Le 27 juillet 1941, le Groupe Artistique Amateur Charlevalais donne l'une de ses toutes premières matinées théâtrales dans la commune de Gaillarbois-Cressenville. Au programme La paix chez soi, Une lettre chargée de Courteline et L'Oncle du Canada d'Auschitzky. Au piano, M.Munier de Rosay sur Lieure.
                  Deux jeunes personnalités sont à l'origine du G.A.A.C.: Robert SAQUET, jeune mécanicien de 25 ans et Jean LABONDE, séminariste.

                  A Rosay sur Lieure, la première matinée théâtrale est donnée en février 1942. Un couple du village, M et Mme MUNIER assurent les répétitions et l'organisation de ce premier spectacle au  profit de la Caisse des Ecoles, sous la présidence du maire Edmond Beauclé. En octobre 1942, le colonel Clausse est nommé maire par les allemands. Les spectacles seront alors donnés au bénéfice des prisonniers à la salle Duramé mais aussi sous le préau de l'école communale.
                  A leur retour de captivité, les prisonniers témoigneront de leur reconnaissance à Eugène Delaruelle, président des anciens combattants à l’époque.
Mlle Seguin (professeur parisien de piano) participait aussi aux répétitions.
                  Il faut souligner que M et Mme Munier pouvait compter sur l'important vivier d'acteurs qu' avaient formé les instituteurs M et Mme Lecoeur depuis 1934.   
                  En de nombreuses occasions, la troupe de Charleval viendra à Rosay participer aux matinées théâtrales. Les orchestres d'Edmond Legros - accordéonistes - jazz - participeront à ces animations. Et de ces rencontres entre jeunes des deux communes se noueront des amitiés et des unions.              




Madame Munier





                                       Louis Munier

Photographe, professeur de musique et excellent pianiste


         
Robert Saquet                                        Jean Labonde

                  C'est dans le grenier aménagé de leur maison que les époux Munier accueillaient les jeunes du village. Cette maison était le lieu de rendez-vous au cours desquels Monsieur Munier donnait des cours de valse et tango. C'était aussi des cours de chant avec M.Munier au piano.
                  Le cliché ci-dessous est pris après un réveillon.     
      


Le grenier aménagé de la maison de M&Mme Munier, lieu de rassemblement
Cette maison est située en face de l'actuelle salle des fêtes

premier rang: Mireille Bouté, Jacqueline Bouté
second rang: Mme Bouté, Mme Munier, ? .
troisième rang: Jacqueline Picard, Micheline Jan, Mme Fortin, Huguette Jan, Raymonde Fortin, Geneviève Gambu
en haut: M.Bouté, M.Munier, Michel Picard, Charles Jones

                  La jeunesse de Charleval se rassemble, elle, autour des familles Saquet et Duhazé. Répétitions, représentations et sortie en groupe avec le seul moyen de locomotion de l'époque, la bicyclette.



Les jeunes de Charleval se rassemblent devant l'épicerie de Raymond Saquet
dans la rue du docteur Conseil, en 1942

de gauche à droite:
Mireille Legros, Jean Labonde, Robial, Jacques Duhazé, Raymonde Saquet, Gilbert Duhazé,
Roger Berche, André Boismal, Emile Duhazé, Marie-Madeleine Duhazé, Hélène Boismal, Françoise Robial,
Marceau Allaire, Lecamus, Philippe Robial, Jean Lemaitre, Robert Saquet, André Duhazé (enfant à droite)

 


Pose avant la représentation devant la mairie de Charleval
de gauche à droite:
second rang: Jean Labonde, Raymonde Saquet, Lecamus, Berche
premier rang: Paulette Pallu, Gilbert Duhazé, Paulette Diénis, Jacques Duhazé, Robert Saquet, Hélène Boismal


LE FIANCE MALGRE LUI


de gauche à droite:
assis: Gilbert Duhazé, Hélène Boismal, Robert Saquet, Alfrédine Champagne, Jacques Duhazé, Mireille Legros
second rang: Emile Duhazé, Fernand Delamotte, André Boismal, ? , ? , Marceau Allaire, Raymonde Saquet
au fond: Jean Lemaitre, ? , Roger Berche, GrandDenis, Lecamus



février 1942 à Rosay



                 Il n'y a pas de photos de ce premier spectacle. Au piano, Mlle Seguin. Tous les acteurs sont originaires de Rosay.


