
à Buckenwald le 18 octobre 1944

Le site britannique ci-dessous a répertorié le crash.de la Villenaise
http://www.lostbombers.co.uk/bomber.php?id=2310




Sgt John Holden

Cette photo de John Holden a été prise
lorsqu'il avait 16 ou 17 ans, probablement
lors de son incorporation.

C'est madame José Whitehouse qui a fourni
ce cliché à Piere Madry

 



         
Le dépôt d'une gerbe le dimanche 6 juin 2004

         



        

              Claude Guéroult et Jean Duval, tous deux de Lyons, rendaient hommage à ces victimes de guerre en déposant une gerbe de fleur au pied de la croix.
             Cette croix est accessible par un sentier à quelques mètres seulement de la route, à condition d'être attentif..
               Un projet de stèle est annoncé à la presse en juiillet 2009

Un autre avion abattu dans le secteur en 1941


La famille Jan de Charleval pose devant la carcasse d'un avion abattu
dans la plaine entre Ménesqueville et Charleval, en avril 1941
.





            En ce qui concerne la guérilla, plus de vingt attaque ont été réalisées, dont la moitié par l'O.R.A. section de Lyons la Forêt : trois attaques de train sur la ligne Charleval-Serqueux, quatre attaques contre des cantonnements et un bureau de division S.S. , quatre autres contre des convois et un camion blindé ; coups de main et actions de harcèlement contre des patrouilles et détachements se sont poursuivis au nord d'une ligne Fleury-Manneville les 8,21,23 et 26 août occasionnant presque toujours des pertes pour l'ennemi, le chiffre le plus élevé étant celui du 26 août où 10 S.S. furent tués par deux francs-tireurs de l'O.R.A., à Fleury la Forêt.

            Les actions de l'O.R.A.du secteur de Lyons la Forêt

Octobre 1943 : Constitution d'un groupe de résistance à Lyons la Forêt, le Tronquay, Rosay, Charleval, Les Hogues, Lisors Roger Thuret et Charles Viard
Chef de secteur : Charles Viard jusqu'au 26 mai 44 (déportation) puis Roger Thuret
Adjoint au chef de secteur : Louis Régnier.
Chefs de groupe : Regnier, Saintier , Lemoine, Balmino, Cerissier, de Ronceray.

Novembre 1943 : Recherche et détermination d'un terrain d'atterrissage. Roger Thuret, Charles Viard et Louis Regnier

10 février 1944
: parachutage de 15 cylindres d'armes par la R.A.F.
Février 1944 : transport d'armes du Tronquay à Rouen
Mars et avril 1944 : Inventaire des armes et répartition entre les différents dépôts. Transport d'armes de la Seine Inférieure à l'Eure. Garde permanente du terrain de parachutage au Tronquay. Démonstration d'armes à Lyons la Forêt chez Viard
Mai 1944 : Démonstration d'armes au Tronquay Répartition d'armes
Juin et juillet 1944: Sabotage de circuits téléphoniques Charleval-Serqueux ; Charleval-Gisors et Paris-Rouen Attaque contre un train Pont Saint Pierre - Serqueux Sabotage des poteaux anti-planeurs du secteur
Août 1944 : Attaque d'un train Charleval-Serqueux Attaque d'une patrouille allemande près de Charleval Attaque d'une patrouille allemande près de Manneville, 2 allemands tués
23 août 1944 : L'embuscade et le massacre de Mortemer.
Un allemand blessé, 8 F.F.I capturés et fusillés, 3 prisonniers F.F.I. disparus.
                                  Voir la page consacrée cette opération

24 août 1944 : attaque d'un camion allemand au Tronquay, continuation et intensification du sabotage.
26 août 1944 : attaque de S.S. dans la région de Fleury la Forêt, en collaboration avec un détachement anglais, 10 S.S. tués.
27 août 1944 : Opérations de nettoyage. 11 prisonniers et capture d'un important matériel.



             
            En 1941, les allemands imposent aux communes de se doter d'équipements sportifs.
Un terrain de football est aménagé au Fol Accard. Un vestiaire en bois est installé dans l'impasse du Fol Accard, au niveau du retrait du mur du château. A l'autre extrémité du terrain, un portique et un espace sportif a été aménagé pour les écoliers.


Ce baraquement en bois est le vestiaire
de l'US Rosay en 1941.


Le vestiaire était installé à cet angle du mur
du château. Pour créer un dégagement, on avait coupé la haie en face. Elle n'a jamais été replantée.

