Anciens fiefs du marquisat de 1680
   Le Roule
  La Campagne   
  La Bretêque    
 Le Chêne-Varin     
  Les Fieffes       
  Le Fief d'Authuit      

Le Roule

                Avant le XIIème siècle, le Roule aurait appartenu à la famille Flory, seigneurs de Gaillarbois.
                Sous l'abbatiat d'Adam (1138-1154), les religieux de Mortemer  reçoivent de Geoffroy de Flory, le fief du Roule où ils édifient des maisons et un moulin. Le cartulaire de Philippe Auguste (1165-1223) cite "la ferme du Roule". Les moines Cisterciens de l'Abbaye de Mortemer auraient aussi reçu du chevalier Hugues de Bettancourt des terres au Roule. Froger, évêque de Séez, possède lui, à cette époque, quelques biens au Roule.
               Entre 1158 et 1181, les moines seront en conflit avec l'Evêque qui réclame les dîmes sur les terres du Roule. En 1181, un accord sera trouvé avec les religieux de Mortemer. Mais la discorde sur les dîmes continue avec les curés de Rosay.   
               Jean de Marigny se montrera généreux avec l'abbaye et confirmera en 1250 leurs possessions de terre à Rosay.
                Entre 1266 et 1289, Gautier de Saussay, Hugues du Jardin, Pierre de Senneville, Pierre Charpentier, Guillaume Morel, Simon Lefebvre et d'autres confirment les ventes ou les donations de leurs parents aux moines de Mortemer.

               Les religieux, au fil des ans, ont aménagé ce lieu et construit ferme, moulin, colombier. Pendant la période des grands travaux agricoles, le prieur de Mortemer envoie ses moines au Roule. Nos religieux font une heure de marche à l'aube, effectuent la journée continue entrecoupée d'une collation et d'un office puis rentrent à la nuit tombante à l'abbaye.

               L'abbaye établit une léproserie durant un siècle dans l'une des maisons léguées par Enguerrand vers 1246. Les habitants continuent les dons et les ventes tant au Roule qu'à Rosay jusqu'en 1360. Elles cesseront ensuite, la guerre avec les anglais jetant la désolation dans les campagnes.
                Un aveu de 1424 confirme que le Roule possède une grange qui est un véritable édifice. Une chapelle est édifiée dans le manoir du Roule. Ils tentent de s'arroger des droits seigneuriaux mal définis, cherchant ainsi à détacher le Roule de Rosay. A la fin du XVème siècle, le Roule bénéficie du titre de paroisse, titre qu'il conservera jusqu'en 1787.

                Les religieux avec l'importance grandissante du Roule se qualifieront dans un aveu de 1467, "Seigneurs de Rosay en partie".
                A la fin du XVème siècle, les religieux sont de nouveau en conflit avec les curés de Rosay dont Robert Langlois et Antoine du Mesnil-Jourdain, seigneur de Rosay sur les droits de plusieurs pièces de terre.
                En 1577, les religieux de Mortemer doivent vendre des terres importantes pour se libérer de la contribution exceptionnelle exigée de tous les ordres religieux par le gouvernement d'Henri III pour financer sa guerre contre les huguenots. N'ayant pas réussi à donner une réelle valeur à leurs terres du Roule, ils vendent à Louis de Bensserade pour 1700 livres la "grange" du Roule.


Sur cette carte postale des années 1900, on aperçoit
le colombier toujours existant.
Le bâtiment à droite est une étable qui a aujourd'hui disparu.

Le colombier en excellent état.

Cette propriété date probablement du XIVème
comme le colombier et l'étable.
Il s'agit de la "grange, véritable édifice" notée dans l'aveu de 1424.
Il y a encore une quinzaine d'années,
elle était une grange à l'abandon, sans ouvertures.

La Lieure coule au milieu de la propriété, remarquablement rénovée, appartient maintenant à M et Mme Aguignier.
                Le 17 Mars 1669, le Roule et le domaine de Rosay sont vendus à Mr de Frémont. La famille qui rachète plus tard, en 1723, le marquisat de Charleval sera le dernier seigneur du Roule et de Rosay.
                Dans les deux siècles avant la révolution, le Roule sera désigné dans les archives de l'Intendance Générale comme une paroisse distincte de Rosay. Le Roule possède ses syndics, Louis Philippe en 1713 et Philippe Delarue en 1778. En 1787, le Roule compte environ 120 habitants.
                A la création du système des  départements, le Roule est désigné sous le nom de hameau.
                La formation de la première assemblée municipale du Roule laisse apparaître des négligences. Le bureau de Gisors doit intervenir
                Les habitants du Roule désigneront MM Charles Fortin et Marc-Antoine Duchesne comme leurs délégués pour la rédaction du cahier de doléances en Avril 1789. Les habitants contestent les déclarations de récolte de leur syndic, Leroy, et obtiennent gain de cause. Si l'on en croit cette déclaration, la population du Roule ne serait plus que de 68 habitants!Après la révolution, le Roule réintégrera le village de Rosay. En 1823, J.B Decaen demande l'autorisation de créer une chute d'eau au Roule afin d'établir une filature.
                Léon Chédeville, né à Rosay en 1850, avec pour maître Aimé Millet, remporte brillamment des concours de sculpture. Il décèdera prématurément en 1883. L'abbé Bretocq, que des habitants actuels cotoyaient souvent, disait qu'il y avait eu au Roule des artistes, musiciens, chanteurs qui se réunissaient. On peut supposer que Léon Chédeville participa à ces réunions, certainement moins convenues que le salon littéraire d'Apollonie de Valon à la même époque.