9 août 1942
à Rosay



                  La troupe de Charleval donnait ensuite une représentation des Rantzau le 30 août 42 dans la commune du Coudray                  
                  Sur les photos ci-dessous, les orchestres d'Edmond Legros "Sorgel" qui animent les spectacles, à Rosay ce 9 août 1942, mais aussi à Charleval et dans les communes avoisinantes en d'autres occasions..


L'ensemble d'accordéonistes en 1945
Edmond Legros, deuxième à gauche au premier rang


L'orchestre de Jazz de Charleval vers 1930
de gauche à droite:
assis: ? - Jean Damien père - Philippe Maurice - Paul Lancelevé - M Marquet
debout: M Joannet - Edmond Legros - M Marc - ?

souvenir du 9 août 1942

debout de gauche à droite,
Bernard Gambu, Jacques Halleur
dans Jolibois, Prince Nègre

Fernand Benoist, Jacques Gildas

Michel Picard,assis
dans La Donation

 

 

21 février 1943 à Rosay

Journal des Andelys du 20 février 1943
Un coup de téléphone - Allo !… Allo !…                 
  
Rosay sur Lieure?… Ici Charleval…


                "Veuillez faire cliqueter que le Cercle Artistique de Charleval donnera le dimanche 21 février, dans la salle Duramé, le programme qu'il a si magistralement interprété le 31 janvier dans la Salle des Fêtes de Charleval.
                Voici une nouvelle qui va combler d'aise les habitants de Rosay. D'abord parce qu'ils pourront une fois encore applaudir des artistes éminemment goûtés et ensuite parce que ce sera pour eux une nouvelle occasion d'exercer leur inépuisable charité : cette Matinée théâtrale étant donnée au profit de la soupe des enfants de l'école. Or donc, comme madame de Sévigné allait en " Bourdaloue " j'ai eu, moi, dimanche l'après-midi, la bonne fortune d'aller en " comédie ", et malgré la pluie qui tombait, j'en suis revenu le cœur tout ensoleillé comme une bastide au pays de Mireille ! Vraiment les artistes de Charleval ont dans la peau le démon du Théâtre ! Une fois encore ils l'ont prouvé ; mais félicitons-les d'avoir compris qu'aujourd'hui il n'y a d'autres drames que le plus grand de l'histoire qui se joue présentement sur les rives du Don ; et d'avoir délaissé la tragédie pour faire une risette accueillante à la Muse plus avenant de la comédie. Le fait est qu'ils se sont mis ainsi mieux encore dans leur ambiance théâtrale. L'interprétation tout à fait réussie par la chacun des acteurs de " la paix chez soi ", de Courteline, " le doigt dans l'œil ", de Pierrefeux, et de " Dolly " de Noël Francès, est venue ajouter pour eux d'autres lauriers précédemment cueillis ! Ces lauriers, aujourd'hui comme hier, ils doivent les partager avec M.Munier, notre éminent et si dévoué pianiste ; M. Legros fils, professeur de musique, si remarquablement apprécié dans la vallée de l'Andelle ; les frères Marino, l'ensemble d'accordéonistes et l'orchestre Sorgel. Grâce à tous, ce fut une après-midi de gaieté réconfortante, de rire sonore, clair et joyeux comme un matin d'avril ; une séance où la morale familiale n'eut à s'offusquer de rien. Et voilà qui console agréablement de certaines inepties lamentablement bêtes, lamentablement déprimantes de toute élévation intellectuelle et morale claironnées presque chaque jour pas certaines radios françaises !… qui console encore, en notre région, de cette pièce bafouant - m'a t-on dit, - la Mort et la Famille, cette famille française, que le Maréchal veut honorer, qu'on a osé jouer dernièrement sur la scène de Romilly-sur-Andelle ! A Charleval, sous la direction éclairée du Cercle Artistique, ce sont toujours spectacles de bonne société et de haute qualité où selon le précepte du bon Horace " se mêle l'agréable à l'utile " qui tiennent l'affiche. Robert Sacquet et Jean Labonde, outre qu'ils sont des metteurs en scène et des acteurs épatants, ont par-dessus tout, pour le choix du répertoire , la compréhension de l'heure présente et le souci d'une régénération sociale qui s'impose aujourd'hui jusque dans et par le rire : " car le rire est honnête ".Honneur à eux et merci ! Et dimanche soir, après avoir quitté à regret cette atmosphère " d'énergie comique " - vis comica - que réclamait déjà César, en repédalant vers Rosay, cette pensée m'est venue que je me plais à livrer aux spectateurs de la matinée théâtrale pour la corroborer, j'en suis sûr, de leurs suffrages : Si, pour la gloire du théâtre contemporain, Molière vivait encore, très certainement il pourrait faire appel à la troupe de Charleval et jouer avec elle, sans infériorité d'interprétation , " Le dépit amoureux " ou " Le mariage forcé ".