Match à Rosay au Fol Accard.
On reconnait au fond le mur d'enceinte du château.
Le club de l'US Rosay joue dans le championnat de 3ème série. Les joueurs sont assez nombreux pour constituer une équipe première et une équipe réserve.Goal Léon Bourgeois
Dans ce championnat, sont inscrits les clubs de l'arrondissement :

         CSA (R) Les Andelys    Dangu Sport
         Excelsior du Thil             US Etrépagny
         US Tronquay                  CS Coudray
         CS Gaillarbois                  ES Les Hogues
         GS Touffreville                FC Charleval
         JS Fleury                          AS La Feuillie

Quelques résultats rapportés par la presse.

saison 41-42

dimanche 16 novembre 41 :
            CS Coudray (R) bat Rosay 5 à 1
dimanche 21 décembre à Rosay:
            US Rosay (1) bat ESPD (R) par 3 à 2
            FC Charleval (mixte) bat US Rosay (R) par 4 à 0
dimanche 8 février 42:
            US Rosay bat JS Fleury par 8 à 2
dimanche15 février 42
            en coupe du "Petit Parisien", rencontre US Rosay contre CSA (R)
dimanche 29 mars 42 à Rosay :
            US Rosay bat GS Touffreville par 1 à 0 ( équipe2 par 4 à 1
            US Rosay (R) bat GS Touffreville (R) par 4 à 1
dimanche 25 avril 42:
            US Rosay bat AS La Feuillie par 2 à 1
            AS La Feuillie (R) bat US Rosay (R) par 2 à 1
dimanche 3 mai 42 :
            US Tronquay bat US Rosay par 2 à 1       
            US Tronquay (R) bat US Rosay (R) par 1 à 0
jeudi 14 mai 42 à Rosay:
            FC Rouen (junior) contre US Rosay (1)
dimanche 17 mai 42 à Rosay:
            US Rosay bat Dangu Sport par 3 à 2
            USRosay (R) bat ES Les Hogues par 2 à 1
dimanche 24 mai 1942 à 15 heures aux Andelys:
            US Rosay contre CSA (1B)
L'Impartial écrivait à propos de ce match: " Le CSA recevra dimanche sur son stade, l'excellente équipe de Rosay qui battit notre 1B au match aller par 5 à 2. Le match sera donc dur pour nos joueurs qui devront s'employer pour obtenir leur revanche"

Max Gallard, en 2005, se souvient de ces dimanches de victoire " Sur l'air : "Encore un carreau de cassé v'là vitrier qui passe...", la chanson était : "Encore un match de gagné, v'là Rosay qui passe, Encore un match de gagné, Rosay est passé !" C'est ce que j'entendais lorsque, vainqueurs, les joueurs, alors à bicyclette, traversaient les villages au retour du match. Je n'étais pas un spectateur assidu, j'ai dû assister à deux matchs à Rosay. C'est tout !"

saison 42-43

dimanche 21 février 1943 aux Andelys
            CSA (1) bat US Rosay par 10 à 1
dimanche 31 mai 1943 : cloture de la saison par des matchs de gala aux Andelys et à Etrépagny aux profits des caisses de secours des prisonniers de guerre

saison 43-44
dimanche 4 septembre 1943 à Coudray:
            US Rosay bat CSC par 2 à 1

dimanche14 octobre 1943 au Thil :
            Excelsior du Thil bat US Rosay par 6 à 1
dimanche 24 octobre 1943 à Rosay:
            CSA (R) et US Rosay (1) font match nul 2 à 2
dimanche16 janvier 1944:
            CSA(R) bat US Rosay par forfait

Les autorisations de circuler en auto étant parfois supprimées pour les sociétés sportives, les équipes devaient se déplacer en vélo. C'était évidemment un handicap pour l'équipe visiteuse. De nombreux matchs sur ces années de fin de guerre furent annulés ou reportés.


dimanche 6 février 44 à Etrépagny :
            US Etrépagny bat US Rosay par 8 à 2
dimanche 27 février 44:
            CSA(R) bat US Rosay par 10 à 2

Les brillants résultats de la première saison 41-42 n'avaient malheureusement pas eu de suite.

Athlétisme : La fête sportive organisée par l'US Tronquay connaissait un vif succès le 20 mars 1941 avec plus de 100 concurrents venant des clubs de Charleval, Ry, Fleury, Pont Saint Pierre, Les Andelys, Le Tronquay. L'impartial rapportait les résultats de cette réunion dans toutes les catégories . On pouvait noter la deuxième place au 400m cadet du jeune Delacour de l'US Rosay

Cyclisme : le vélo club d'Evreux organisait le 14 juin 1942 sur une distance de 140 km le Grand Prix de la Pommeraie. Appel était lancé dans l'Impartial à tous les cyclistes du département.