La campagne


                Ce fief faisait partie depuis le XIIème siècle du domaine de la famille Marigny. En 1309, Philippe Lebel donne à son ministre Enguerrand la Haute Justice de ce fief. Depuis cette époque, il ne cessera de faire partie du domaine des seigneurs de Rosay.
                Au XVIIème siècle, l'Abbaye Mortemer qui possédait quelques masures avait réussi à constituer le fief de Saint Ouen. Elle sera contrainte au XVIIIème siècle d'aliéner ses rentes, ne pouvant probablement pas justifier ses titres. Le Prieuré Saint Aubin de Villaine possédait lui aussi quelques terres à la Campagne en 1738. La ferme est achetée en 1754 au sieur Pinchon par le Marquis de Charleval. La maison d'habitation, avec ses cheminées carrées est une construction du début du XVIIème.

                A la constitution du Marquisat de Rosay en 1680, on relève dans la déclaration: maisons, granges, pressoir, écuries, bergeries dans une ferme, avec murs d'enclos, nommée "La Campagne".                 
                Les maisons d'habitation datent de la première moitié du XVIIème.
                Elle restera la propriété des Comtes de Valon jusqu'en 1938.
                En 1951, la ferme sera achetée par Monsieur Soudan à Mme Rouget. Son gendre, Jean Béharel, maire, prendra la succession. La famille Béharel est toujours propriétaire de ce magnifique corps de ferme.


La bretêque

                La Bretêque appartenait à la famille de Marigny à la fin du XIIème siècle.
En 1246, une donation des dîmes par les moines de Saint Laurent en Lyons au Prieuré de Mortemer témoigne de l'existence du moulin. Jacques de Vernon, époux de Regnaude de Harville en devient le seigneur.
                A la création du Marquisat en 1680, la déclaration mentionne: moulin à eau faisant de la farine, étables, grange.

                A la création du Marquisat en 1680, la déclaration mentionne: moulin à eau faisant de la farine, étables, grange.
En 1726, les moines de Saint Laurent en Lyons vendent leur dîmes du moulin à Mr Frémont d'Auneuil.
                La Bretêque fera partie du domaine seigneurial jusqu'à la révolution. La famille de Valon conservera ce moulin jusqu'en 1938.
                En Févier1942, les biens du château seront mis en adjudication. Le moulin de la Bretêque est le 3ème lot. On peut supposer qu'il est encore en bon état. Il est ainsi décrit: ancien moulin à eau sur la rivière, avec roue et mécanisme, cage meule, bluterie avec grande salle et grenier, écurie, cellier, herbage et sources.


Sur cette photo, la chute d'eau.
Les pierres angulaires du bâtiment sont probablement
les vestiges les plus anciens du moulin
Le Chêne-Varin

                Au milieu du XVIIème siècle, ce petit fief était la propriété de la famille de la Mare. En 1632, Jean-Jacques de la Mare obtient la permission de faire dire la messe dans "une chapelle ou oratoire" situé dans le manoir (aujourd'hui disparu).

                En 1643, Antoine De la Mare se remarie avec Elisabeth de Toustain, fille du seigneur de Honguemare.
                En 1661, Antoine De la Mare contribue à la fondation de la bibliothèque de l'abbaye de Saint Ouen. Il sera avec son fils Pierre, l'auteur des "Eloges de la ville de Rouen".
                Les enfants d'Antoine De la Mare vendront leurs terres à la famille de Frémont qui les conservera comme terres seigneuriales jusqu'à la Révolution.
                Un des derniers survivants de la famille, que l'on appelait M du Chêne Varin s'était retiré à Rougemontiers. Il est décédé au début des années 1800 (le cascadeur Delamare est descendant de cette famille)

                En 1689, Nicolas de Frémont rend aveu au Roi pour la "terre du chesne Varin consistant en masure plantée d'arbres fruitiers, bâtie de maison, grange, escuries, bergeries, pressoir, colombier à pied et autres bâtiments, enclos de murs de  bauge"
                Ces terres seront ensuite propriété du Comte de Valon puis du Vicomte.
                En Févier1942, les biens du château seront mis en adjudication. La ferme du Chêne Varin est le 20ème lot. Elle comprend: bâtiments d'habitation, vergers, terres labourables, etc… pour une superficie de 104 ha. Elle était louée à M Galhaut pour la redevance de 300 quintaux de blé l'an…
                Cette ferme sera la propriété de la famille Réquillard. Actuellement, elle appartient à M et Mme Hontschoote qui l'ont remarquablement restaurée et mise en valeur.

Les Fieffes

                Ce terme désigne les terres défrichées au XIV et Xvème siècle sur la forêt de Lyons. Elles seront vendues entre 1570 et 1580 à la famille seigneuriale de Rosay et incluse dans le Marquisat de 1680. En 1692, la ferme des Fieffes et des Cailloux était la propriété d'Adrien de Frémont.

                Aymeric, Archevêque de Rouen, percevait la dîme sur ces terres.
                En 1938, les Fieffes étaient toujours la propriété du Vicomte de Valon.
                En Févier1942, les biens du château seront mis en adjudication. La ferme des Fieffes est le 19ème lot. Elle comprend: bâtiments d'habitation, terres en labour, herbages et bois. pour une superficie de 77 ha. Elle était louée à M Navette pour la redevance de 160 quintaux de blé l'an…
                Cette ferme accueillait jusqu'en 1998 des enfants dans son club de poneys. Elle vient d'être vendue en cette année 2000.


Les anciennes écuries
Le Fief d'Authuit

                En 1689, Nicolas de Frémont rend aveu au Roi pour une maison, grange, pressoir nommée la "ferme du fiedautint" avec enclos et jardin.
                L'habitation principale date du début du XIXème siècle.
                Cette ferme avait été achetée après l'érection du marquisat en 1680.




         Ci-contre la maison vers 1925