 

L'orchestre SORGEL en 1946

de gauche à droite:
Fortier à la trompette, Edmond Legros au saxo, J.Duret chanteur,
Georges Janvier à la batterie, Jean Philippe à l'accordéon, Gilbert Groult au violon

 
La matinée théâtrale
            Journal des Andelys, 10 mars 1943, article de G.Bretocq                                 
                
               " Sur le fronton d'une antique porte de la noble cité de Sienne en Italie, j'ai lu autrefois cette inscription si accueillante au voyageur: " Sienne t'ouvre son coeur plus large que sa porte". A la matinée théâtrale au profit de la soupe des enfants de l'école, une fois encore Rosay, a ouvert son coeur plus large que sa vallée! Grace à la bienveillance et à la compréhension de tous, cette oeuvre éminemment sociale, en nos jours de disette, reçut un apport qui permettra de ravitailler aussi copieusement un plus grand nombre d'élèves.
                Les artistes de Charleval remportèrent un nouveau succès. Je ne les louerai pas deux fois, quiqu'on ne puisse leur appliquer ce vers du vieux La Harpe:" On affaiblit toujours tout ce qu'on exagère"
                Mais ce qui fut ravissement d'âme, de vision et d'ouïe, ce furent les chants et les saynettes qu'interprétèrent, en leurs frais costumes normands, les enfants de l'école: bambins délicieux dans leurs évolutions rythmiques et la gracieuseté de leurs gestes. Claude Freret fut une attrayante mère Bontemps. De tous les mariages dont je fus comme curé, le témoin, jamais je ne vis mariés plus gentils que ceux de la "Noce à Nicolas" ! Heureux amoureux qui ne comptaient pas quinze ans d'âge à eux deux! Vraiment à Rosay "la valeur n'attend pas le nombre des années"!
M le Colonel Clausse, dans une improvisation charmante, voulut dire les bienfaits d'une bonne soupe majorée de légumes toujours et de viande souvent.: il fit appel à la générosité des spectateurs. M Lecoeur, instituteur, et M Compagnon, établirent le bilan charitablede ce qui avait été déjà réalisé en faveur des enfants.
                Les quêtes furent faites par Mme Rouart, accompagnée par M.Munier et par les ... nouveaux mariés. Matinée charmante dans l'union des coeurs et l'effusion de la charité. Merci à tous et principalement à Mlle Rouart, qui, s'associant gracieusement à toutes le oeuvres de bienfaisance, prête pour leur réussite si aimablement son piano: et à M et Mme Duramé, qui offrent avec tant de plaisir, de bonne volonté et de générosité leur salle de spectacle.
"
                