           Depuis plusieurs jours déjà, des allemands passent en plus ou moins bon ordre, camouflés comme ils le peuvent avec des branchages sur les véhicules.
           Un canon de 105, caché dans une propriété du Vaumichon, bombardait Bacqueville. Deux autres étaient en position au Roule et au Bout du Haut. Ils ne pourront guère être opérationnels longtemps car les munitions ne leur parviendront pas.
           Au Roule, les allemands ont dissimulé un char. Adrien Bléas se souvient de ce SS venu demander de l'eau à la maison de ses grand-parents et qui par méfiance préfèrera boire l'eau de la Lieure. Il se souvient aussi de ces deux ou trois cents chevaux cachés sous les pommiers qui étaient utilisés par les tringlots allemands.
            Dans la retraite, les allemands réquisitionnent tout moyen de transport. Il ne fait pas bon circuler avec son vélo. Au Roule, les allemands se rendent chez Monsieur Savary, le directeur de l'entreprise de matériel électrique. Ils ont appris qu'il possédait une Traction qu'il avait pris soin de cacher sous du foin dans l'un de ses bâtiments. Les allemands s'impatientent et menacent de l'exécuter. Heureusement, il n'en sera rien..


La maison de la famille Rolland, au Bout du Haut, en août 1941.
            
             Deux jours avant la libération, en soirée, un commandement SS s'installe au domicile des parents d'Huguette Rolland qui héberge déjà ses cousins Jan de Charleval. S'agit-il de hauts-gradés? Huguette ne le saura jamais. Ces officiers disposent d'un cuisinier en tenue. Ils ont collé le camion à la maison, installé une radio dans la chambre. Les soldats dormiront dans le foin au grenier et les gradés sur des matelas en bas. Tout ce monde part précipitemment dans la nuit, sans avoir créé plus de soucis à la famille.
            Le mardi 29 août sera une journée particulière, étrangement calme. A Ménesqueville, les allemands abattent les arbres en bordure de la route pour retarder l'avance des alliés.
Le jour du départ des allemands, il manque à l'appel un certain Frantz. On insistera mais sans plus de succès. Frantz qui parlait bien le français avait organisé sa libération. Personne n'entendra plus parler de lui.
           La libération du village a lieu le 30 août au matin. Les derniers allemands sont partis discrètement dans la nuit. De très bonne heure, au Bout du Haut, un véhicule de reconnaissance rentre dans le village. Il vient du Chêne-Varin. Vers neuf heures, des blindés canadiens remontent la côte de Ménesqueville et passent devant le monument aux Morts. Le village est libéré. Dans la journée, un char canadien sautera sur une mine. Un cordon sanitaire, mis en place par les militaires, empêchera la population de savoir s'il y a eu des morts.
           Au soir de la libération, le maire, le colonel Clausse est retrouvé mourrant au pied de la côte de l'église. Transporté à son domicile à 100m de là, il décède peu après. Que s'est-il passé? Difficile de le savoir. Il avait été installé comme maire par les autorités préfectorales et savait qu'il devrait rendre des comptes pour cela. Certains affirmeront qu'il aurait mis fin à ses jours en s'empoisonnant. D'autres pensent, aux dires de son épouse, qu'il voulait monter au village pour s'expliquer devant la population. Il aurait été pris de malaise en chemin.
           A la libération, l'abbé Bretocq est arrêté et emprisonné deux jours. Le dimanche suivant, libéré, il plaisante avec ses paroissiens lors du sermon dominical. Il a voyagé en fourgon cellulaire en compagnie d'une femme de petite vertu!
            Monsieur Munier sera également inquiété mais on en restera là. On cherche aussi quelques histoires à un ami du curé. Les bûcherons de Lisors, où il travaillait, témoigneront tous en sa faveur.


Ce cliché de Michel Picard,
comme les 3 autres a été pris
le jour de la libération, au Bout du Haut.



On fait poser aussi les enfants
pour ce jour mémorable



Rue principale, au Bout du Haut.


Paulette Jan et sa mère posent
avec les soldats canadiens.



Les blindés canadiens, rue principale, au monument au morts.
Le convoi arrivait de Ménesqueville.


Albert Delacour, FFI, sur le pont de la côte
du château peu après la libération.