                Gabriel Bretocq, curé de Rosay                           

 

               

16 mai 1943 à Rosay





«L’AFFAIRE DE LA RUE LOURCINE»
 comédie d’Eugène Labiche 




de gauche à droite:
Michel Picard, Jacques Delaruelle, Jacqueline Picard, Fernand Benoist, Jacques Gildas


"LE FIANCE D'EGLANTINE" de Dugasse et Harispe: 16 mai 1943


de gauche à droite:
Raymond Picard, Maurice Damas, Jacques Halleur,
Simone Gildas, Jacques Gildas, Jacqueline Picard



de gauche à droite:
Jacques Delaruelle, Fernand Benoist, Michel Picard, Jacqueline Picard, Jacques Gildas


de gauche à droite:
Michel Picard, Fernand Benoist, , Jacqueline Picard, Jacques Gildas
, Jacques Delaruelle
          Le 28 août 1943, Bernard Franck, à l'initiative de l'abbé Bretocq, donnait une conférence sur Charcot et le "pourquoi pas". Le public n'avait pas suivi à l'invitation.

11 juillet 1943
à Charleval





3 octobre 1943 à Rosay






CHEZ LE PHOTOGRAPHE
Fernand Benoist et Jacques Gildas



LE PASSANT
Simone Gildas et Michel Picard


Maurice Damas, Jacques Gildas


« L’HOMME EXPLOSIF » de Pic et Ferrary


de gauche à droite:
Raymond Picard, Jacqueline Picard, Jacques Gildas, Simone Gildas



de gauche à droite:
Raymond Picard, Jacqueline Picard, Jacques Halleur, Simone Gildas, Maurice Damas, Fernand Benoist.



Les acteurs posent ensemble.
de gauche à droite: Simone Gildas, Raymond Picard, Henriette Mabit, Jacques Gildas, Jacqueline Picard



LE TRIBUNAL DES PARENTS
de gauche à droite:
Jacques Gildas, Maurice Damas, Raymond Picard, Jacques Delaruelle,
Max Gallard, Michel Picard, Fernand Benoist



photo prise durant une pause.
de gauche à droite:

Jacques Delaruelle, Jacques Halleur, Michel Picard
chantait et qui devait chanter et jouer d'une sorte de biniou

21 novembre 1943
à Charleval






2 janvier 1944 à Rosay
                  Cette matinée théâtrale du 2 janvier 1944 est semble-t-il la dernière qui sera donnée à Rosay. A la fin de la guerre, on ne trouvera pas de volontaires pour prendre la relève de M et Mme Munier. L'activité théâtrale cesse. Certains membres de la troupe, tel Michel Picard, rejoindront celle de Charleval.
                  A Rosay, les autres dimanches pouvaient accueillir des matinées récréatives d'autre nature. Ainsi:
                  "Le dimanche 5 mars, à 14 heures, salle Duramé, Matinée Récréative au profit du livret des prisonniers de guerre avec le bienveillant concours du célèbre Fakir Ben Hassack et de la troupe du centre d'entr'aide des prisonniers rapatriés de Lyons. Au programme: séance de prestigiditation, somnambulisme et tirage des horoscopes"      
                    Journal des Andelys du 26 février 1944

                  A Charleval, la troupe du GAAC pousuivra ses représentations jusqu'en 1949.


26 mars 1944 à Charleval



21 janvier 1945 à Charleval



18 mars 1945 à Charleval



20 octobre 1946 à Charleval




20 avril 1947 à Charleval





4 avril 1948 à Charleval



29 mai 1948 à Doudeauville



19 septembre 1948 à Heudicourt



20 février 1949 à Charleval